vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | LOISEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Loiseau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et d'examiner la demande de titre de séjour présentée le 16 mai 2022, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la requête est recevable dès lors que la décision attaquée ne lui a été notifiée à la bonne adresse déclarée que le 15 juin 2022 ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne s'est pas prononcé sur sa demande de titre de séjour présentée le 19 février 2021 ;
- le refus de titre de séjour, qui porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, méconnait l'article 6 5) de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour qui la fonde.
Le dossier de la requête de Mme B a été communiqué au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit d'observations en défense.
Par une ordonnance du 14 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 novembre 2022.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Panighel,
- et les observations de Me Frery, substituant Me Loiseau, avocate de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne née le 30 novembre 1996, est entrée sur le territoire français le 5 mars 2015. Elle demande au tribunal l'annulation de la décision du 12 octobre 2021 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée est intervenue après que la requérante a saisi le préfet du Puy-de-Dôme d'une demande de titre de séjour le 14 janvier 2020 sur le fondement du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. S'il ressort des pièces du dossier que l'intéressée a de nouveau saisi le préfet d'une demande de titre de séjour par courrier du 19 février 2021 de son avocate, sa demande était fondée sur les mêmes stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Si la requérante fait valoir que le préfet a commis une " erreur d'appréciation " en ne statuant pas sur cette dernière demande, d'une part, la seule circonstance que la décision attaquée ne vise pas cette demande ne saurait attester de l'absence de prise en compte par le préfet de ladite demande. D'autre part, et en tout état de cause, ainsi qu'il vient d'être dit, les deux demandes de titre de séjour présentées par la requérante étaient fondées sur les mêmes stipulations de l'accord franco-algérien. Enfin, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Puy-de-Dôme a procédé à un examen suffisant de la situation personnelle de la requérante avant de refuser de l'admettre au séjour. Par suite, le moyen tiré de l'" erreur d'appréciation " ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les lieux personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
4. Mme B se prévaut principalement de la présence en France de membres de sa famille, en particulier ses parents et sa sœur chez qui elle réside, titulaires de titres de séjour ou disposant de la nationalité française. Il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme B est entrée sur le territoire français à l'âge de dix-huit ans et aucun élément du dossier n'atteste de l'intensité des liens qu'entretenait Mme B avec ces derniers avant qu'elle ne les rejoigne sur le territoire français. Si l'intéressée se prévaut par ailleurs de l'ancienneté de son séjour en France, il ressort des termes non contestés de la décision attaquée que l'intéressée a décidé de se maintenir sur le territoire français en dépit d'une première obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 24 octobre 2016. Aucune pièce du dossier ne permet par ailleurs d'attester d'une particulière insertion de la requérante au sein de la société française qui ne justifie, à la date de la décision attaquée, que de deux inscriptions en première année de capacité de droit au titre des années 2019-2020 et 2021-2022. Enfin, la requérante, qui ne conteste pas être célibataire sans enfant, ne produit aucun élément permettant de corroborer ses allégations selon lesquelles elle serait dépourvue de toutes attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le refus de titre de séjour, qui ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, méconnait les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien.
5. En troisième lieu, Mme B n'est pas davantage fondée à soutenir, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, que le refus de titre de séjour méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est illégale. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 12 octobre 2021 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées au titre des article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
M. Bordes, premier conseiller,
M. Panighel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
Le rapporteur,
L. PANIGHEL La présidente,
S. BADER-KOZA La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026