mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202230 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 et 25 octobre 2022, M. D B, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui communiquer le dossier administratif en sa possession ;
3°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2022 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois ;
4°) d'annuler la décision du 19 octobre 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours avec l'obligation de se présenter aux services de police tous les jours de la semaine ;
5°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
6°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ;
7°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;
- il est exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants et sa situation relève des articles L. 711-1 et L. 712-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour de plein droit, en application de la jurisprudence Diaby ;
S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est illégale dès lors qu'il n'est pas démontré qu'il présente un risque de se soustraire à la mesure d'éloignement.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant assignation à résidence :
- elle a été prise par une autorité qui n'avait pas la compétence territoriale pour ce faire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet du Puy-de-Dôme ne lui a pas remis les documents prévus à l'article L. 561-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ses droits à la défense n'ont pas été respectés dès lors que le préfet du Puy-de-Dôme ne l'a pas préalablement informé qu'il envisageait de l'assigner à résidence ;
- elle méconnaît l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable ;
- le préfet du Puy-de-Dôme a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a été assigné à résidence dans le département du Puy-de-Dôme alors qu'il réside dans le département de la Seine-Saint-Denis.
Des pièces produites par le préfet du Puy-de-Dôme, ont été enregistrées le 25 octobre 2022.
Vu les pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a désigné Mme Jaffré première conseillère, pour statuer sur ce litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 26 octobre 2022 à 11h30, en présence de Mme Petit, greffière :
- le rapport de Mme Jaffré, première conseillère ;
- et les observations de Me Bourg, avocate de M. B, assisté par téléphone par M. A, interprète en langue bengalie. Le requérant soutient que l'ensemble des décisions prises l'ont été par une autorité administrative territorialement incompétente, dès lors qu'il n'a jamais résidé en Auvergne. Par ailleurs, sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier, du fait de ses difficultés linguistiques.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant bangladais, est entré en France, selon ses déclarations en 2015 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 18 septembre 2015 et par la Cour nationale du droit d'asile le 13 avril 2016. Il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 22 janvier 2020. Dans le cadre d'une enquête diligentée à l'encontre d'un restaurant de Clermont-Ferrand pour des faits d'emploi d'étranger sans titre de travail, M. B a été interpellé et placé en retenue administrative le 18 octobre 2022 par les services de la police aux frontières de Clermont-Ferrand. Par un arrêté du 19 octobre 2022, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Par une décision du même jour, le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours avec l'obligation de se présenter aux services de police tous les jours de la semaine. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, il y a lieu de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux :
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier et en particulier des procès-verbaux de police dressés le 18 octobre 2022 à Aulnat, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que M. B a été interpellé dans un restaurant de Clermont-Ferrand alors qu'il travaillait pour ce restaurant. L'intéressé a déclaré être employé depuis sept ou huit mois dans ce restaurant et y être hébergé. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que n'ayant pas quitté la région parisienne, le préfet du Puy-de-Dôme n'était pas territorialement compétent pour édicter les mesures litigieuses.
5. D'autre part, M. Laurent Lenoble, secrétaire général de la préfecture du Puy-de-Dôme et signataire de la décision contestée, disposait, en vertu d'un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 21 avril 2022, régulièrement publié le 22 avril suivant, d'une délégation à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans ce département à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ".
8. La décision d'éloignement litigieuse cite le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les décisions de rejet relatives aux demandes d'asile de M. B. Par ailleurs, cette décision mentionne les éléments de sa situation familiale et les circonstances de son séjour en France. Par suite, la décision d'obligation de quitter le territoire français attaquée énonce les éléments de fait et de droit qui la fondent et est ainsi suffisamment motivée.
9. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des énonciations de l'arrêté attaqué, que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B qui a pu décrire sa situation avec précision lors de son audition par les officiers de police judiciaire le 18 octobre 2022 grâce à l'assistance d'un interprète.
10. En troisième lieu, indépendamment de l'énumération donnée par les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une telle mesure à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit, ou une convention internationale stipule que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'un éloignement. Aux termes de l'article L 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
11. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en 2015. Si le requérant soutient qu'il dispose de liens personnels et familiaux intense en France et qu'il n'a plus d'attache familiale effective au Bangladesh, il n'apporte aucun élément probant de nature à établir la réalité de ses allégations. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que malgré la durée de son séjour en France, le requérant ne peut pas communiquer en français. En outre, il ressort des procès-verbaux de police dressés le 18 octobre 2022 à Aulnat, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que M. B a déclaré avoir toujours de la famille au Bangladesh dont sa mère. Par suite, le requérant ne démontre pas pouvoir prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale pour ce motif.
En ce qui concerne la décision fixant un pays de renvoi :
12. Le requérant qui invoque l'application des articles L. 711-1 et L. 712-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devenus L. 511-1 et L. 512-2 de ce code doit être regardé comme invoquant la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales qui prévoit : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
13. Le requérant n'apporte aucun élément probant ni aucune précision pour étayer ses allégations relatives au risque qu'il encourt de subir des traitements inhumains et dégradants de la part des proche de sa compagne sans pouvoir obtenir la protection des autorité bengalaises, en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains doit être écarté.
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () /8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "
15. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 22 janvier 2020. Par ailleurs, le requérant a déclaré lors de son audition le 18 octobre 2022 par les autorités de police judiciaires qu'il ne disposait pas de document d'identité ni de voyage en cours de validité. Par suite, le préfet du Puy-de-Dôme pouvait en application des articles précités, considérer que le requérant présentait un risque de se soustraire à la mesure d'éloignement prise à l'encontre de l'intéressé.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois :
16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ".
17. Le requérant ne fait état d'aucune circonstances particulières justifiant que ne soit pas édictée une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :
17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".
18. L'arrêté d'assignation à résidence litigieux vise et cite le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce que l'intéressé ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Par suite, il énonce les considérations de fait et de droit qui le fonde et est, dès lors, suffisamment motivé.
19. En deuxième lieu, l'assignation litigieuse n'est pas fondée sur l'existence d'un risque que l'intéressé se soustrait à la mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il n'existerait pas un tel risque est inopérant.
20. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 732-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est remis aux étrangers assignés à résidence en application de l'article L. 731-1 une information sur les modalités d'exercice de leurs droits, les obligations qui leur incombent et, le cas échéant, la possibilité de bénéficier d'une aide au retour. ( ) ". Ces dispositions impliquent que l'auteur de la décision d'assignation à résidence porte à la connaissance de l'étranger assigné à résidence une information supplémentaire explicitant les droits et obligations de ce dernier pour la préparation de son départ. Ces dispositions imposent que l'information qu'elles prévoient soit communiquée, une fois la décision notifiée, au plus tard lors de la première présentation de la personne assignée à résidence aux services de police ou de gendarmerie. Il en résulte que l'absence de l'information ainsi prévue est sans incidence sur la légalité de la décision d'assignation à résidence contestée, laquelle s'apprécie à la date de son édiction. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 732-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui s'est substitué à l'article L. 561-2-1 du même code invoqué par le requérant, doit, dès lors, être écarté comme inopérant.
21. En quatrième lieu, il ressort des procès-verbaux de police dressés le 18 octobre 2022 à Aulnat, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que M. B a été informé de ce qu'il pourrait faire l'objet d'une mesure d'éloignement et d'assignation à résidence et a été mis à même de présenter ses observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à être entendu doit être écarté comme manquant en fait.
22. En cinquième lieu, il appartient au requérant de démontrer l'impossibilité d'exécuter une mesure d'éloignement dont il fait l'objet. En l'espèce, cette preuve n'est pas démontrée par l'intéressé qui se borne à soutenir que le préfet n'établit pas la possibilité d'exécuter la mesure d'éloignement dans un délai raisonnable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
23. En dernier lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales stipule : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
24. Comme il a été dit plus haut, le requérant ne démontre pas qu'il ne résidait pas à Clermont-Ferrand, dans le département du Puy-de-Dôme à la date de l'arrêté litigieux. Par ailleurs, le requérant ne fait état d'aucune autre circonstance qui ferait obstacle à son assignation à résidence ou à ses modalités d'exécutions. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit a fortiori être écarté.
25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête présentée pour M. B doivent être rejetées et par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2022.
La magistrate désignée,
M. C
La greffière,
C. PETIT La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.jg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026