jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101893 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | KHANIFAR |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le numéro 2101893, le 8 septembre 2021, M. B C, représenté par Me Khanifar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2021 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français de six mois dont il faisait l'objet d'une durée supplémentaire de six mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 9 octobre 2020 portant mesure d'éloignement et interdiction de retour sur le territoire français est en cours d'instance devant la cour administrative d'appel de Lyon ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ; en effet, il rapporte la preuve de la réalité de sa vie familiale avec son épouse, ressortissante française ; par ailleurs, il entretient des liens forts avec sa mère résidant régulièrement en France.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit d'observation.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2021.
II. Par une requête, enregistrée sous le numéro 2101897 le 8 septembre 2021, M. C, représenté par Me Khanifar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2021 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné pour une durée de 6 mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros en application des dispositions combinées des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est illégale en ce qu'il n'est pas justifié de l'impossibilité de le reconduire en Algérie ;
- la décision est illégale en ce qu'il n'est pas justifié de l'existence d'une perspective raisonnable de l'exécution de son éloignement ;
- la décision méconnait la liberté d'aller et venir garantie par l'article 2 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen en ce qu'elle est disproportionnée, l'obligeant à être à son domicile entre 6 h et 8 h tous les jours pendant six mois.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit d'observation.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2021.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la Constitution et la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né en 1996, déclare être entré irrégulièrement en France en 2016. Le 8 octobre 2020, il a été interpellé par les services de la direction départementale de la sécurité publique du Puy-de-Dôme pour des faits de vol par effraction. Le 9 octobre 2020, par deux arrêtés distincts, le préfet du Puy-de-Dôme l'a, d'une part, obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois et, d'autre part, l'a assigné à résidence. Le 6 septembre 2021, par deux arrêtés distincts, le préfet du Puy-de-Dôme a, d'une part, prolongé l'interdiction de territoire dont il faisait l'objet pour une durée de six mois, et d'autre part, édicter une nouvelle assignation à résidence pour une durée de six mois. Par deux requêtes qu'il convient de joindre, le requérant demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.
En ce qui concerne l'arrêté prolongation de l'interdiction de retour de M. C sur le territoire français pendant une durée de six mois :
2. En premier lieu, la circonstance que l'arrêté du 9 octobre 2020 portant mesure d'éloignement et interdiction du territoire français fasse l'objet d'un recours toujours pendant devant la Cour administrative d'appel de Lyon à la date de l'arrêté en litige du 6 février 2021 n'a pas d'incidence sur la légalité de ce dernier arrêté.
3. En second lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
4. Le requérant soutient qu'il a épousé le 13 décembre 2019 une ressortissante française avec qui il vit et qu'il entretient des liens forts avec sa mère qui réside régulièrement sur le territoire français. Toutefois, eu égard au caractère récent tant du séjour du requérant en France que de son mariage, et eu égard au fait que le requérant n'allègue ni n'établit être dépourvu de toute attache familiale en Algérie, la décision attaquée lui interdisant de retourner en France pour un délai de six mois ne peut être regardée comme portant une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
5. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
6. En premier lieu, pour fonder l'assignation à résidence litigieuse, le préfet du Puy-de-Dôme a estimé que M. C était dans l'impossibilité de regagner son pays d'origine en raison des conséquences du contexte sanitaire sur les liaisons aériennes avec l'Algérie mais que l'intéressé pourrait exécuter la mesure d'éloignement dès la fin des restrictions liées à la crise sanitaire. Si le requérant conteste la matérialité de ces faits, il n'apporte aucune pièce probante ni aucun commencement de preuve établissant qu'à la date de la décision attaquée, le 6 septembre 2021, l'exécution de l'obligation de quitter le territoire dont il fait l'objet demeurait une perspective raisonnable ou pouvait être exécutée immédiatement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.
7. En second lieu, l'arrêté attaqué impose à M. C, d'une part, de demeurer à l'adresse où il est assigné tous les jours entre 6 heures et 8 heures et, d'autre part, de se présenter tous les jours à 9h30, même les dimanches et les jours fériés, auprès des services de l'hôtel de police de Clermont-Ferrand. Si le requérant soutient que l'obligation qui lui est faite de rester à son domicile tous les jours entre 6h et 8h pendant six mois porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir garantie par l'article 2 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, il n'apporte aucun élément ni précision relative à sa vie quotidienne au soutien de ses allégations. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête présentée par M. C doivent être rejetées et par voie de conséquence les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°2101893 et 2101897 de M. C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
La rapporteure,
M. A
La présidente,
S. BADER-KOZALe greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101893; 2101897
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026