mercredi 27 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201499 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, Mme C A, représentée par l'AARPI Ad'Vocare, Me Bourg, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé afférent à sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) d'ordonner la liquidation de l'astreinte fixée par l'ordonnance n° 2201300 du juge des référés du tribunal du 30 mai 2022 et de condamner l'État à lui verser la somme correspondante ;
4°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'existence d'une mesure initialement ordonnée est remplie eu égard aux ordonnances n° 2201047 du 25 mai 2022 et n° 2201300 du 30 juin 2022 enjoignant au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer le récépissé de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
- la condition tenant à l'existence d'un élément nouveau est remplie dès lors que l'injonction prononcée par le juge des référés n'a pas été exécutée, le récépissé étant délivré sur un fondement erroné et l'autorisation de travail étant mentionnée à titre accessoire ;
- la mesure demandée est nécessaire au regard de sa situation précaire en tant qu'elle fait l'objet d'une procédure d'expulsion locative ;
- il y a lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte dès lors que l'injonction prescrite par le juge des référés n'a pas été exécutée.
Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2022, Mme A déclare se désister purement et simplement de ses conclusions à fin de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour et maintient ses autres conclusions.
Elle soutient que :
- elle s'est retrouvée dans une situation précaire dès lors qu'en l'absence de délivrance d'un récépissé de sa demande de titre de séjour, le tribunal judiciaire a constaté la résiliation de son bail et ordonné son expulsion par une décision du 7 juillet 2022 ;
- la somme définitive pour la liquidation de l'astreinte devra être comptabilisée jusqu'au 21 juillet inclus, date de réception du récépissé sollicité ;
- les circonstances particulières de l'espèce justifient que soit mis à la charge du préfet du Puy-de-Dôme les frais de l'instance.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire.
Mme A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 5 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique, tenue le 26 juillet 2022 à 11 heures, en présence de Mme Humez, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu les observations de Me Bourg, représentant Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante congolaise, est entrée sur le territoire français le 30 juillet 2015 sous couvert d'un visa long séjour mention " étudiant " valable du 15 juillet 2015 au 15 juillet 2017 renouvelé jusqu'en 2020. À défaut de progression suffisante dans le cadre de ses études supérieures, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de renouveler son titre de séjour par un arrêté du 24 juillet 2020. Mme A a sollicité du préfet du Puy-de-Dôme la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français le 2 avril 2022. Par une première ordonnance n° 2201047 du 25 mai 2022, le juge des référés du tribunal a enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de délivrer à l'intéressée un récépissé de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Par une deuxième ordonnance n° 2201300 du 30 juin 2022, le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a constaté que cette injonction n'avait pas été exécutée et a modifié les mesures ordonnées en assortissant l'injonction d'une astreinte de 300 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance et a enjoint l'État au versement de 500 euros à Mme A au titre de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 25 mai 2022. Le 4 juillet 2022, Mme A s'est vue délivrer un récépissé ne lui donnant pas droit à travailler. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, d'une part, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer le récépissé sollicité en assortissant l'injonction prononcée d'une astreinte de 300 euros par jour de retard à défaut de son exécution dans un délai de 24 heures à compter de la présente ordonnance et, d'autre part, d'ordonner la liquidation de l'astreinte fixée par l'ordonnance du 30 juin 2022.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le désistement partiel :
4. Le 21 juillet 2022, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Puy-de-Dôme a délivré à Mme A un récépissé de sa demande de titre de séjour. Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2022, Mme A déclare se désister purement et simplement de ses conclusions à fin de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour. Ce désistement est pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions tendant à la liquidation de l'astreinte :
5. Aux termes de l'article L. 911-6 du code de justice administrative : " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts ". Aux termes de l'article L. 911-7 du même code : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-7 de ce code : " A compter de la date d'effet de l'astreinte prononcée, même à l'encontre d'une personne privée, par le tribunal administratif ou la cour administrative d'appel, le président de la juridiction ou le magistrat qu'il désigne, après avoir accompli le cas échéant de nouvelles diligences, fait part à la formation de jugement concernée de l'état d'avancement de l'exécution de la décision. La formation de jugement statue sur la liquidation de l'astreinte ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-13 du même code : " L'ordonnance prend effet à partir du jour où la partie qui doit s'y conformer en reçoit notification ".
6. La liquidation de l'astreinte à laquelle procède le juge des référés se rattache à la même instance contentieuse que celle qui a été ouverte par la demande d'astreinte dont elle est le prolongement procédural. Dès lors, il appartient au juge des référés qui a assorti d'une astreinte l'injonction faite à l'une des parties, de statuer sur les conclusions tendant à ce que cette astreinte soit liquidée. Il peut procéder à cette liquidation soit d'office, soit à la demande d'une autre partie s'il constate que les mesures qu'il avait prescrites n'ont pas été exécutées. Le juge de l'exécution, saisi aux fins de liquidation d'une astreinte précédemment prononcée, peut la majorer, ou au contraire la modérer ou la supprimer, même en cas d'inexécution constatée, compte tenu notamment des diligences accomplies par l'administration en vue de procéder à l'exécution de la chose jugée.
7. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de la notification de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 30 juin 2022, le récépissé de demande de titre de séjour de la requérante a été édité le jour même, et a été délivré à l'intéressée le 4 juillet 2022. Le récépissé ainsi délivré ne permettait pas à Mme A de travailler, en méconnaissance des motifs de l'ordonnance du 30 juin 2022. Toutefois, à la suite de l'introduction de la présente requête, l'administration a édité un nouveau récépissé le 18 juillet 2022 délivré le 21 juillet 2022 à l'intéressée lui donnant droit de travailler. Par suite, l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant exécuté les mesures précédemment ordonnées par le juge des référés. Dès lors, il n'y a pas lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte provisoire prononcée par cette même ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 900 euros à verser à Me Bourg, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bourg renonce à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'État.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de Mme A à fin d'injonction, sous astreinte, de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français.
Article 3 : L'État versera à Me Bourg une somme de 900 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Fait à Clermont-Ferrand, le 27 juillet 202Le juge des référés,
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026