lundi 17 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202147 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP BORIE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2022, M. B A, représenté par la SCP Borie et associés, Me Kiganga, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale" dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou de procéder à un nouvel examen de sa situation et lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de ce jugement sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 700 euros au profit de son avocat au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête, enregistrée dans le délai de recours contentieux, est recevable ;
- le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sont entachés d'erreur de droit ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet du Puy-de-Dôme, qui n'a pas examiné sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a commis une erreur de droit ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par ordonnance du 20 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 mars 2023.
Un mémoire en défense, présenté par le préfet du Puy-de-Dôme, a été enregistré le 3 juillet 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 septembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Panighel,
- et les observations de Me Kiganga représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant marocain né le 10 octobre 1992, est entré sur le territoire français le 23 septembre 2017 muni d'un visa de long séjour. Il s'est vu délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 18 octobre 2018 au 17 octobre 2019. Ce titre de séjour a été renouvelé jusqu'au 18 novembre 2020. Par une décision du 22 juin 2022, dont il demande l'annulation, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré sur le territoire français en septembre 2017 pour poursuivre ses études et s'est vu délivrer, sur ce fondement, un titre de séjour portant la mention " étudiant " renouvelé jusqu'au 18 novembre 2020. Il se prévaut de la relation qu'il entretient avec une ressortissante française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité (PACS) le 12 janvier 2021. Toutefois, la seule production d'un courriel de confirmation de réservation d'un hôtel établi le 28 février 2019, d'un billet de bus du 22 juillet 2020 et de billets d'avion en août 2020 ne permet pas d'attester la réalité de ses dires selon lesquels il vit en concubinage avec sa partenaire depuis 2019. M. A ne se prévaut d'aucun autre lien qu'il est susceptible d'avoir noué sur le territoire français. Il n'allègue pas être dépourvu de toutes attaches dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le requérant, qui n'a validé sa troisième année de licence qu'à l'issue de sa troisième inscription à cette formation au terme de l'année universitaire 2019-2020, n'a pas poursuivi d'études en 2020-2021, et s'est inscrit en première année de master informatique au titre des deux années universitaires 2021-2022 et 2022-2023, serait particulièrement inséré au sein de la société française. Dans ces conditions, compte tenu en particulier du caractère récent à la date de la décision attaquée de la relation dont il se prévaut, M. A n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur de droit doit par suite être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que M. A, qui affirme d'ailleurs que sa demande d'inscription en première année de Master informatique a été refusée au titre de l'année universitaire 2020/2021, a présenté, le 15 janvier 2021, après l'expiration de son titre de séjour " étudiant " et trois jours après la conclusion de son PACS, une demande de délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale ". Le requérant l'a lui-même indiqué dans un courrier du 13 avril 2022 adressé au préfet du Puy-de-Dôme. Par ailleurs, il ne saurait être regardé, à travers les termes de ce dernier courrier par lequel il a seulement informé le préfet de la nécessité de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour afin qu'il puisse effectuer un stage dans le cadre de ses études, comme ayant effectivement saisi ce dernier d'une demande de titre de séjour " étudiant " sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur de droit en n'examinant pas la prétendue demande de titre de séjour qu'il aurait présentée sur le fondement de cet article.
5. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent, que le préfet du Puy-de-Dôme n'était pas saisi d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce dernier, qui n'était pas tenu de le faire, n'a par ailleurs pas examiné d'office si un titre de séjour pouvait être délivré au requérant sur ce fondement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté comme inopérant.
6. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Les conclusions aux fins d'annulation de cette décision doivent par suite être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Courret, présidente,
M. Bordes, premier conseiller,
M. Panighel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2023.
Le rapporteur,
L. PANIGHEL La présidente,
C. COURRET La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026