vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200528 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 et 10 mars 2022, M. B A, représenté par l'AARPI Ad'vocare, Me Gauché, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Allier en date du 3 février 2022 par lequel le préfet de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de dix-huit mois ;
3°) d'annuler l'arrêté du même jour portant assignation à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement de son signalement dans le Système d'information Schengen ;
5°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer dans cette attente un récépissé sous deux jours ;
6°) à défaut, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions ;
7°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut, sur le fondement de l'article 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans son ensemble :
- il est entaché d'incompétence du signataire ;
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle méconnaît l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur de droit en s'estimant lié par la condamnation dont il a fait l'objet ; il n'a pas présenté de document d'identité frauduleux lors de sa demande ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne les décisions refusant d'octroyer un délai de départ volontaire et fixant le pays de retour :
- elles sont illégales du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- elle doit être annulée par voie de conséquence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2022, le préfet de l'Allier conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens ne sont pas fondés ;
- le requérant a reconnu son enfant de manière anticipée quatre jours après avoir fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français le 15 novembre 2020, de sorte qu'il doit être regardé comme ayant fait une reconnaissance de paternité frauduleuse, ce qui fait obstacle à la délivrance du titre de séjour.
Par une ordonnance du 16 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 juillet 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bollon,
- et les observations de Me Gauché, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien né le 23 février 1989, est entré irrégulièrement en France le 18 février 2011 selon ses déclarations. Le 5 mars 2021 il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par deux arrêtés en date du 3 février 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'étendue du litige :
2. Par un jugement du 14 mars 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal a admis M. A à l'aide juridictionnelle provisoire, a renvoyé à la formation collégiale du tribunal l'examen des conclusions dirigées contre la décision de refus de titre de séjour, a annulé les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi, prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois et assignant à résidence le requérant pendant une durée de quarante-cinq jours, a enjoint au préfet de l'Allier de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer sans attente une autorisation provisoire de séjour et a mis à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Seules demeurent donc en litige les conclusions de l'intéressé tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :
3. Pour rejeter la demande de titre de séjour de M. A le préfet s'est fondé sur la circonstance que le requérant a été condamné le 12 mars 2021 par le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône à quatre mois de prison avec sursis et à trois cents euros d'amende pour des faits de " fourniture d'identité imaginaire pouvant provoquer des mentions erronées au casier judiciaire " et de " prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui " et en a conclu qu'il lui appartenait de " faire échec à la fraude ". Toutefois, et alors qu'il est constant qu'il ne peut être reproché au requérant d'avoir fourni une fausse identité lors de sa demande de titre de séjour, le préfet ne pouvait lui opposer ce seul motif tiré de la fraude à l'identité dont il a été reconnu coupable dans d'autres circonstances. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision de refus de séjour est entachée d'erreur de droit.
4. Si le préfet de l'Allier en défense soutient que la fraude peut également être opposée à sa demande en raison d'une reconnaissance frauduleuse de paternité d'un enfant français, cette allégation ne peut être déduite de la seule reconnaissance anticipée de cet enfant quelques jours après l'obligation de quitter le territoire français dont il a été l'objet le 15 novembre 2020, alors au demeurant qu'il ressort de l'attestation du directeur général des services de Vichy Communauté du 21 décembre 2021 que M. A accompagne régulièrement son fils à la crèche. Ainsi, le préfet de l'Allier n'est pas fondé à lui opposer ce nouveau motif en substitution du précédent pour lui refuser la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il s'ensuit que le requérant est fondé à soutenir, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision portant refus de titre de séjour doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation des décisions en cause implique nécessairement que la préfète de l'Allier réexamine la situation de M. A au regard de son droit au séjour. Par suite, il y a lieu de lui enjoindre de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision portant refus de titre de séjour du 3 février 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Allier de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Allier.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
La rapporteure,
L. BOLLON
La présidente,
R. CARAËS La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026