vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201628 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | CHAUTARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Chautard, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 28 juin 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une carte de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de vingt euros par jour de retard et de lui délivrer, dans le délai de sept jours, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de cinquante euros par jour de retard et de lui délivrer, dans le délai de sept jours, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour est intervenue le 13 novembre 2021 en vertu des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet du Puy-de-Dôme a méconnu l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ne statuant pas sur sa demande de titre de séjour dans un délai raisonnable ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation dès lors qu'il ne s'est pas interrogé sur le fait qu'elle remplissait les conditions prévues à l'article L. 435 alinéa 2 pour être admise au séjour ;
- en ne lui accordant qu'un délai de départ volontaire de trente jours, le préfet du Puy-de-Dôme a commis une erreur de droit dès lors qu'il appartient à l'administration de motiver les raisons pour lesquelles un délai supérieur au délai de trente jours n'est pas accordé.
La requête de Mme A a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 14 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 novembre 2022.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention d'établissement entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République gabonaise du 11 mars 2002 ;
- l'accord du 5 juillet 2007 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République gabonaise relatif à la gestion concertée des flux migratoire et au co-développement ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Panighel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante gabonaise née le 20 décembre 1987, est entrée en France le 10 octobre 2008 en possession d'un visa de long séjour afin de poursuivre ses études en France. Elle a bénéficié, à ce titre, de la délivrance d'un titre de séjour renouvelé jusqu'au 31 décembre 2019. Mme A s'est ensuite vue délivrer une autorisation provisoire de séjour valable du 18 novembre 2019 au 17 août 2020 en vertu de l'article 2.2 de l'accord franco-gabonais du 5 juillet 2007 afin qu'elle complète sa formation par une première expérience professionnelle. Cette autorisation provisoire de séjour a été renouvelée jusqu'au 4 mai 2021. Le 13 juillet 2021, elle a demandé le renouvellement de cette autorisation provisoire de séjour. Par un arrêté du 28 juin 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme A demande au tribunal d'annuler les décisions lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
2. En premier lieu, si la requérante fait valoir qu'une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est intervenue avant les décisions expresses contestées en vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décider, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. () ".
4. Mme A ne peut utilement soutenir que les décisions attaquées auraient été prises en méconnaissance de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au motif que sa demande de titre de séjour n'a pas été examinée dans un délai raisonnable, la procédure administrative concernant les décisions de refus d'admission d'étrangers au séjour n'entrant pas, en tout état de cause, dans le champ d'application de cet article, lequel est relatif aux procédures contentieuses suivies devant les juridictions lorsqu'elles statuent sur des droits ou obligations de caractère civil ou sur des accusations en matière pénale.
5. En troisième lieu, si la requérante soutient que le préfet n'a pas examiné si elle disposait d'un droit au séjour sur le fondement de l'article " L435 al.2 " du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne ressort pas, en tout état de cause, des pièces du dossier, qu'elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement de cet article, à supposer même qu'il existe. Le préfet, qui n'était pas tenu de le faire, n'a pas examiné d'office si la requérante pouvait être admise au séjour sur un fondement distinct de celui qu'elle a invoqué au soutien de sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le refus de titre de séjour est entaché d'un examen particulier de sa situation, faute pour le préfet de ne pas avoir examiné d'office si elle pouvait prétendre à une autorisation de séjour sur un autre fondement que celui sur lequel elle a présenté sa demande de titre de séjour.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ". Dès lors que le délai de trente jours accordé à un étranger pour exécuter une obligation de quitter le territoire français constitue le délai de départ volontaire de droit commun prévu par les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'absence de prolongation de ce délai n'a pas à faire l'objet d'une motivation spécifique, distincte de celle du principe même de ladite obligation, à moins que l'étranger ait expressément demandé le bénéfice d'une telle prolongation ou ait justifié d'éléments suffisamment précis sur sa situation personnelle susceptibles de rendre nécessaire une telle prolongation.
7. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A a fait une telle demande, ni qu'elle a justifié de circonstances particulières justifiant l'octroi d'un délai supérieur à trente jours. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Puy-de-Dôme a commis une erreur de droit en ne lui accordant pas un délai supérieur à celui de trente jours qui lui a été octroyé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 28 juin 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 28 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Courret, présidente,
M. Panighel, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
Le rapporteur,
L. PANIGHEL La présidente,
C. COURRET La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026