mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201981 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 septembre 2022, M. C A, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 13 mai 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixé le pays de renvoi ;
3°) d'annuler la décision du 15 septembre 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
4°) d'annuler la décision du 15 septembre 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pendant une durée de 45 jours ;
5°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois et, dans l'attente, de lui remettre un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir ;
6°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
7°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au profit de son avocate sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La requête est recevable, en particulier ses conclusions dirigées contre les décisions du 13 mai 2022 qui ne lui ont été régulièrement notifiées que le 15 septembre 2022 à l'issue de sa retenue administrative.
Les décisions en litige sont insuffisamment motivées.
Le refus de titre de séjour :
- est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas justifié de la saisine pour avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), ni du nom du médecin instructeur chargé de la rédaction du rapport médical, ni de la date de transmission de ce rapport, ni du fait que ce médecin instructeur n'aurait pas siégé au sein du collège de médecins de l'OFII ;
- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
L'obligation de quitter le territoire français :
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;
- est entachée d'un défaut d'examen compte tenu de la nouvelle pathologie diagnostiquée le 13 septembre 2022 qui l'empêche de voyager dans l'attente d'examens complémentaires ;
- méconnaît l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La décision fixant le pays de renvoi :
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- méconnaît les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
L'interdiction de retour sur le territoire français :
- est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- méconnaît l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur de droit.
La décision l'assignant à résidence :
- est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- est entachée d'erreur de droit et méconnaît l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête et le mémoire présentés pour M. A ont été communiqués au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 19 septembre 2022 à 14 h 15, en présence de Mme Humez, greffière d'audience, à laquelle le préfet du Puy-de-Dôme n'était ni présent ni représenté :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Bourg, représentant M. A, qui soutient que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 13 mai 2022 sont recevables dès lors que cette décision n'a été notifiée que le 15 septembre 2022 à l'adresse de M. A, que le refus de titre de séjour est entaché d'un vice de procédure en l'absence de production de l'avis du collège de médecins de l'OFII par le préfet du Puy-de-Dôme, que l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour qui la fonde, que la décision fixant le pays de renvoi, l'interdiction de retour sur le territoire français et l'assignation à résidence sont illégales du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français qui les fonde, que l'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que l'assignation à résidence méconnaît l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, de nationalité guinéenne, est entré sur le territoire français le 8 décembre 2019. Le 12 juillet 2021, il a demandé au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour en raison de son état de santé. Par une décision du 13 mai 2022, adressée à son ancienne domiciliation en dépit de l'information relative à sa nouvelle domiciliation faite par courrier reçu le 9 mars 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixé le pays de renvoi. Par deux décisions du 15 septembre 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a, d'une part, prononcé à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et, d'autre part, assigné l'intéressé à résidence pour une durée de 45 jours. M. A demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur l'étendue du litige :
4. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur ce territoire prises à son encontre, les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination ainsi que la décision d'assignation à résidence doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative ou assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui relève de la compétence de la formation collégiale du tribunal administratif.
5. En l'espèce, en raison de la mesure d'assignation à résidence prononcée à l'encontre de M. A par décision du préfet du Puy-de-Dôme du 15 septembre 2022, il y a lieu pour le juge compétent au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions du 13 mai 2022 obligeant l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination ainsi que sur celles tendant à l'annulation des décisions du 15 septembre 2022 d'interdiction de retour sur le territoire français et d'assignation à résidence. En revanche, les conclusions à fin d'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ainsi que les conclusions à fin d'injonction et au titre des frais d'instance qui y sont liées demeurent de la compétence de la formation collégiale du tribunal.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
6. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.
7. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprenant les dispositions de l'article L. 313-11 du même code: " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code, reprenant les dispositions de l'article R. 313-22 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code, reprenant les dispositions de l'article R. 313-23 dudit code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code, reprenant les dispositions de l'article R. 313-23 de ce code : " () Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ". En outre, aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ".
8. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
9. Il ne résulte d'aucune de ces dispositions, non plus que d'aucun principe, que l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ou l'arrêté préfectoral refusant le séjour au titre de ces mêmes dispositions devrait porter mention du nom du médecin qui a établi le rapport médical, prévu par l'article R. 313-22, qui est transmis au collège de médecins de l'Office.
10. Il résulte également de la combinaison des dispositions citées au point 7 que la régularité de la procédure implique, pour respecter les prescriptions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que les documents soumis à l'appréciation du préfet comportent l'avis du collège de médecins et soient établis de manière telle que, lorsqu'il statue sur la demande de titre de séjour, le préfet puisse vérifier que l'avis au regard duquel il se prononce a bien été rendu par un collège de médecins tel que prévu par l'article L. 311-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont les dispositions ont été reprises à l'article L. 425-9 du même code. L'avis doit, en conséquence, permettre l'identification des médecins dont il émane. L'identification des auteurs de cet avis constitue ainsi une garantie dont la méconnaissance est susceptible d'entacher l'ensemble de la procédure. Il en résulte également que, préalablement à l'avis rendu par ce collège de médecins, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, doit lui être transmis et que le médecin ayant établi ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet. En cas de contestation devant le juge administratif portant sur ce point, il appartient à l'autorité administrative d'apporter les éléments qui permettent l'identification du médecin qui a rédigé le rapport au vu duquel le collège de médecins a émis son avis et, par suite, le contrôle de la régularité de la composition du collège de médecins.
11. En l'espèce, le préfet du Puy-de-Dôme, qui n'a pas produit d'observations en défense, n'a pas davantage produit d'éléments permettant l'identification du médecin qui a rédigé le rapport médical, en particulier l'avis du collège qui a été rendu, selon les termes de la décision du 13 mai 2022, le 7 décembre 2021, ni le rapport au vu duquel le collège de médecins de l'(OFII) a émis cet avis. Dès lors, il n'est pas établi que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège de médecins. Dans ces conditions, cet avis doit être regardé comme étant intervenu en méconnaissance des dispositions des articles R. 425-11 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce vice de procédure ayant privé M. A d'une garantie, ce dernier est par suite fondé à soutenir que le refus de titre de séjour du 13 mai 2022 est illégal.
12. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que la décision du 13 mai 2022 l'obligeant à quitter le territoire français, qui trouve son fondement dans une décision de refus de titre de séjour illégale, doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés à l'encontre de cette décision. Doivent également être annulés, par voie de conséquence, les décisions du 13 mai 2022 lui accordant un délai de départ volontaire de 30 jours et fixant le pays de renvoi ainsi que les décisions du 15 septembre 2022 l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'assignant à résidence pour une durée de 45 jours.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
13. L'annulation des décisions obligeant M. A à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, fixant le pays de renvoi, l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'assignant à résidence pour une durée de 45 jours implique, eu égard aux moyens retenues après examen de tous les autres moyens, qu'il soit enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de procéder au réexamen de la situation du requérant dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours.
14. En outre, l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an implique également et nécessairement la suppression du signalement de M. A dans le système d'information Schengen aux fins de non-admission. Il y a lieu d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme d'y procéder dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bourg, conseil de M. A, d'une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de la renonciation par cet avocat à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 13 mai 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A ainsi que les conclusions accessoires à cette demande d'annulation sont renvoyées devant une formation collégiale.
Article 3 : Les décisions du 13 mai 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a obligé M. A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi sont annulées.
Article 4 : Les décisions du 15 septembre 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a interdit M. A de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours sont annulées.
Article 5 : Il est enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours.
Article 6 : Il est enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de procéder à la suppression du signalement de M. A dans le système d'information Schengen aux fins de non-admission dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 7 : L'Etat versera à Me Bourg la somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que M. A soit définitivement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle et que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
Le rapporteur,
L. B
La greffière,
C. HUMEZ La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026