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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2101356

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2101356

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2101356
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée sous le numéro 2101356 le 27 juin 2021, et un mémoire enregistré le 5 juillet 2022, Mme B D, représentée par l'AARPI Ad'Vocare, Me Bourg, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 avril 2021 par lequel le préfet de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Allier de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Allier de procéder à un nouvel examen de sa situation sous les mêmes conditions de délai ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Allier de lui délivrer un récépissé sans délai à compter du jugement, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée de vices de procédure en ce que l'arrêté a été pris sans qu'elle n'ait été entendue en méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée de vices de procédure en ce qu'il n'est pas établi que les médecins de l'OFII ont rendu leur avis de manière collégiale et que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein de cette formation collégiale ;

- elle méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en effet, son état de santé nécessite un suivi médical et un traitement auxquels elle n'aura pas accès en Serbie du fait des discriminations dont elle sera victime en tant que Rom ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée de vices de procédure en ce que l'arrêté a été pris sans qu'elle n'ait été entendue en méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

S'agissant de la décision fixant le pays d'éloignement :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée de vices de procédure en ce que l'arrêté a été pris sans qu'elle n'ait été entendue en méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2021, le préfet de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier ;

II. Par une requête, enregistrée le 27 juin 2021, et un mémoire enregistré le 5 juillet 2022, M. C D, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, Me Bourg, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 avril 2021 par lequel le préfet de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Allier de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Allier de procéder à un nouvel examen de sa situation sous les mêmes conditions de délai ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Allier de lui délivrer un récépissé sans délai à compter du jugement, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée de vices de procédure en ce que l'arrêté a été pris sans qu'elle n'ait été entendue en méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée de vices de procédure en ce qu'il n'est pas établi que les médecins de l'OFII ont rendu leur avis sur la situation de son épouse de manière collégiale et que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein de cette formation collégiale ;

- elle méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en effet, l'état de santé de son épouse nécessite un suivi médical et un traitement auxquels elle n'aura pas accès en Serbie du fait des discriminations dont elle sera victime en tant que Rom ; par ailleurs, son épouse a besoin de sa présence à ses côtés ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée de vices de procédure en ce que l'arrêté a été pris sans qu'il n'ait été entendu en méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

S'agissant de la décision fixant le pays d'éloignement :

- elle est entachée de vices de procédure en ce que l'arrêté a été pris sans qu'il n'ait été entendu en méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2021, le préfet de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

M. D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les observations de Me Bourg, avocate de Mme et M. D

Considérant ce qui suit :

1. Mme et M. D, ressortissants serbes, sont entrés en France le 29 octobre 2017. Leurs demandes d'asile ont été rejetées le 25 juin 2018 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et le 22 novembre 2018 par la Cour nationale du droit d'asile. Mme D a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour pour raison de santé. M. D a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour pour accompagner son épouse dont l'état de santé nécessitait un traitement médical. Ils ont présenté des demandes de renouvellement de leur titre de séjour. Par arrêtés du 14 avril 2021, le préfet de l'Allier a rejeté leur demande. Il a assorti ces décisions d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé un pays de destination auquel ils seraient reconduits d'office à l'expiration de ce délai. Par les requêtes enregistrées sous les n°2101356 et 2101357, qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement, Mme et M. D demandent l'annulation de ces arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 avril 2021 pris à l'encontre de Mme D :

En ce qui concerne le moyen commun tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :

2. Par un arrêté n° 473/2021 du 8 mars 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de l'Etat dans le département, le préfet de l'Allier a donné délégation de signature à Mme Demolombe-Tobie, secrétaire générale de la préfecture, aux fins de signer les décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

3. En premier lieu, Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. ".

4. Il résulte de ces dispositions que celles-ci ne s'appliquent pas aux décisions prises à la suite d'une demande de l'intéressé. Par suite, la requérante ne peut utilement soutenir que la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour, qui faisait suite à sa demande, est entachée de violation de ces dispositions et d'une méconnaissance du principe du contradictoire.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. (). ". Aux termes de l'article R. 313-22 du même code : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. (). ". Aux termes de l'article R. 313-23 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 313-22 () Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. ".

6. Pour refuser de délivrer à Mme D le titre de séjour sollicité, le préfet de l'Allier s'est notamment appuyé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII en date du 29 décembre 2020, lequel indique que l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, la Serbie, elle peut toutefois bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans ce pays.

7. D'une part, il ressort des termes de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 29 décembre 2020, qui mentionne le nom de la médecin ayant rédigé le rapport sur l'état de santé de Mme D, que celle-ci n'était pas membre de ce collège. En outre, Mme D n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations selon lesquelles cet avis n'aurait pas été émis à l'issue d'une délibération alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'avis est signé par trois médecins distincts du service médical de l'OFII. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de consultation du collège médical de l'OFII doit être écarté.

8. D'autre part, le préfet produit une liste des médicaments essentiels disponibles en Serbie et allègue que ces médicaments couvrent les besoins de traitement de la requérante. La requérante se borne à soutenir qu'un des médicaments qui lui sont prescrits ne figure pas dans cette liste sans alléguer ni démontrer que ce médicament, qui est un sédatif, ne pourrait pas être remplacé par un autre ayant la même fonction. Par ailleurs, s'agissant des autres médicaments qui lui sont prescrits, la requérante n'apporte aucune précision ni aucun élément de preuve sur leur indisponibilité en Serbie et l'impossibilité de les remplacer par des traitements disponibles dans ce pays. Enfin, si la requérante soutient que les discriminations dont elle serait victime en Serbie ferait obstacle à un accès aux soins, elle n'apporte aucun commencement de preuve de nature à établir la réalité de ses allégations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision obligeant Mme D à quitter le territoire français :

9. En premier lieu, compte-tenu de ce qui précède, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.

10. En deuxième lieu, le législateur ayant entendu déterminer à l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, les dispositions précitées ne sauraient être utilement invoquées à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français en litige.

11. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés ci-dessus dans le cadre de l'examen de la légalité de la décision portant refus du titre de séjour sollicité, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que Mme D n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

13. En second lieu, les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration n'imposent pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressée à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur la décision désignant le pays de renvoi, prise à la suite du refus de demande de renouvellement de titre de séjour. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'a pas été mis en mesure de présenter tout élément pertinent relatif à sa situation, avant que la décision en litige ne soit prise.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête présentée par Mme D doivent être rejetées et par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 avril 2021 pris à l'encontre de M. D :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

15. En premier lieu, Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. ".

16. Il résulte de ces dispositions que celles-ci ne s'appliquent pas aux décisions prises à la suite d'une demande de l'intéressé. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour, qui faisait suite à sa demande, est entachée de violation de ces dispositions et de méconnaissance du principe du contradictoire.

17. En deuxième lieu, si M. D soutient que le préfet de l'Allier a méconnu les articles L. 313-11, R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne peut utilement s'en prévaloir dès lors qu'il n'a pas sollicité une autorisation provisoire de séjour en qualité d'étranger malade mais un titre de séjour en qualité d'accompagnant de conjoint malade. Au surplus, ainsi qu'il a été dit plus haut, notamment aux points 7 et 8, les requérants ne démontrent pas que le préfet de l'Allier aurait méconnu les dispositions de ces articles dans le cadre de l'appréciation de la situation de Mme D et de son droit au séjour.

En ce qui concerne la décision obligeant M. D à quitter le territoire français :

18. En premier lieu, compte-tenu de ce qui précède, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.

19. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français en litige.

20. En troisième lieu, M. D ne soutient pas que sa situation médicale nécessiterait un traitement dont le défaut aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité et auquel il n'aurait pas accès en Serbie. Par suite, le requérant ne peut utilement soulever la méconnaissance de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

21. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

22. En second lieu, les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration n'imposent pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur la décision désignant le pays de renvoi, prise à la suite du refus de demande de renouvellement de titre de séjour. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter tout élément pertinent relatif à sa situation, avant que la décision en litige ne soit prise.

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête présentée par M. D doivent être rejetées et par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme et M. D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et M. C D et à la préfète de l'Allier.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Bader-Koza, présidente,

Mme Jaffré, première conseillère,

Mme Trimouille, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

La rapporteure,

M. A

La présidente,

S. BADER-KOZALe greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2101356, 2101357

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