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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2102126

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2102126

jeudi 21 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2102126
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantCUNIN MICHAËL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 octobre 2021 et le 17 mars 2022, Mme E, représentée par Me Cunin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Riom a refusé de lui délivrer un permis de construire pour la construction d'un pavillon à usage d'habitation sur un terrain situé rue de Planchepaleuil sur le territoire communal ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Riom de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Riom la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient que :

- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- il doit être regardé comme un retrait de permis de construire en raison du fait qu'un permis de construire tacite était intervenu le 10 septembre 2020 et que le retrait du permis tacite méconnaît les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'aucune procédure contradictoire préalable n'a été mise en œuvre ;

- il est irrégulier dès lors qu'il se fonde sur la circonstance qu'un emplacement réservé a été institué sur la parcelle concernée par le projet alors qu'un tel emplacement ne figure pas au sein du plan local d'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 décembre 2021 et le 19 mai 2022, la commune de Riom conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de Mme Nathalie Luyckx, rapporteure publique,

- les observations de Mme C représentant la commune de Riom,

Considérant ce qui suit :

1. Le 10 juillet 2021, Mme E a déposé une demande de permis de construire à la mairie de Riom en vue de la construction d'un pavillon à usage d'habitation sur un terrain situé rue de Planchepaleuil à Riom. Par un arrêté du 22 septembre 2021, le maire de la commune de Riom a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité. Par la présente requête, Mme E demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction ". Aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : () / b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite ". Selon l'article R. 423-23 du code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () / b) Deux mois pour () les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle () ". L'article R. 423-24 du code prévoit : " Le délai d'instruction de droit commun prévu par l'article R. 423-23 est majoré d'un mois : () / c) Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques ; () ". Aux termes de l'article R. 423-42 du code de l'urbanisme : " Lorsque le délai d'instruction de droit commun est modifié en application des articles R. 423-24 à R. 423-33, l'autorité compétente indique au demandeur ou à l'auteur de la déclaration, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie : / a) Le nouveau délai et, le cas échéant, son nouveau point de départ ; / b) Les motifs de la modification de délai ; () ". Selon l'article R. 423-43 : " Les modifications de délai prévues par les articles R. 423-24 à R. 423-33 ne sont applicables que si les notifications prévues par la présente sous-section ont été faites ". Enfin, aux termes de l'article R. 423-46 du code : " Les notifications et courriers prévus par les sous-sections 1 et 2 ci-dessus sont adressés par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 4 août 2021, Mme E a été informée de ce que son projet nécessitait la consultation de l'architecte des Bâtiments de France et de la société Enedis et, qu'en conséquence, le délai d'instruction de son dossier était de trois mois. Si l'avis de réception de ce courrier ne comporte aucune date de présentation ou de distribution, il ressort toutefois de ce document que, d'une part, le courrier a été adressé le 6 août 2021, dans le délai d'un mois prévu à l'article R. 423-42 du code de l'urbanisme, et que, d'autre part, la signature de la requérante figure sur ledit avis, cette circonstance permettant d'attester de sa réception. L'arrêté du 22 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Riom a refusé de délivrer le permis de construire sollicité étant intervenu dans le délai de trois mois à compter du dépôt du dossier de demande, il ne saurait s'analyser comme un retrait de permis de construire. Ainsi, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'a pas eu connaissance de la modification du délai d'instruction et qu'elle serait bénéficiaire d'un permis de construire tacite dont le retrait serait intervenu dans des conditions irrégulières au regard des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté.

4. En deuxième lieu, la requérante soutient que l'emplacement réservé n° 31, qui motive le refus de permis de construire, ne figure pas au sein du plan local d'urbanisme de la commune. Il ressort toutefois de la liste des emplacements réservés du plan local d'urbanisme de la commune et de l'extrait du règlement graphique qu'un emplacement réservé n° 31 a bien été institué sur la parcelle de la requérante en vue de la création d'habitats adaptés pour la sédentarisation des gens du voyage. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté serait irrégulier en raison de l'inexistence de l'emplacement réservé invoqué par la commune doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Riom du 22 septembre 2021. Le rejet des conclusions à fin d'annulation de la requérante entraîne, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions présentées à fin d'injonction.

Sur les frais du litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Riom, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme E la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par la commune de Riom au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Riom au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et à la commune de Riom.

Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caroline Bentéjac, présidente-rapporteure,

Mme Marion Jaffré, première conseillère,

M. Jean-Michel Debrion, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.

La présidente-rapporteure,

C. D

L'assesseure la plus ancienne,

M. A

La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2102126

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