mercredi 27 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201542 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP MOINS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2022, le maire de la commune de Saint-Bonnet-de-Condat, représenté par Me Méral, demande au tribunal :
1°) de prononcer la démission d'office de M. A C de ses fonctions de membre du conseil municipal ;
2°) de mettre à la charge de M. C la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- M. C a refusé de participer à la tenue d'un bureau de vote lors des élections départementales, présidentielles et législatives en l'absence de motif valable ;
- un rappel de son obligation de participer à la tenue d'un bureau de vote lui a été adressé par courrier, dont il a accusé réception le 24 mai 2022 ;
- M. C a refusé le pli du courrier recommandé portant convocation à la tenue d'un bureau de vote les 12 et 19 juin 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2022, M. A C, représenté par Me Moins, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du maire de Saint-Bonnet-de-Condat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable comme tardive ;
- il ne peut être considéré comme démissionnaire au sens des dispositions du code général des collectivités territoriales dès lors qu'il dispose d'excuses valables à son absence lors des scrutins en cause ;
- ni la lettre d'avertissement, ni la convocation aux scrutins ne précisent les conséquences auxquelles il s'exposerait ;
- le maire n'a pas cherché à vérifier, comme il en est d'usage, sa disponibilité lors des scrutins.
Un mémoire complémentaire de la commune de Saint-Bonnet-de-Condat a été enregistré le 18 juillet 2022, postérieurement à la clôture d'instruction, non-communiqué.
Des pièces pour M. C ont été enregistrées le 19 juillet 2022, postérieurement à la clôture d'instruction, non communiquées.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Debrion, rapporteur public,
- et les observations de Me Moins représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Le maire de la commune de Saint-Bonnet-de-Condat (Cantal) demande au tribunal de déclarer, en application des articles L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales, M. A C démissionnaire d'office de ses fonctions de membre du conseil municipal, en raison de son refus de participer à la tenue d'un bureau de vote lors des deux tours des élections législatives les 12 et 19 juin 2022.
Sur la fin de non-recevoir opposée par M. C :
2. Aux termes de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre d'un conseil municipal qui, sans excuse valable, a refusé de remplir une des fonctions qui lui sont dévolues par les lois, est déclaré démissionnaire par le tribunal administratif. / Le refus résulte soit d'une déclaration expresse adressée à qui de droit ou rendue publique par son auteur, soit de l'abstention persistante après avertissement de l'autorité chargée de la convocation. / Le membre ainsi démissionnaire ne peut être réélu avant le délai d'un an. ". Aux termes de l'article R. 2121-5 du même code : " Dans les cas prévus à l'article L. 2121-5, la démission d'office des membres des conseils municipaux est prononcée par le tribunal administratif. / Le maire, après refus constaté dans les conditions prévues par l'article L. 2121-5 saisit dans le délai d'un mois, à peine de déchéance, le tribunal administratif. () ".
3. Il résulte de l'instruction que, par un courrier recommandé du 17 mai 2022, réceptionné le 24 mai suivant, le maire de la commune de Saint-Bonnet-de-Condat, après avoir rappelé que les fonctions d'assesseur d'un bureau de vote sont prévues par la loi, a informé M. C que ledit courrier tenait lieu d'avertissement en vue de la tenue des prochains scrutins. Par lettre recommandée du 7 juin 2022, dont M. C a refusé le pli le 9 juin suivant, celui-ci a été convoqué de 10h à 12h les dimanches 12 et 19 juin pour assurer les fonctions d'assesseur aux élections législatives. Compte-tenu de l'absence de M. C lors de ces opérations électorales, la saisine de la commune, enregistrée le 12 juillet 2022 n'était pas tardive.
Sur la demande du maire de Saint-Bonnet-de-Condat :
4. Aux termes de l'article R. 44 du code électoral : " Les assesseurs de chaque bureau sont désignés conformément aux dispositions ci-après : / - chaque candidat, binôme de candidats ou chaque liste en présence a le droit de désigner un assesseur et un seul pris parmi les électeurs du département ; / - des assesseurs supplémentaires peuvent être désignés par le maire parmi les conseillers municipaux dans l'ordre du tableau puis, le cas échéant, parmi les électeurs de la commune. / Le jour du scrutin, si, pour une cause quelconque, le nombre des assesseurs se trouve être inférieur à deux, les assesseurs manquants sont pris parmi les électeurs présents sachant lire et écrire le français, selon l'ordre de priorité suivant : l'électeur le plus âgé, puis l'électeur le plus jeune. / Les assesseurs ne sont pas rémunérés ". Il résulte de ces dispositions que la fonction d'assesseur de bureau de vote, qui peut être confiée par le maire à des membres du conseil municipal, compte parmi les fonctions qui leur sont dévolues par les lois au sens de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales. Ainsi, les fonctions d'assesseur sont au nombre des fonctions visées par l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales qu'un conseiller municipal est tenu de remplir à peine d'être déclaré démissionnaire d'office par le tribunal administratif en application de l'article R. 2121-5 de ce code.
5. Il résulte de l'instruction que M. C n'a pas assuré les fonctions d'assesseur du bureau de vote de la commune pour les élections départementales, les élections présidentielles et les élections législatives. S'il indique que la demande en litige a été prise en raison de divergences quant à la gestion de la commune, il n'apporte toutefois aucun élément de nature à faire regarder son absence lors des derniers scrutins comme la résultante d'une manœuvre du maire pour ce motif. Par suite, compte-tenu de la lettre d'avertissement du 17 mai 2022 mentionnant le caractère obligatoire des fonctions d'assesseur d'un bureau de vote qui n'avait pas à préciser les conséquences d'un refus persistant à peine de nullité de cet avertissement, et en l'absence d'excuse valable justifiant son absence pour la tenue des bureaux de votes des élections législatives des 12 et 19 juin 2022, et alors qu'il n'appartenait pas au maire de mettre en place une concertation quant aux disponibilités des assesseurs, M. C doit être regardé comme s'étant abstenu de manière persistante d'exercer l'une des fonctions dévolues par la loi.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de déclarer M. C démissionnaire d'office de son mandat de conseiller municipal de la commune de Saint-Bonnet-de-Condat.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Le maire de la commune de Saint-Bonnet-de-Condat ayant agi en qualité d'agent de l'Etat, les conclusions présentées par M. C visant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être regardées comme tendant au paiement des sommes réclamées à ce titre par l'Etat. Toutefois, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de ce dernier, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. C. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du maire de la commune de Saint-Bonnet-de-Condat présentées à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est déclaré démissionnaire d'office de son mandat de conseiller municipal de la commune de Saint-Bonnet-de-Condat.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de M. C présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au ministre de l'intérieur et à M. A C.
Copie en sera adressée pour information au maire de la commune de Saint-Bonnet-de-Condat et au préfet du Cantal.
Délibéré après l'audience du 20 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Coquet, président,
Mme Bentéjac, première conseillère,
Mme Jaffré, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.
La rapporteure,
C. BENTEJAC Le président,
F. COQUET
La greffière,
J. VILLENEUVE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026