jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200249 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 février 2022, Mme A B, représentée par l'AARPI Ad'Vocare, Me Bourg, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2021, notifié le 20 octobre 2021, par lequel le préfet du Puy-de-Dôme l'a assignée à résidence pour une durée de six mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse est insuffisamment motivée en fait ;
- la décision litigieuse est entachée d'un détournement de procédure ; en effet, une exécution de l'obligation de quitter le territoire français pouvant être envisagée dans une perspective raisonnable, elle ne pouvait faire l'objet d'une assignation à résidence de longue durée ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit ; en effet, les motifs de la décision attaquée correspondent à l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant les assignations à résidence de courte durée.
Des pièces produites par le préfet du Puy-de-Dôme, ont été enregistrées le 7 février 2022.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Bourg, avocate de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante albanaise, est entrée en France en 2019. Sa demande d'asile a été rejetée le 13 octobre 2020 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Elle a fait l'objet d'une mesure d'éloignement datée du 26 janvier 2021. Par un arrêté du 24 février 2021, le préfet du Puy-de-Dôme a décidé de l'assigner à résidence pour une durée de 45 jours. Par un arrêté du 9 avril 2021, le préfet du Puy-de-Dôme a décidé de l'assigner à résidence pour une durée de 6 mois. Par un arrêté du 19 octobre 2021, le préfet du Puy-de-Dôme a renouvelé l'assignation à résidence dont l'intéressée faisait l'objet d'une nouvelle durée de six mois. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
3. D'une part, pour motiver l'assignation à résidence litigieuse, le préfet du Puy-de-Dôme a considéré que l'éloignement de la requérante demeurait une perspective raisonnable malgré l'impossibilité d'y procéder immédiatement. D'autre part, il ressort des pièces du dossier et en particulier du courrier du 19 octobre 2021 par lequel le préfet demandait à la requérante de se présenter le 23 octobre 2021 à l'aéroport pour exécuter la mesure d'éloignement dont elle faisait l'objet, qu'à la date de la décision attaquée l'administration était en mesure d'organiser l'éloignement de la requérante. Par suite, la requérante est fondée à soutenir qu'en édictant une assignation à résidence d'une durée de six mois dont l'usage est destiné aux situations pour lesquelles l'éloignement de l'intéressé est impossible, le préfet du Puy-de-Dôme a commis une erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 19 octobre 2021 portant assignation à résidence.
Sur les frais d'instance :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B présentées au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 19 octobre 2021 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
Mme Trimouille, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
M. C
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200249
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026