lundi 1 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201520 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juillet 2022, M. A C, représenté par Me David, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 27 juin 2022 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a décidé la prolongation de son placement à l'isolement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3600 euros, soit au profit de son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 si l'aide juridictionnelle lui est accordée, soit à son profit sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordée.
Il soutient que :
- Sur l'urgence :
* cette condition est remplie dès lors que cette décision est injustifiée, qu'elle a des conséquences irréversibles sur son état physique et psychique, et que son comportement illustre la dégradation de sa santé mentale et la difficulté à avoir des contacts humains et à vivre en société ;
* dès lors qu'une présomption d'urgence existe en matière d'isolement sauf à ce que l'administration fasse valoir des circonstances particulières, il est nécessaire d'organiser une audience ;
- Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
* la décision litigieuse a été signée par une autorité incompétente ;
* elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire ;
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 213-18 du code pénitentiaire ;
* elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 213-30 du code pénitentiaire ;
* elle est entachée d'une erreur de droit ;
* elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les conditions d'urgence et de doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ne sont pas remplies.
M. C a formé une demande d'aide juridictionnelle le 7 juillet 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 juillet 2022 sous le numéro 2201521 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée ;
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné M. DEBRION, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 28 juillet 2022 à 10h30, en présence de Mme Batisse, greffière d'audience, et à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées, M. DEBRION a lu son rapport.
En application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, le juge des référés a informé les parties qu'il différait la clôture de l'instruction au 29 juillet 2022 à 12h00.
Une note en délibéré, présentée par M. A C, représenté par Me David, a été enregistrée le 29 juillet 2022 à 12h41.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".
2. Le 7 juillet 2022, M. C a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Par conséquent, en raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. M. C, écroué depuis le 6 novembre 1995, est incarcéré au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure depuis le 13 juin 2022. Par la présente requête, il sollicite du juge des référés la suspension de l'exécution de la décision du 27 juin 2022 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a décidé la prolongation de son placement à l'isolement
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. Aucun des moyens soulevés par M. C n'est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 27 juin 2022 portant prolongation de son placement à l'isolement.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, qu'il convient de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par M. C. Par voie de conséquence, les conclusions que le requérant présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Clermont-Ferrand, le 1er août 2022.
Le juge des référés,
J.-M. DEBRION
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026