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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2300043

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2300043

mardi 10 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2300043
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAOUNIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 janvier 2023, Mme C A, représentée par Me Aounil, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le défaut de remise d'un récépissé de demande de titre de séjour constitue une atteinte grave à ses libertés fondamentales, notamment à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle a signé un contrat d'apprentissage qui doit débuter le 9 janvier 2023 et qui ne peut être exécuté que si elle est munie d'un récépissé de demande de titre de séjour.

Le préfet du Puy-de-Dôme a produit une pièce qui a été enregistrée le 10 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 janvier 2023 à 11h, en présence de Mme Petit, greffière d'audience :

- le rapport de M. B,

- et les observations de Me Aounil, avocat de Mme A, qui a indiqué qu'il ne restait plus en litige que la question des frais d'instance dès lors que le préfet du Puy-de-Dôme a produit le récépissé de demande de titre de séjour sollicité dans le cadre de la présente instance.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A était titulaire d'une carte de séjour portant la mention vie privée et familiale qui a expiré le 13 septembre 2022. En réponse à la demande de renouvellement de sa carte de séjour qu'elle a formée le 14 juin 2022, les services de la préfecture du Puy-de-Dôme lui ont indiqué avoir réceptionné son dossier le 20 juin 2022. Ces mêmes services ont également indiqué à Mme A lui avoir envoyé un récépissé de demande de titre de séjour valable du 21 juin 2022 au 20 décembre 2022. N'ayant pas reçu ce récépissé, Mme A, par l'intermédiaire de son conseil, a sollicité à plusieurs reprises auprès des services préfectoraux la délivrance du récépissé annoncé. Ses demandes n'ayant pas permis d'obtenir le document réclamé, elle demande au juge des référés d'ordonner au préfet du Puy-de-Dôme, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Mme A n'ayant pas déposé de demande d'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de cette aide.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

5. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ".

6. Il résulte de l'instruction que le préfet du Puy-de-Dôme a, dans le cadre de la présente instance, produit le récépissé de demande de titre de séjour accordé à Mme A. Par suite, et dès lors que le conseil de la requérante a lui-même indiqué à l'audience que seule la question des frais d'instance restait en litige, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée par Mme A au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A n'est pas admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet du Puy-de-Dôme.

Fait à Clermont-Ferrand, le 10 janvier 2023.

Le juge des référés,

J-M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2300043

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