jeudi 11 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201591 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
D une requête et un mémoire, enregistrés le 18 juillet 2022 et le 6 août 2022, M. A C, représenté D l'AARPI Ad'Vocare, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite D laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale" ;
3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 24 heures, le tout sous astreinte de 150 euros D jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il bénéficie de la présomption d'urgence dès lors que le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de renouveler son titre de séjour ; en outre, il risque d'être radié de Pôle emploi en l'absence de titre de séjour et de récépissé de demande de titre de séjour alors qu'il perçoit de cet organisme une indemnité de stage de formation professionnelle ; enfin, il risque de faire l'objet d'une mesure d'éloignement alors qu'il a une charge de famille en France ;
- s'il a reçu D voie postale un récépissé de demande de titre de séjour valable du 29 juillet au 28 octobre 2022, il n'a pas été convoqué pour retirer le titre de séjour que le préfet a décidé de lui délivrer.
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme, lequel n'a pas produit d'observations en défense.
M. C a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 18 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique, tenue le 10 août 2022 à 10h00, en présence de Mme Humez, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu les observations de Me Bourg, représentant M. C, qui reprend ses écritures.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée D la juridiction compétente ou son président ".
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence, compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. M. C demande la suspension de l'exécution de la décision implicite D laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de renouveler son titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale" valable du 1er avril 2021 au 31 mars 2022. La condition d'urgence doit, dans cette situation, être en principe constatée ainsi qu'il vient d'être dit au point 4. Le préfet du Puy-de-Dôme a produit en cours d'instance un récépissé de demande de carte de séjour valable du 29 juillet 2022 au 28 octobre 2022 délivré à M. C ainsi que des informations extraites le 28 juillet 2022 de l'application " AGDREF " faisant état d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 26 juillet 2022 au 25 juillet 2024 en " attente ". Toutefois, et d'une part, la circonstance que le requérant a obtenu, à la suite d'une demande de titre de séjour, un récépissé ne prive pas d'objet la demande de suspension du refus de renouveler son titre de séjour. D'autre part, s'il est fait mention, dans ce document, d'un titre de séjour en attente, il ressort également des mentions de ce même document qu'aucune décision n'a été prise sur la demande de renouvellement du titre de séjour de M. C. Enfin, M. C fait valoir à l'audience qu'il n'a pas été convoqué pour l'éventuelle remise de ce titre de séjour. Dans ces conditions, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
6. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation sont de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède que les conditions dans lesquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative permettent de prononcer une mesure de suspension sont réunies. Il y a lieu, D suite, de faire droit aux conclusions du requérant aux fins de suspension de l'exécution de la décision implicite D laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de renouveler son titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
8. Il n'y a pas lieu d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de délivrer à M. C un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dès lors que l'intéressé s'est vu délivrer un tel récépissé valable jusqu'au 28 octobre 2022 ainsi qu'il a été dit au point 5. En revanche, la présente ordonnance implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer la demande de titre de séjour de M. C dans un délai d'un mois à compter de sa notification. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. D suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que l'AARPI Ad'Vocare, avocat de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à l'AARPI Ad'Vocare de la somme de 1000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros sera versée à M. C.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision implicite D laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de renouveler la carte de séjour temporaire de M. C est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que l'AARPI Ad'Vocare renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à l'AARPI Ad'Vocare, avocat de M. C, une somme de 1000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros sera versée à M. C.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au préfet du Puy-de-Dôme.
Fait à Clermont-Ferrand, le 11 août 2022.
Le juge des référés,
L. B
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026