jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2022, Mme A, représentée par Me Gauché, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Loire l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il ne pouvait être pris sur le fondement de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- à supposer qu'une substitution de base légale soit envisagée, l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut trouver à s'appliquer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, le préfet de la Haute-Loire conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Bourg, substituant Me Gauché qui a insisté sur l'erreur de droit dès lors que l'arrêté attaqué ne pouvait être pris sur le fondement de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a indiqué qu'une substitution de base légale n'était pas envisageable. Me Bourg a également soutenu que l'arrêté contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'existe aucune perspective raisonnable d'éloignement.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante albanaise, a sollicité le bénéfice de l'asile et sa demande a été rejetée le 30 mars 2022 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par un arrêté du 12 septembre 2022, le préfet de la Haute-Loire l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Par jugement n°2202127 le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté son recours contre ces décisions. Par un arrêté en date du 28 octobre 2022 le préfet de la Haute-Loire l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 dans les instances
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-40 du 23 août 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 43-2022-128, le préfet de la Haute-Loire a donné à M. Antoine Planquette, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Loire une délégation à l'effet de signer toutes décisions relevant des attributions de l'Etat dans ce département l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence, aux fins du traitement rapide et du suivi efficace de sa demande d'asile, l'étranger dont le droit au maintien a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. " et aux termes de l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
4. Il ressort des pièces des dossiers que la demande d'asile de Mme A a été rejetée par une décision de l'OFPRA du 30 mars 2022 statuant en procédure accélérée. Par suite, et en application des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le droit de la requérante de se maintenir sur le territoire français a pris fin à compter de la notification des décisions de l'OFPRA rejetant sa demande d'asile. Il est toutefois constant qu'à la date de l'arrêté contesté, le recours formé par Mme A contre la décision de l'OFPRA du 30 mars 2022 a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 24 octobre 2022. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Loire ne pouvait légalement, pour assigner Mme A à résidence, se fonder sur les dispositions précitées de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ont uniquement pour objet d'assurer un traitement rapide et un suivi efficace des demandes d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être accueilli.
5. Néanmoins, il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle a été notamment édictée au visa de l'article L. 731-1, qu'elle mentionne que Mme A a fait l'objet d'une mesure d'éloignement dont la légalité a été confirmée par un jugement du 24 octobre 2022 du tribunal administratif de Clermont-Ferrand et que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Par suite, le préfet de la Haute-Loire a également entendu se fonder sur l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité pour assigner Mme A à résidence.
6. Si l'intéressée fait valoir que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable dès lors que par lettre du 3 novembre 2022 le préfet de la Haute-Loire l'a informée de la suspension de l'exécution de sa mesure d'éloignement et que, par suite, l'arrêté du 28 octobre 2022 est entaché une erreur manifeste d'appréciation, cette circonstance, postérieure à l'adoption de l'arrêté attaqué, est toutefois sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 28 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Loire l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet de la Haute-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La magistrate désignée,
L. B La greffière,
I. SUDRE
La République mande et ordonne le préfet de la Haute-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026