LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2201292

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2201292

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2201292
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantNGAMENI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 et 16 juin 2022, M. C A, représenté par Me Ngameni, demande au tribunal :

1°) de déclarer l'illégalité de l'arrêté du 30 mai 2022 par lequel le préfet du Rhône décide sa remise aux autorités néerlandaises pour l'examen de sa demande d'asile ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 mai 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a remis aux autorités néerlandaises pour l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'enjoindre à l'État d'examiner sa demande d'asile, de lui délivrer une attestation de demande d'asile ainsi que le formulaire à remettre à l'office français de protection des réfugiés et des apatrides sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1200 euros à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, ainsi que les entiers dépens.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement européen (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Coquet, premier conseiller, pour statuer sur le litige.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 23 juin 2022 à 15h00, en présence de Mme Petit, greffière d'audience, le rapport de M. Coquet, magistrat désigné et les observations de Me Ngameni, représentant M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant turc, est entré en France le 18 décembre 2021 selon ses déclarations et a sollicité l'enregistrement de sa demande d'asile auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme le 28 février 2022. La consultation du fichier Visabio a mis en évidence que M. A avait présenté une demande de visa auprès des autorités néerlandaises à la suite de laquelle il s'est vu délivrer un visa valide du 7 décembre 2021 au 6 janvier 2022. Les autorités néerlandaises ont été saisies le 16 mars 2022 d'une demande de prise en charge en application de l'article 12 du règlement européen (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Le 28 avril 2022, les autorités néerlandaises ont expressément accepté de prendre en charge M. A. Par un arrêté du 30 mai 2022, le préfet du Rhône a décidé le transfert de M. A aux autorités néerlandaises. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. A a obtenu l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juin 2022. Sa demande est devenue sans objet.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. En premier lieu, par un arrêté du 5 avril 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 8 avril 2022, le préfet du Rhône a donné délégation de signature à Mme B, attachée principale, chef du pôle régional Dublin, aux fins de signer la totalité des actes établis par la direction des migrations et de l'intégration à l'exception des actes à caractère réglementaire, des circulaires, des instructions générales et des correspondances destinées aux élus. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

4. En deuxième lieu, le caractère suffisant d'une motivation ne se confond pas avec son bien-fondé. En l'espèce, le préfet a visé des textes dont il a pensé devoir faire application et fait état d'éléments de fait qu'il a cru pouvoir retenir. Il a donc satisfait aux exigences du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré d'une insuffisante motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation est étayé par les allégations selon lesquelles l'intéressé est un militant du HDP, ce qui relève d'une situation particulière justifiant ses craintes de se voir infliger des traitements inhumains et dégradants au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Mais le litige porte sur la remise aux autorités hollandaises afin qu'elles examinent la légitimité de ses craintes, et, sauf à imaginer que les Pays-Bas sont un Etat où des traitements inhumains et dégradants sont infligés aux demandeurs d'une protection internationale, ce à quoi le présent tribunal ne peut pas se résoudre, il ne peut être admis que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A.

6. En quatrième lieu, M. A invoque les dispositions de l'article 13 du règlement (UE) n° 604/2013 et fait valoir qu'il est présent depuis plus de cinq mois sur le territoire, ce qui a pour conséquence d'obliger la France à instruire sa demande de protection internationale. Or, aux termes de ces dispositions : " 1. Lorsqu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, du présent règlement, notamment des données visées au règlement (UE) n°603/2013, que le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d'un Etat membre dans lequel il est entré en venant d'un Etat tiers, cet Etat membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. Cette responsabilité prend fin douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière. / 2. Lorsqu'un Etat membre ne peut pas, ou ne peut plus, être tenu pour responsable conformément au paragraphe 1 du présent article et qu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, que le demandeur qui est entré irrégulièrement sur le territoire des Etats membres ou dont les circonstances de l'entrée sur ce territoire ne peuvent être établies a séjourné dans un Etat membre pendant une période continue d'au moins cinq mois avant d'introduire sa demande de protection internationale, cet Etat membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. / Si le demandeur a séjourné dans plusieurs Etats membres pendant des périodes d'au moins cinq mois, l'Etat membre du dernier séjour est responsable de l'examen de la demande de protection internationale ". Ces dispositions ne sont pas applicables à la situation de M. A qui a régulièrement franchi la frontière des Pays-Bas, puisqu'il y est entré muni d'un visa délivré par les autorités de ce royaume. Le moyen est inopérant et doit être écarté.

Sur l'injonction :

7. Il ne se déduit de ce qui précède nulle nécessité d'enjoindre à l'État d'examiner la demande d'asile de M. A, de lui délivrer une attestation de demande d'asile ainsi que le formulaire à remettre à l'office français de protection des réfugiés et des apatrides sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir.

Sur les frais et dépens :

8. M. A ne l'emporte pas au procès. Il n'est pas fondé à demander que les frais en soient mis à la charge de l'Etat, et par ailleurs, il ne fait état d'aucuns dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

Le magistrat désigné,La greffière,

F. COQUETC. PETIT

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions