jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101173 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | CHABANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 juin 2021 et le 20 juillet 2021 (non communiqué), M. D B, représenté par Me Chabane, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 avril 2021 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui accorder un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer le titre de séjour sollicité, subsidiairement, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il est entaché de vices de procédure en ce qu'il n'est pas établi que le rapport médical ait été rédigé par un médecin de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), ni que le collège était composé de trois médecins ;
- le collège de médecins n'a pas indiqué la durée prévisible du traitement, ni n'a donné d'indication sur l'offre de soins en Guinée ;
- les dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'OFII, de leurs missions prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ont été méconnues dès lors qu'il est impossible de déterminer sur quelles sources d'information sanitaire s'est fondé le collège médical ;
- il n'est pas possible de déterminer si le collège de médecins a procédé à l'évaluation décrite par les dispositions du C de l'annexe II du même arrêté ;
- le préfet a commis une erreur de droit dès lors qu'il s'est considéré lié par l'avis du collège de médecins de l'OFII ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'état du système de santé en Guinée et de la pauvreté de sa famille ; de plus, son état de santé se trouvera aggravé en cas de retour dans son pays d'origine ;
- l'arrêté est entaché d'erreur de fait dès lors que le préfet a considéré à tort qu'il était entré en France récemment ;
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :
- elles sont illégales en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elles sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il encourt un réel danger pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2021, le préfet du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 9 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ensemble l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme E a donné lecture de son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen, est entré irrégulièrement en France le 1er octobre 2017. Sa demande d'asile a été rejetée le 21 mars 2019 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, décision confirmée le 7 février 2020 par la Cour nationale du droit d'asile. Le 29 mai 2020, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en tant qu'étranger malade auprès de la préfecture du Puy-de-Dôme. Par un arrêté du 23 avril 2021, le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, dans son arrêté du 23 avril 2021, le préfet du Puy-de-Dôme vise les textes dont il fait application, et notamment le 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, et précise les raisons pour lesquelles le titre de séjour sollicité par l'intéressé ne peut lui être délivré sur le fondement de cet article en s'appuyant sur les termes de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration émis le 1er mars 2021. Par suite, la décision qui comporte ainsi les éléments de droit et de fait qui la fondent satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L.211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit être écarté. Par ailleurs, il ne ressort ni de cette motivation, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B, de sorte que ce moyen doit être également écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, dans sa version applicable au litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. Chaque année, un rapport présente au Parlement l'activité réalisée au titre du présent 11° par le service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ainsi que les données générales en matière de santé publique recueillies dans ce cadre. ".
4. Aux termes de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. (). ". Aux termes de l'article R. 313-23 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 313-22 () Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. ".
5. Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 visé ci-dessus : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays () ".
6. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'avis du collège de médecins de l'OFII est établi sur la base du rapport médical élaboré par un médecin de l'office selon le modèle figurant dans l'arrêté du 27 décembre 2016 mentionné à l'article 2 ainsi que des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays dont le demandeur d'un titre de séjour pour raison de santé est originaire. / Les possibilités de prise en charge dans ce pays des pathologies graves sont évaluées, comme pour toute maladie, individuellement, en s'appuyant sur une combinaison de sources d'informations sanitaires. / L'offre de soins s'apprécie notamment au regard de l'existence de structures, d'équipements, de médicaments et de dispositifs médicaux, ainsi que de personnels compétents nécessaires pour assurer une prise en charge appropriée de l'affection en cause. / L'appréciation des caractéristiques du système de santé doit permettre de déterminer la possibilité ou non d'accéder effectivement à l'offre de soins et donc au traitement approprié. / Afin de contribuer à l'harmonisation des pratiques suivies au plan national, des outils d'aide à l'émission des avis et des références documentaires présentés en annexe II et III sont mis à disposition des médecins de l'office ". Selon l'annexe II de cet arrêté : " C. - Points particuliers concernant les pathologies les plus fréquemment concernées : a) Les troubles psychiques et les pathologies psychiatriques. Les informations suivantes doivent en principe être recueillies : description du tableau clinique, critères diagnostiques, en référence à des classifications reconnues (classification internationale des maladies : CIMJO, ou manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux : DSM 5). Il est également important que soient précisés, lorsque ces éléments sont disponibles, la gravité des troubles, son suivi et les modalités de prise en charge mises en place. L'importance dans ce domaine de la continuité du lien thérapeutique (lien patient-médecin) et du besoin d'un environnement/entourage psycho social familial stable (eu égard notamment à la vulnérabilité particulière du patient) doit être soulignée. Le problème des états de stress post-traumatique (ESPT) est fréquemment soulevé, notamment pour des personnes relatant des violences, tortures, persécutions, traitements inhumains ou dégradants subis dans le pays d'origine. La réactivation d'un ESPT, notamment par le retour dans le pays d'origine, doit être évaluée au cas par cas () ".
7. Pour refuser d'admettre au séjour M. B, le préfet du Puy-de-Dôme s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 1er mars 2021 qui indique que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que, au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, l'état de santé de l'intéressé peut lui permettre de voyager sans risque. Eu égard à ces mentions, contrairement à ce que soutient le requérant, le collège de médecins de l'OFII n'était pas tenu de se prononcer sur l'existence et l'accès effectif à un traitement approprié à la pathologie de l'intéressé dans son pays d'origine, ni sur la durée des soins qui lui sont nécessaires.
8. En outre, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis du 1er mars 2021, que le collège de médecins de l'OFII a émis son avis au vu du rapport médical établi par le docteur C qui n'a pas siégé au sein du collège de médecins, lequel était composé des docteurs Truze, Horrach et Netillard, conformément aux dispositions de l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016, et contrairement à ce que soutient le requérant.
9. Enfin, en vertu des dispositions précitées, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration (OFII) et de l'intégration, dont l'avis est requis préalablement à la décision du préfet relative à la délivrance de la carte de séjour prévue au 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions ont été reprises à l'article L. 425-9 du même code, doit accomplir sa mission dans le respect des orientations générales définies par l'arrêté du 5 janvier 2017. S'il appartient au préfet, lorsqu'il statue sur la demande de carte de séjour, de s'assurer que l'avis a été rendu par le collège de médecins conformément aux règles procédurales fixées par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et par l'arrêté du 27 décembre 2016, il ne saurait en revanche porter d'appréciation sur le respect, par le collège des médecins, des orientations générales définies par l'arrêté du 5 janvier 2017, en raison du respect du secret médical qui interdit aux médecins de donner à l'administration, de manière directe ou indirecte, aucune information sur la nature des pathologies dont souffre l'étranger. Par suite, et alors qu'il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que le collège de médecins aurait l'obligation de communiquer les éléments qui lui ont permis de rendre son avis, en particulier les informations sur lesquelles il s'est fondé pour prendre sa décision, le moyen tiré de ce que le collège de médecins n'aurait pas respecté les orientations générales définies à l'article 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017, est inopérant.
10. En troisième lieu, si le préfet a entendu s'approprié le sens de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il se serait à tort estimé lié par cet avis.
11. En quatrième lieu, M. B soutient à l'appui de ses écritures que la décision en litige est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne pourra pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine en raison de la pauvreté de sa famille et du système de santé guinéen déficitaire, et qu'un retour en Guinée entrainerait un risque pour lui de revivre son traumatisme. D'une part, et alors que les fiches extraites du site Med Coi (médical country of origin information) produites par le préfet établissent l'existence d'établissements psychiatriques en Guinée ainsi que la disponibilité de son traitement, la Sertraline, M. B n'établit pas qu'il ne pourrait pas effectivement bénéficier de son traitement, au regard du caractère généraliste des documents produits. D'autre part, si le requérant produit un certificat attestant que le docteur A le suit depuis 2019 pour son état de stress post traumatique, ce certificat, peu circonstancié, ne permet pas de contredire l'avis du collège de médecins sur l'état de santé de M. B. Au demeurant, il ressort de l'extrait produit du rapport médical établi par l'OFII que son syndrome de stress post traumatique est actuellement plus ou moins stabilisé, des symptômes tels que des difficultés dans le sommeil persistant. Il résulte de ce qui précède que ce moyen doit être écarté.
12. En dernier lieu, si M. B soutient que le préfet a entaché d'erreur de fait son arrêté dès lors qu'il lui a opposé son arrivée récente sur le territoire français, cette circonstance, au demeurant établie dès lors que M. B était présent à la date de la décision attaquée en France depuis moins de quatre ans, est sans incidence sur la légalité du refus de titre de séjour en litige au regard de la nature dudit titre.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que les décisions l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
14. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un examen particulier et attentif de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
16. M. B soutient qu'il encourt un réel danger pour sa vie et des risques de subir des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Guinée, dès lors qu'il est un membre actif de l'Union des forces républicaines, que son frère a été assassiné par des militaires à la solde du pouvoir en place, et qu'il a été lui-même kidnappé et violenté par ces militaires. Au soutien de ses allégations, M. B verse au dossier une attestation de membre de l'Union des forces républicaines, un article de presse étudiante sur sa soudaine disparition, l'acte de décès de son frère, le témoignage d'un chef de quartier relatant la découverte du corps du frère de M. B, ainsi qu'un courriel, peu circonstancié, d'un responsable du parti évoquant un risque pour M. B de perdre la vie en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, et alors que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA puis la CNDA, aucun de ces éléments ne permet d'établir que M. B aurait été persécuté dans son pays d'origine en raison de son engagement politique, ni qu'il serait personnellement et actuellement exposé à des risques, des peines ou des traitements inhumains ou dégradants, en cas de retour en Guinée. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations et des dispositions précitées doivent être écartés.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 avril 2021 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquences les conclusions aux fins d'injonction, et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
M. Bordes, premier conseiller,
Mme Trimouille, première conseillère.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
La présidente,
S. E
L'assesseur le plus ancien,
J-F. BORDES
Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026