jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2102774 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | LAWSON-BODY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 16 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Lawson-Body, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-1762 du 4 novembre 2021 pris à son encontre par le préfet du Cantal ;
2°) d'enjoindre au préfet du Cantal, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et de le munir, dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2022, le préfet du Cantal conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 4 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 février 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Debrion a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° 2021-1762 du 4 novembre 2021 pris à son encontre par le préfet du Cantal.
Sur la portée de l'arrêté en litige :
2. Bien qu'il n'ait pas mentionné dans le dispositif de l'arrêté en litige que la demande de titre de séjour présentée par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avait été rejetée, le préfet du Cantal a bien examiné la demande précitée dans les motifs de l'arrêté et ne peut être regardé, du fait de l'utilisation de la formule " l'intéressé ne remplit pas les conditions prévues par l'article précité ", que comme ayant refusé de faire droit à cette demande. Ainsi, l'arrêté en litige, en plus de contenir une décision portant obligation de quitter le territoire français et une décision fixant le pays de destination, contient bien également une décision portant refus de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, M. Wahid Ferchiche, secrétaire général de la préfecture du Cantal, bénéficiait d'une délégation de signature accordée par le préfet du Cantal par un arrêté du 20 septembre 2021 publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour à l'effet notamment de signer les refus de séjour et les obligations de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, les décisions en litige visent les dispositions des articles L. 435-3 et L. 611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionnent, en fait, les raisons pour lesquelles le préfet du Cantal a estimé que M. A ne pouvait pas se voir délivrer un titre de séjour et pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Elles comportent ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent les fondements. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 2, le préfet du Cantal s'est bien, dans l'arrêté en litige, prononcé sur la demande de titre de séjour présentée par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en application des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles sont en vigueur depuis le 1er mai 2021. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur de droit en édictant à son encontre une mesure d'éloignement sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans examiner au préalable sa demande de titre de séjour.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
7. Pour refuser de délivrer à M. A le titre de séjour sollicité, le préfet du Cantal s'est fondé sur l'absence de caractère réel et sérieux du suivi depuis six mois d'une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle après avoir rappelé que M. A n'avait présenté aucune attestation d'inscription à une formation lors de sa demande de titre de séjour et que le contrat d'apprentissage qu'il avait fourni au début du mois d'octobre 2021 ne mentionnait aucune information sur le type de contrat et n'était pas daté.
8. M. A ne conteste pas ne pas avoir fourni d'attestation à une formation lors de sa demande de titre de séjour et s'il se prévaut de son inscription, au cours de l'année scolaire 2020-2021, au lycée polyvalent Monnet-Mermoz d'Aurillac, dans la formation " mission lutte contre le décrochage scolaire accueil remotivation ", il ne ressort pas des pièces du dossier que cette formation était destinée à lui apporter une qualification professionnelle. Enfin, si le requérant est désormais inscrit en certificat d'aptitude professionnelle (CAP) menuiserie aluminium verre, il n'a commencé cette formation que le 4 octobre 2021, de sorte que la condition des six mois de formation prévue à l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'était pas remplie à la date de la décision portant refus de séjour en litige. Par suite, le préfet du Cantal n'a pas méconnu les dispositions précitées en refusant de délivrer un titre de séjour à M. A et n'a, en tout état de cause, pas méconnu ces dispositions en obligeant le requérant à quitter le territoire français.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
10. M. A séjournait en France depuis moins de deux ans à la date des décisions contestées. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait des attaches personnelles ou familiales sur le territoire français. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier qu'il serait dépourvu de toutes attaches dans son pays d'origine dans lequel il a vécu l'essentiel de son existence. Dans ces conditions, et quand bien même il serait désormais inscrit en CAP, le préfet du Cantal n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
11. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et celles relatives aux dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Cantal.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Trimouille, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Cantal en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026