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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2101678

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2101678

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2101678
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantCABINET ALTERNATIVES AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de M. E, qui contestait le refus de l'école supérieure d'art de Clermont Métropole de l'admettre au troisième semestre. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, estimant que la décision était signée conformément à l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, que l'absence de session de rattrapage n'était pas illégale, et que les modalités d'évaluation reposaient sur des données objectives (absences répétées). Enfin, le tribunal a jugé que le moyen tiré de l'illégalité du règlement intérieur au regard de l'arrêté du 16 juillet 2013 n'était pas fondé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 août 2021 et le 28 décembre 2023, M. B E, représenté par Me Bosquet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 4 juin 2021 par laquelle le directeur de l'école supérieure d'art de Clermont Métropole a refusé de l'admettre au troisième semestre du cycle d'enseignement supérieur d'arts plastiques ;

2°) d'enjoindre à l'école supérieure d'art de Clermont Métropole de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'école supérieure d'art de Clermont Métropole la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Il soutient que :

- la décision contestée ne comporte pas les mentions exigées par les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est illégale en raison de l'absence de session de rattrapage organisée par l'école ;

- elle est illégale dès lors que les modalités d'évaluation sont dépourvues de données objectives ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité du règlement intérieur qui méconnaît l'arrêté du 16 juillet 2013 portant organisation de l'enseignement supérieur d'arts plastiques dans les établissements d'enseignement supérieur délivrant des diplômes dès lors que la grille de crédits ne correspond pas à celle prévue par l'arrêté, que cette grille n'a pas été communiquée en temps utile au cours de l'année universitaire et qu'aucun bilan n'a été réalisé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2022, l'école supérieur d'art de Clermont Métropole, représentée par l'AARPI Alternatives Avocats, Me Saumet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient, à titre principal, que les moyens présentés par le requérant sont inopérants et, à titre subsidiaire, qu'ils ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 11 mars 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.

Un mémoire produit par l'école supérieur d'art de Clermont Métropole a été enregistré le 22 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 16 juillet 2013 portant organisation de l'enseignement supérieur d'arts plastiques dans les établissements d'enseignement supérieur délivrant des diplômes ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Nathalie Luyckx, rapporteure publique,

- et les observations de Me Bosquet, représentant M. E, de M. E et de Me Combe-Kaes, représentant l'école supérieure d'art de Clermont Métropole.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, M. E demande au tribunal d'annuler la décision du 4 juin 2021 par laquelle le directeur de l'école supérieure d'art de Clermont Métropole a refusé de l'admettre au troisième semestre du cycle d'enseignement supérieur d'arts plastiques de l'école.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".

3. Il ressort de la décision contestée du 4 juin 2021 qu'elle a été signée par M. C D, directeur de l'école supérieur d'art de Clermont Métropole dont le prénom, le nom et la qualité de celui-ci figurent en caractères lisibles. La circonstance que la décision n'est pas signée par l'un des coordinateurs de première année, dont le nom figure sur la décision, est sans incidence sur le respect des dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Il s'ensuit que le moyen selon lequel ces dispositions sont méconnues doit être écarté.

4. En deuxième lieu, le requérant soutient que la décision est illégale en raison de l'absence d'organisation de session de rattrapage qui lui aurait permis de valider le semestre en cause. Toutefois, le règlement intérieur de l'école prévoit qu'il " n'existe aucune possibilité de rattrapage de l'année 1 à l'année 2 " et il ne ressort d'aucune disposition réglementaire ou législative que l'organisation d'une telle session soit une obligation. En conséquence, le moyen tiré de ce que la décision est illégale en raison de l'absence de session de rattrapage organisée par l'école doit être écarté.

5. En troisième lieu, l'allégation selon laquelle la décision est illégale dès lors que les modalités d'évaluation sont dépourvues de données objectives n'est assortie d'aucune précision en fait et en droit permettant d'apprécier le bien-fondé du moyen que le requérant entend soulever. En tout état de cause, il ressort de la décision contestée que le requérant n'a pas obtenu les crédits nécessaires à la validation de son semestre en raison de ses absences répétées, absences qui constituent des données objectives permettant d'évaluer le manque d'investissement et de travail d'un étudiant.

6. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 12 de l'arrêté du 16 juillet 2013 portant organisation de l'enseignement supérieur d'arts plastiques dans les établissements d'enseignement supérieur délivrant des diplômes : " L'organisation des différents cycles et cursus et les crédits correspondants sont prévus à l'annexe du présent arrêté. () ". En application de l'article 13 de l'arrêté : " L'établissement établit un règlement des études conforme au présent arrêté, qui est soumis à l'avis de l'instance pédagogique et validé par le conseil d'administration. Il fait partie du règlement intérieur de l'établissement. Chaque établissement rédige un livret de l'étudiant, régulièrement mis à jour, qui présente notamment l'offre pédagogique et les modes d'évaluation du travail de l'étudiant contenus dans le règlement des études ". Selon l'article 15 du même texte : " L'attribution des crédits procède d'une évaluation dont les modalités sont précisées par le règlement des études ". Enfin, aux termes de l'article 16 : " Le nombre maximum de crédits européens pouvant être obtenus pour chacun des semestres est de 30. / Le passage de l'étudiant au semestre suivant est subordonné à l'obtention d'au moins 24 crédits européens, à l'exception du passage au semestre 3, qui nécessite l'obtention de 60 crédits () ".

7. Le requérant soutient que la décision est illégale en raison de l'illégalité du règlement intérieur qui méconnaît l'arrêté du 16 juillet 2013 dès lors que la grille de crédits ne correspond pas à celle prévue par l'arrêté, que cette grille n'a pas été communiquée en temps utile au cours de l'année universitaire et qu'aucun bilan n'a été réalisé. Il ressort de l'annexe de l'arrêté du 16 juillet 2013 que le semestre 2 du cursus conduisant au diplôme national d'art est obtenu par l'obtention de 30 crédits dont 16 sont attribués au titre de l'initiation aux techniques et aux pratiques artistiques, 10 au titre des enseignements relatifs à l'histoire, la théorie des arts et les langues étrangères et 4 au regard du bilan du travail plastique et théorique. Il ressort de la décision contestée de non admission et du relevé de crédits attribués que l'école n'a pas respecté cette répartition et a organisé le semestre considéré autour d'enseignements intitulés " prisme ", " fabrique ", " parlons travail " et " focus ". Cette illégalité est toutefois sans incidence sur la décision de non admission de M. E au troisième semestre du cycle d'enseignement supérieur d'arts plastiques dès lors qu'elle se fonde sur les absences de M. E aux enseignements et sur son manque d'investissement. Par ailleurs, la circonstance que la grille de crédits n'a pas été communiquée en temps utile, à la supposer établie, est également sans incidence sur la légalité de la décision en litige. Enfin, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutient M. E, un bilan semestriel a été réalisé. Par suite le moyen selon lequel la décision est illégale en raison de l'illégalité du règlement intérieur doit être écarté en toutes ses branches.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. E tendant à l'annulation de la décision 4 juin 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fins d'injonction.

Sur les frais de l'instance :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'école supérieure d'art de Clermont Métropole, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. E la somme demandée par l'école supérieure d'art de Clermont Métropole sur le fondement des mêmes dispositions.

10. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre par M. E doivent être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'école supérieure d'art de Clermont Métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et à l'école supérieure d'art de Clermont Métropole.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caroline Bentéjac, présidente,

M. Jean-Michel Debrion, premier conseiller,

M. Christophe Nivet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le rapporteur,

C. A

La présidente,

C. BENTÉJAC

La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2101678

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