mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2102890 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS PRESLE ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2021, M. C B, représenté par la SELARL Cap avocats, Me Presle, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Allier du 4 octobre 2021 portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à défaut de lui enjoindre de réexaminer sa situation dans le délai de trente jours, et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de deux jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au profit de son avocat sur le fondement combiné de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cet arrêté est entaché d'incompétence du signataire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- cet arrêté est entaché d'erreur d'appréciation sur l'authenticité de ses documents d'état civil et sur son insertion ;
- il remplit les conditions de délivrance d'une carte de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par une ordonnance du 17 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 juin 2022.
Par une décision du 24 novembre 2021, M. B n'a pas été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen se disant né le 20 septembre 2001, est entré en France en juillet 2017 selon ses déclarations, puis a été placé auprès du service de l'aide sociale à l'enfance du département de l'Allier par un jugement du tribunal de grande instance de Moulins du 28 novembre 2017. Par un arrêté du 9 janvier 2019, le préfet de l'Allier a refusé sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Il a sollicité le réexamen de sa demande en février 2021. Par un arrêté du 4 octobre 2021, le préfet a de nouveau rejeté sa demande avec obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour de deux ans. Le requérant demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté en litige est signé par M. Alexandre Sanz, secrétaire général de la préfecture de l'Allier, lequel bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet de l'Allier du 2 juillet 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 03-2021-126 de la préfecture le même jour, d'une délégation de signature à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Allier, à l'exception des déclinatoires de compétence et arrêtés de conflits. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit, par suite, être écarté.
3. L'arrêté contesté contient les éléments de fait et de droit sur lesquels il se fonde. Il est par suite suffisamment motivé.
4. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ;
2° Les documents justifiants de sa nationalité / () / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. ".
5. Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
6. La force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En outre, la légalisation se bornant à attester de la régularité formelle d'un acte, la force probante de celui-ci peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. Par suite, en cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
7. Il est constant que M. B a présenté lors de sa première demande, ayant fait l'objet de l'arrêté du 9 janvier 2019, un extrait du registre de l'état civil de la commune de Kindia daté du 11 avril 2016 et un jugement tenant lieu d'acte de naissance du tribunal de première instance de cette même localité du 11 avril 2016. Ces documents ont été rejetés comme non probants en l'absence de légalisation, ainsi qu'il ressort des motifs du jugement n° 1900293 du magistrat désigné par le président de ce tribunal, du 6 mai 2019, confirmé par l'ordonnance n° 19LY02107 du premier vice-président de la cour administrative d'appel de Lyon du 18 septembre 2019. Or, si le requérant a produit, lors de la présente demande, de nouveaux actes revêtus des formules de légalisation, à savoir un extrait d'acte de naissance délivré le 5 mars 2019 par la commune de Kaloum, un jugement supplétif du tribunal de première instance de Kaloum en date du 25 février 2019, ainsi qu'une copie intégrale de l'acte, délivrée le 25 mars 2021 par l'ambassade de Guinée, il n'apporte aucun élément de contradiction sérieux aux motifs opposés par l'arrêté attaqué, tirés de ce qu'il s'est ainsi prévalu de deux séries d'actes d'état civil différents et contradictoires. Il résulte ainsi de ces incohérences et invraisemblances que, en dépit de la légalisation de ces documents et de la délivrance d'un passeport à l'intéressé, les actes produits par M. B ne peuvent être regardés comme attestant de manière probante de son état civil. Par suite, la décision n'est pas entachée d'erreur d'appréciation sur ce motif.
8. Il résulte de ce qui vient d'être dit que le préfet était tenu de refuser sa demande en raison de l'absence d'état civil établi de l'intéressé, et que le requérant ne peut, en tout état de cause, se prévaloir utilement des dispositions de l'article L. 313-11 7°, devenu L. 423-23, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la délivrance de la carte de séjour temporaire pour liens personnels et familiaux en France.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation de l'arrêté du 4 octobre 2021 doivent être rejetées, de même que ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans le présent litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de l'Allier.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Courret, présidente,
Mme Luyckx, première conseillère,
M. Panighel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
N. A
La présidente,
C. COURRET La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026