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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2200417

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2200417

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2200417
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantCHAUTARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 février 2022, M. A B, représenté par Me Chautard, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2022 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision fondée sur l'article L. 611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est illégale, dès lors que ses demandes de titre de séjour présentées sur le fondement des articles L. 313-11 7° et L. 313-10 ont fait l'objet de refus implicites, respectivement le 3 juin 2021 et le 16 octobre 2021 ;

- il remplit les conditions de l'article 3 de l'accord franco-tunisien, dès lors que l'administration avait bien été destinataire de son contrat de travail à durée indéterminée effectif à compter du 1er novembre 2021, par mail du 27 décembre 2021 ; l'administration s'est abstenue de viser le contrat de travail, de sorte qu'elle ne saurait lui reprocher pour justifier un rejet de titre de séjour que le contrat de travail à durée indéterminée ne lui a pas été adressé ; la décision est dès lors entachée d'un défaut d'examen.

La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 6 avril 2022.

Par une ordonnance du 5 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 mai 2022.

Par une décision du 27 avril 2022, le président du bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande de M. B.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien, est entré régulièrement sur le territoire national en 2020, muni d'un visa valable jusqu'au 25 février 2021. Le 3 février 2021, il a formé une demande de titre de séjour " vie privée et familiale ", qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Le 16 juin 2021, il a déposé une demande de titre de séjour " salarié. " Par un arrêté du 20 janvier 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté cette demande et l'a obligé à quitter le territoire français. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié" ".

3. Si M. B produit une demande d'autorisation de travail remplie par une entreprise de bâtiment le 9 septembre 2021, ainsi qu'un contrat de travail à durée indéterminée signée avec cette même entreprise le 29 octobre 2021, précisant que l'intéressé " occupera des fonctions d'ouvrier ", il ne justifie pas, ainsi que l'a relevé le préfet dans la motivation de la décision attaquée, d'un contrat de travail " visé par les autorités compétentes " au sens des stipulations précitées de l'accord franco-tunisien. Concernant le formulaire de demande d'autorisation de travail dont il se prévaut, il ressort du document lui-même que cette autorisation n'a pas été accordée par l'administration. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas tenu compte de son contrat de travail, aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien et aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".

5. Il est constant que toutes les demandes de titre de séjour dont se prévaut M. B ont été rejetées, soit de façon implicite, soit par la décision attaquée du 20 janvier 2022. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire en litige serait illégale en ce qu'elle se fonde sur les dispositions citées au point précédent.

6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 20 janvier 2022. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Bader-Koza, présidente,

Mme Jaffré, première conseillère,

Mme Trimouille, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.

La rapporteure,

C. C

La présidente,

S. BADER-KOZA Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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