mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200357 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2022, M. A C, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2021 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa demande de titre de séjour et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou subsidiairement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la requête n'est pas tardive ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- le refus de titre de séjour est entaché d'erreur de droit, d'un défaut d'examen et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour qui la fonde ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français qui la fonde.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit d'observations en défense.
M.C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2022.
Par une ordonnance du 25 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Bourg, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant kosovar né le 4 mars 1998, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2021 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office.
2. En premier lieu, le refus de titre de séjour, qui vise notamment l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne les raisons pour lesquelles le requérant ne peut être admis au séjour sur le fondement des dispositions de cet article et fait également état d'éléments relatifs à sa situation personnelle, comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui le fondent. L'obligation de quitter le territoire français, fondée sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour en vertu des dispositions de l'article L. 613-1 de ce code. Enfin, la décision fixant le pays de destination, qui vise les articles L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, indique la nationalité de M. C et énonce que ce dernier n'établit qu'il serait exposé à des peines ou traitements contraires aux stipulations de cet article en cas de retour dans son pays d'origine. Elle comprend ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui la fondent. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. C a saisi le préfet du Puy-de-Dôme le 4 septembre 2020 d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour en se prévalant en particulier d'un contrat d'apprentissage qu'il a conclu en août 2019 dans le cadre de la préparation du certificat d'aptitude professionnelle de conducteur-opérateur de scierie. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme a examiné la demande de titre de séjour présentée par le requérant au regard des dispositions citées au point 3 de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne se limitent pas à la délivrance de titres de séjour portant la mention "travailleur temporaire" mais également de titres de séjour portant la mention "salarié". Ainsi, et en tout état de cause, le préfet du Puy-de-Dôme a nécessairement interprété la demande du requérant comme tendant à la délivrance d'une carte de séjour autorisant l'exercice d'une activité professionnelle. Pour les mêmes motifs, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet n'a pas examiné sa demande d'autorisation de travail.
5. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
6. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour est illégal. Il n'est, par suite, pas fondé à invoquer l'exception d'illégalité de cette décision à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français. N'étant pas davantage fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est illégal, M. C n'est également pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité de cette décision.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2021 du préfet du Puy-de-Dôme. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Courret, présidente,
M. Bordes, premier conseiller,
M. Panighel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
Le rapporteur,
L. B
La présidente,
C. COURRET La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026