LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2201794

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2201794

jeudi 18 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2201794
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 août 2022, et un mémoire enregistré le 17 août 2022, M. A B, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 11 août 2022, par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et l'a interdit de circulation sur le territoire pour une durée de trois ans ;

3°) d'annuler la décision du 15 août 2022 par lequel le préfet l'a assigné à résidence ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui serait refusé.

Il soutient que :

- il n'a aucune attache familiale en Espagne, bien qu'il en possède la nationalité ;

- il est en France depuis 14 ans, hébergé chez ses parents ;

- il souhaite pouvoir rester en France où réside sa famille ;

- il est en mesure de résider chez son père à l'issue de sa détention ;

- en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

*elle est disproportionnée au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que sa famille réside en France ;

*elle méconnaît l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est entachée d'erreur de fait en ce que les infractions qu'il a commises sont anciennes ;

*elle méconnait les dispositions de l'article L.234-1 et celles de l'article L.251-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que les membres de sa famille résident en France depuis plus de 14 ans, circonstance dont les services préfectoraux sont avisés ;

- en ce qui concerne l'interdiction de circulation sur le territoire français :

*elle n'est pas motivée ;

*elle est disproportionnée au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle est prononcée pour une durée de trois ans alors que sa famille réside en France ;

- en ce qui concerne l'assignation à résidence :

*elle doit être annulée par exception d'illégalité.

Le préfet du Puy-de-Dôme a communiqué des pièces le 14 août 2022 et le 16 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Trimouille, première conseillère, en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 août 2022 à 10 h 30:

- le rapport de Mme Trimouille, magistrate désignée,

- et les observations de Me Gauché, qui a repris les termes de ses écritures et a soulevé en outre le moyen tiré du défaut d'examen, dès lors que les décisions attaquées ne font pas mention de la présence de la famille de M. B en France.

Le préfet du Puy-de-Dôme n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant espagnol, a déclaré être entré en France en mars 2009. Par une décision du 11 août 2022, le préfet du Puy-de-Dôme lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai sur le fondement des dispositions de l'article L. 251-1 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, par une décision du 15 août 2022, le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4.Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société () " Aux termes de l'article L. 251-2 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 251-1 les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille qui bénéficient du droit au séjour permanent prévu par l'article L. 234-1. " Aux termes de son article L. 234-1 : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. "

5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté par le requérant, que celui-ci a été condamné à cinq reprises par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand, entre mars 2017 et août 2019, à des peines d'emprisonnement pour un total de cinq ans et neuf mois, notamment pour des faits de violences aggravées et d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit en faisant usage, le concernant, des dispositions de l'alinéa 2 de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. En deuxième lieu, si M. B se prévaut de la présence de l'ensemble des membres de sa famille sur le territoire français depuis quatorze ans, et affirme n'avoir aucune attache en Espagne, il n'apporte à l'appui de ces allégations aucun élément de nature à les établir. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen quant à sa situation familiale, ni à se prévaloir de l'article L. 251-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au motif que sa famille résiderait en France.

7. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire litigieuse.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans :

8. Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. "

9. En premier lieu, il ressort de la décision du 10 août 2022 que celle-ci vise l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne précisément les condamnations successives prononcées par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à l'encontre de M. B, le 13 mars 2017, le 10 octobre 2017, le 8 mars 2018, le 22 mars 2019 et le 13 août 2019, ainsi que les faits qui ont été retenus contre lui et les peines qui ont été prononcées. La décision préfectorale précise également qu'il est célibataire et sans charge de famille, ce qu'il ne conteste pas. Dès lors qu'elle comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français serait dépourvue de motivation.

10. En second lieu, si M. B soutient que la durée de trois ans prévue par la décision litigieuse est disproportionnée au regard de la présence de sa famille en France et ainsi méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'établit aucunement, ainsi qu'il a été dit au point 4, son allégation aux termes de laquelle ses parents, ses frères et ses sœurs résideraient de façon habituelle en France. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

11. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français en litige.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

12. En conséquence de ce qui a été dit aux points précédents, M. B ne saurait se prévaloir de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire et interdiction de circulation pour demander l'annulation de la décision portant assignation à résidence.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de M. B ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

14. L'Etat n'étant pas la partie perdante, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme demandée par M. B sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi de 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 août 2022.

Le magistrat désigné,

C. TRIMOUILLE Le greffier,

C. HUMEZ

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions