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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2101045

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2101045

vendredi 24 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2101045
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantCAP-AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2021, et un mémoire complémentaire, enregistré le 3 juin 2023, Mme A B, représentée par la société d'avocats CAP avocats, Me Presle, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 5 mai 2021 par laquelle le préfet de l'Allier a refusé de prolonger son autorisation provisoire de séjour et a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de conjoint de français ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Allier de lui délivrer une carte de séjour temporaire avec autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle vit en concubinage avec son compagnon de nationalité française.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2022, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Par ordonnance du 10 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 juin 2023.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 8septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caraës,

- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante mauricienne née le 5 septembre 1982, est entrée en France le 9 février 2020 sous couvert d'un visa de court séjour. Elle a sollicité la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en raison de l'impossibilité de regagner son pays d'origine compte tenu de la crise sanitaire. Elle a ainsi obtenu deux autorisations provisoires de séjour du 26 mai au 25 août 2020 et du 20 août au 19 novembre 2020. Au terme de la dernière autorisation provisoire de séjour, elle en a sollicité le renouvellement. Par une décision du 5 mai 2021, le préfet de l'Allier a refusé de prolonger son autorisation provisoire de séjour et de lui délivrer un titre de séjour en qualité de conjoint de français. Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

3. A supposer que Mme B se prévale de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en faisant état de son concubinage avec un ressortissant français, elle n'établit ni l'ancienneté ni l'intensité de sa relation. Ainsi, compte tenu des circonstances de l'espèce, la décision refusant la prolongation de l'autorisation provisoire de séjour et la délivrance d'un titre de séjour ne porte pas au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquelles elle a été prise. Dès lors, cette décision n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. Mme B ne peut utilement invoquer la méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle n'a pas sollicité de titre sur ces fondements sur lesquels la préfète ne s'est, par ailleurs, pas prononcée. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 5 mai 2021. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de l'Allier.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,

M. Jurie, premier conseiller,

Mme Bollon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2023.

La présidente-rapporteure,

R. CARAËS

L'assesseur le plus ancien,

G. JURIE La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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