lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202538 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BEAUGY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Beaugy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays dans lequel il serait légalement admissible et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée d'un an ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de renouveler son attestation de demande d'asile et, à titre subsidiaire, de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", ou " étudiant ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 712-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard des risques qu'il encourt dans son pays d'origine ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 423-23 et L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il entretient des liens personnels et familiaux sur le territoire français, qu'il étudie la langue française et qu'il est affilié à une mutuelle étudiante l'ensemble de ces éléments démontrant son intégration en France.
L'ensemble de la requête a été communiqué au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Trimouille, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants du code justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Trimouille, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 6 janvier 2023, en présence de Mme Petit, greffière d'audience, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant albanais, est entré régulièrement sur le territoire français le 31 mars 2022 sous couvert d'un visa de tourisme. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 18 mai 2022, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 22 septembre 2022. Par un arrêté du 28 octobre 2022, notifié le 15 novembre 2022, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, M. B fait valoir que la décision en litige méconnait les dispositions de l'article L. 712-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard des risques qu'il encourt dans son pays d'origine.
3. Toutefois, il ne saurait utilement invoquer la méconnaissance des articles L. 712-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige n'a ni pour objet ni pour effet ni de lui refuser le bénéfice de la protection subsidiaire, qui n'entre pas dans les compétences du préfet de département, ni de le renvoyer en Albanie. Concernant l'article 8 de la convention, les circonstances qu'il ait été témoin d'un meurtre sur son lieu de travail, qu'il ait fait l'objet de menaces dans son pays d'origine et qu'en cas de retour, il risquerait d'être exposé à des atteintes graves et à des persécutions sont sans incidence sur son droit à mener une vie et familiale normale tel que prévu par ces stipulations.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. M. B soutient que le préfet du Puy-de-Dôme aurait commis une erreur de droit en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour. Toutefois, il ne ressort pas du dossier que le requérant ait sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 ou de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni que le préfet du Puy-de-Dôme ait examiné d'office sa situation au regard de ces dispositions. Au surplus, il ressort des termes mêmes de la décision en litige que le préfet a considéré que son droit à se maintenir sur le territoire avait pris fin en application des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le droit du requérant à se maintenir sur le territoire ayant pris fin, le préfet du Puy-de-Dôme était fondé, conformément aux dispositions précitées, à lui faire obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Puy-de-Dôme aurait commis une erreur de droit en lui refusant l'admission au séjour.
6. En troisième et dernier lieu, M. B soutient que le préfet du Puy-de-Dôme aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard de son intégration dans la société française, dès lors qu'il étudie la langue française et qu'il entretient des liens personnels et familiaux anciens, intenses et stables sur le territoire français.
7. Si le requérant se prévaut d'une vie en concubinage depuis le 26 août 2022 et de son inscription au sein de l'université Clermont Auvergne pour l'année universitaire 2022-2023 en vue de l'étude de la langue française, ces éléments ne sauraient suffire, malgré les témoignages qu'il produit, à démontrer qu'il entretiendrait des liens personnels et familiaux intenses, anciens et stables sur le territoire français au regard, notamment, de leur caractère récent. Par ailleurs, M. B n'établit, ni même ne soutient, avoir fixé le centre de ses intérêts privés en France et être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et ses sœurs, ainsi qu'il ressort de son dossier de demande d'asile. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Puy-de-Dôme, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant interdiction de quitter le territoire français :
8. M. B ne soulève aucun moyen au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquences, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre des entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
La magistrate désignée,
C. TRIMOUILLE La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026