LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2202759

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2202759

vendredi 13 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2202759
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantSAS HANNOTIN AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de Mme B... visant à annuler une délibération du conseil départemental de l'Allier accordant une subvention à une association. Le tribunal a jugé la requête recevable au titre de l'intérêt du contribuable, mais a estimé que la subvention, qui soutenait des actions de sensibilisation citoyenne, entrait dans le champ des compétences générales du département définies par les articles L. 1111-2 et L. 3211-1 du code général des collectivités territoriales. Il a ainsi écarté les moyens soulevés, notamment l'absence d'intérêt public et le détournement de pouvoir.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 décembre 2022 et 15 septembre 2025, ce dernier n’ayant pas été communiqué, Mme A... B..., représentée par la SAS Hannotin Avocats, demande au tribunal :

1°) d’annuler la délibération du 23 juin 2022 par laquelle le conseil départemental de l'Allier a accordé une subvention d’un montant de 15 000 euros à l’association Collectif Allier Citoyen ;

2°) d’enjoindre au département de l'Allier de récupérer la subvention versée augmentée des intérêts auprès de l’association Collectif Allier Citoyen ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Allier une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu’elle n’est pas tardive et qu’elle dispose d’un intérêt à agir en tant que contribuable départementale ;
- la délibération attaquée est illégale dès lors que le dossier de demande de subvention était incomplet en l’absence du récépissé de déclaration de l’association Collectif Allier Citoyen ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 3121-19 du code général des collectivités territoriales ;
- elle n’est pas intervenue dans le champ de compétence que la loi attribue aux départements ;
- elle est entachée d’une erreur de droit dès lors que la subvention allouée ne répond à aucun intérêt public ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation dès lors qu’elle méconnaît l’intérêt général qui s’attache au développement des énergies renouvelables, à la transition écologique et à la lutte contre le réchauffement climatique ;
- elle est entachée d’un détournement de pouvoir et de procédure ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2024, le département de l'Allier, représenté par la Selarl Philippe petit & Associés, Me Saban, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B... au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que Mme B... ne justifie pas d’un intérêt à agir ;
- les autres moyens soulevés par Mme B... ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à l’association Collectif Allier Citoyen.

Par une ordonnance du 28 août 2025 la clôture d'instruction a été fixée au 16 septembre 2025.

Un mémoire présenté par le département de l'Allier a été enregistré le 25 février 2026.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Bollon,
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public,
- et les observations de Me Cohendy, représentant le département de l'Allier.

Considérant ce qui suit :

Par une délibération du 23 juin 2022, le conseil départemental de l’Allier a accordé une subvention d’un montant de 15 000 euros à l’association Collectif Allier Citoyen en soutien de son programme prévisionnel 2022. Le 25 août 2022, Mme B... a formé un recours gracieux contre cette délibération lequel a été rejeté le 9 décembre 2022. Par la présente requête, Mme B... demande au tribunal d’annuler la délibération du 23 juin 2022.

Sur la fin de non-recevoir :

Il ressort des pièces du dossier que la délibération contestée, qui a pour objet d’accorder une subvention, a par elle-même une incidence directe sur le budget départemental, qui suffit à conférer à un requérant établissant sa qualité de contribuable départemental un intérêt pour agir. Dans ces conditions, Mme B..., qui justifie de sa qualité de contribuable départemental, doit être regardée comme justifiant d’un intérêt lui donnant qualité pour demander l’annulation de la délibération contestée du 23 juin 2022, par laquelle le département de l'Allier a attribué une subvention de 15 000 euros à l’association Collectif Allier Citoyen. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 1111-2 du code général des collectivités territoriales : « (…) les départements (…) règlent par leurs délibérations les affaires de leur compétence. / (…) / Ils concourent avec l'Etat à l'administration et à l'aménagement du territoire, au développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique, à la promotion de la santé, à la lutte contre les discriminations, à la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi qu'à la protection de l'environnement, à la lutte contre l'effet de serre par la maîtrise et l'utilisation rationnelle de l'énergie, et à l'amélioration du cadre de vie. (…). » et aux termes de l’article L. 3211-1 du même code : « Le conseil départemental règle par ses délibérations les affaires du département dans les domaines de compétences que la loi lui attribue. / Il est compétent pour mettre en œuvre toute aide ou action relative à la prévention ou à la prise en charge des situations de fragilité, au développement social, à l'accueil des jeunes enfants et à l'autonomie des personnes. Il est également compétent pour faciliter l'accès aux droits et aux services des publics dont il a la charge. / Il a compétence pour promouvoir les solidarités, la cohésion territoriale et l'accès aux soins de proximité sur le territoire départemental, dans le respect de l'intégrité, de l'autonomie et des attributions des régions et des communes. / Il contribue à la politique de sécurité sanitaire dans les conditions prévues à l'article L. 201-10-1 du code rural et de la pêche maritime. / Le président du conseil départemental est compétent pour coordonner le développement de l'habitat inclusif défini à l'article L. 281-1 du code de l'action sociale et des familles, notamment en présidant la conférence prévue à l'article L. 233-3-1 du même code, et l'adaptation des logements au vieillissement de la population. ». Selon les dispositions de l’article L. 113-8 du code de l'urbanisme : « Le département est compétent pour élaborer et mettre en œuvre une politique de protection, de gestion et d'ouverture au public des espaces naturels sensibles, boisés ou non, destinée à préserver la qualité des sites, des paysages, des milieux naturels et des champs naturels d'expansion des crues et d'assurer la sauvegarde des habitats naturels selon les principes posés à l'article L. 101-2. » En l’absence de dispositions législatives spéciales autorisant expressément le département à accorder des concours financiers, celui-ci ne peut accorder une subvention à une association qu’à la condition qu’elle soit justifiée par un intérêt public départemental.

Il ressort des pièces du dossiers que par la délibération attaquée du 23 juin 2022 le conseil départemental de l'Allier a accordé une subvention d’un montant de 15 000 euros à l’association Collectif Allier Citoyen en soutien de son programme prévisionnel 2022. Il ressort également des pièces du dossier que cette association a sollicité le versement de la subvention litigieuse par le département de l'Allier « afin de faire connaitre [son] action et d’engager des recours face aux projets [d’implantation d’éoliennes] de plus en plus nombreux » et que son budget prévisionnel 2022 hors taxe s’élevait à 17 931 euros (21 517 euros TTC) dont 17 000 euros HT devant être alloués à un « recours contre le projet de Saint-Nicolas des Biefs » et « un autre recours (à déterminer) ».

D’une part, et contrairement à ce que soutient de département de l’Allier, ce dernier ne justifie, de manière générale, d’aucune compétence propre en matière de protection de l’environnement, des paysages, d’aménagement du territoire ou de lutte contre l’effet de serre par la maîtrise et l’utilisation rationnelle de l’énergie. Par ailleurs, si l’article L. 113-8 précité du code de l’urbanisme lui confère une compétence spécifique en matière d’espaces naturels sensibles, il ne ressort pas des pièces du dossier que la subvention allouée aurait pour objet spécifique de participer à la protection ou à la gestion d’un tel espace. Ainsi, le conseil départemental de l’Allier n’était pas compétent pour adopter la délibération en litige.

D’autre part, il ressort des pièces du dossier que la subvention allouée a pour objet principal de prendre en charge des frais de justice exposés par l’association Collectif Allier Citoyen dans le cadre de recours contre des projets d’implantation d’éoliennes et n’a pas pour objet direct de répondre aux besoins de la population départementale et ne se rattache, ainsi, pas de manière suffisamment directe à un intérêt public local. Par suite, la subvention attribuée à l’association doit être regardée comme dépourvue d’intérêt départemental.

Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que Mme B... est fondée à demander l’annulation de la délibération du 23 juin 2022 accordant une subvention de 15 000 euros à l’association Collectif Allier Citoyen.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Eu égard au motif d’annulation de la délibération attaquée, le présent jugement implique nécessairement le reversement par l’association Collectif Allier Citoyen de la subvention attribuée au titre de l’année 2022 à hauteur de la somme de 15 000 euros. Il y a donc lieu, et sous réserve d’un changement dans les circonstances de droit et de fait, d’enjoindre au département de l'Allier de procéder au recouvrement de cette somme dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B..., qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le département de l'Allier demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge du département de l'Allier la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B... et non compris dans les dépens.


D E C I D E :

Article 1er : La délibération du 23 juin 2022 est annulée.

Article 2 : Sous réserve d’un changement dans les circonstances de droit et de fait, il est enjoint au département de l'Allier de procéder au recouvrement de la somme de 15 000 euros attribuée à l’association Collectif Allier Citoyen dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le département de l'Allier versera à Mme B... une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., au département de l'Allier et à l'association Collectif Allier Citoyen.



Délibéré après l'audience du 27 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,
Mme Bollon, première conseillère,
Mme Michaud, conseillère.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2026.



La rapporteure,

L. BOLLON

La présidente,

R. CARAËS

La greffière,





F. LLORACH

La République mande et ordonne au préfet de l'Allier en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions