LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2202490

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2202490

vendredi 13 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2202490
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 novembre 2022, M. C A, représenté par Me Bourg (AARPI Ad'Vocare), avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2022 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé d'un an son interdiction de retour sur le territoire français ;

2°) À titre principal, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à titre subsidiaire, si l'aide juridictionnelle lui est refusée, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que la décision attaquée :

- est entachée d'incompétence ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que sa situation ne constitue pas une menace grave pour l'ordre public ;

- est disproportionnée ;

- emporte des conséquences excessives sur sa vie privée et familiale en France.

Le dossier de la présente instance a été communiqué, en son intégralité, au préfet du Puy-de-Dôme, qui n'a pas présenté d'observation.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jurie, premier conseiller, pour statuer sur le litige.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jurie, magistrat désigné,

- et les observations de Me Bourg, avocate, représentant M. A qui a repris les moyens de la requête.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté en date du 21 novembre 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français à laquelle est soumise M. A, ressortissant algérien. Le requérant demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. M. A expose que la décision attaquée est entachée d'incompétence. À l'appui de ce moyen le requérant fait valoir qu'aucun arrêté de délégation de signature n'est visé par cette décision et qu'il n'est pas justifié que son signataire ait disposé d'une telle délégation.

3. Toutefois, le recours pour excès de pouvoir a pour objet, non de sommer le défendeur de justifier a priori de la légalité de la décision attaquée, mais de soumettre au débat des moyens sur lesquels le juge puisse statuer. À cet égard, le défendeur n'est tenu de verser des éléments au débat que si les moyens invoqués sont appuyés d'arguments ou de commencement de démonstration appelant une réfutation par la production d'éléments propres à l'espèce. Or, contrairement à ce qui est allégué par M. A, il ressort des mentions de l'arrêté en litige que celui-ci a été signé par délégation, par M. B et a été pris sur le fondement d'une délégation de signature datée du 21 avril 2022, conférée à cet agent, secrétaire général de la préfecture du Puy-de-Dôme, par le préfet dudit département. En outre, le requérant ne produit aucun élément tendant à corroborer, ni même d'ailleurs n'allègue, que la délégation du 21 avril 2022 ne lui serait pas opposable. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige ne peut qu'être écarté.

4. Aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai (). / Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ".

5. Il ressort des mentions de l'arrêté en litige que, pour prolonger d'un an l'interdiction de retour décidée à l'égard de M. A par arrêté du préfet de police de Paris en date du 5 décembre 2021, le préfet du Puy-de-Dôme a relevé que l'intéressé ne justifiait pas avoir exécuté l'obligation de quitter le territoire français sans délai prise à son encontre par le préfet de l'Allier le 29 janvier 2021. Le préfet du Puy-de-Dôme en a déduit, sur le fondement des dispositions précitées du 1° de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. A s'était irrégulièrement maintenu sur le territoire français malgré l'obligation de le quitter sans délai.

6. En premier lieu, cette décision se borne à porter à cinq ans la durée de l'interdiction de retour décidée à l'encontre de l'intéressé le 5 décembre 2021 par le préfet de police de Paris initialement fixée à deux ans par cette autorité, puis prolongée une première fois d'une durée de deux ans, par arrêté du préfet du Puy-de-Dôme en date du 31 août 2022. Dès lors, contrairement à ce que prétend M. A, cette prolongation n'a pas eu pour effet de porter à neuf ans la durée de son interdiction de retour.

7. En second lieu, le requérant, s'il soutient ne pas présenter un comportement constitutif d'une menace grave pour l'ordre public, ne conteste pas s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai. Or, en application des dispositions de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce motif suffisait, par lui-même et à lui seul, à fonder la mesure en litige dès lors que celle-ci ne portait pas au-delà de cinq ans la durée totale de l'interdiction de retour à laquelle M. A était soumis. Dans ces conditions la circonstance que le comportement de l'intéressé ne caractériserait pas une menace grave pour l'ordre public est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée alors, au surplus, que c'est à titre purement surabondant que le préfet du Puy-de-Dôme a retenu l'existence d'une telle menace qui, selon les dispositions de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ouvre seulement à l'administration la faculté de prolonger l'interdiction de retour au-delà d'une durée de cinq ans. Par suite, M. A ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tenant à l'absence de menace grave à l'ordre public.

8. Le requérant fait valoir que la décision attaquée est disproportionnée dans la mesure où elle a pour effet de porter à neuf années la durée totale cumulée de son interdiction de retour sur le territoire français. Toutefois, d'une part, contrairement à ce qu'il affirme la prolongation d'interdiction de retour attaquée n'a pas été décidée pour une durée de deux ans, mais d'un an. D'autre part, ainsi qu'il a été énoncé au point 8 du présent jugement, la décision en litige a pour seul effet de porter à une durée totale de cinq ans l'interdiction de retour émise à l'encontre de M. A par l'arrêté du préfet de police de Paris en date du 5 décembre 2021. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné de la mesure en litige, tel que soulevé par le requérant, ne peut qu'être écarté.

9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. A soutient qu'il a des attaches privées et familiales sur le territoire français qui ont d'ailleurs été mentionnées par l'arrêté en litige et qu'il justifie être entré en France en étant mineur, puis avoir bénéficié d'un placement à l'aide sociale à l'enfance. Toutefois, il ressort des mentions non contestées de l'arrêté attaqué que M. A a déclaré être célibataire et n'assumer aucune charge familiale et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Algérie où résident tous les membres de sa famille, à l'exception d'un frère et un cousin. En outre, aucune des pièces soumises à l'appréciation du tribunal ne tend à corroborer que l'intéressé entretiendrait des liens intenses, anciens ou stables sur le territoire français. Il suit de là que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la prolongation d'interdiction de retour édictée à l'encontre de M. A ne peut être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis par cette mesure. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'autorité préfectorale, en prolongeant son interdiction de retour pour la durée d'un an, aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 21 novembre 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre par l'arrêté du 5 décembre 2021.

Sur les frais d'instance :

12. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 que le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées sur le fondement desdites dispositions doivent, par suite, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

G. JURIE

La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2202490

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions