jeudi 22 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2300056 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | DOREAN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 9 janvier 2023, la présidente de la 7ème chambre du tribunal administratif de Lyon a transmis au présent tribunal la requête présentée par Mme B A.
Par cette requête, enregistrée le 23 novembre 2022, Mme A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 septembre 2022 par lequel le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a retiré l'arrêté du 9 août 2022 par lequel le préfet l'avait reclassé au 8ème échelon du grade de secrétaire administratif de l'intérieur et de l'outre-mer ;
2°) d'enjoindre au préfet de la réintégrer dans le corps des secrétaires administratifs de l'intérieur et de l'outre-mer ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme 2 100 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi et en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté n'est pas motivé ;
- il est illégal dès lors qu'elle remplissait les conditions pour bénéficier de l'avancement au grade de secrétaire administratif de classe normale en application des dispositions du décret du 11 novembre 2009 portant dispositions statutaires communes à divers corps de fonctionnaires de la catégorie B de la fonction publique de l'Etat ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que l'arrêté retiré n'était pas illégal ;
- il est illégal en l'absence de respect d'une procédure contradictoire préalable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, le ministre de l'intérieur, représenté par le cabinet Dorean Avocats, Me Dubois, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 625 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande indemnitaire préalable ;
- à titre subsidiaire, que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 décembre 2024.
Un mémoire, produit par la préfète du Rhône a été enregistré le 3 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2009-1388 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nivet,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 août 2022, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a reclassé Mme A, adjointe administrative principale de 2ème classe de l'intérieur et de l'outre-mer, dans le grade de secrétaire administrative de l'intérieur et de l'outre-mer de classe normale. Par un arrêté du 12 septembre 2022, le préfet a retiré l'arrêté du 9 août 2022. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 septembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ".
3. L'arrêté contesté du 12 septembre 2022 porte retrait de l'arrêté du 9 août 2022 qui avait reclassé la requérante dans le corps de secrétaire administratif de l'intérieur et de l'outre-mer. Il comporte les considérations de droit sur lesquelles il se fonde et indique que le retrait est motivé en raison de ce que Mme A a été proposée à l'avancement au grade d'adjoint administratif principal de 1ère classe au titre de 2022 et non à celui de secrétaire administratif. Dans ces conditions, l'arrêté en litige comporte les considérations de fait qui permettent à la requérante d'en contester le bien-fondé. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". Aux termes des dispositions de l'article 3 du décret du 11 novembre 2009 portant dispositions statutaires communes à divers corps de fonctionnaires de la catégorie B de la fonction publique de l'Etat : " Le recrutement des membres des corps mentionnés à l'article 1er intervient dans le premier grade de ces corps, dans les conditions définies à la section 1. () ". Selon les dispositions de l'article 4 dudit décret : " I. ' Les recrutements dans le premier grade interviennent selon les modalités suivantes : / 1° Par voie de concours externe / () / 2° Par voie de concours interne / () / 3° Après inscription sur une liste d'aptitude : / Peuvent être inscrits sur cette liste d'aptitude les fonctionnaires appartenant à un corps de catégorie C () justifiant d'au moins neuf années de services publics. () ".
5. Mme A soutient que l'arrêté de retrait est illégal dès lors qu'elle justifie de neuf années de services publics et remplissait ainsi les conditions prévues par les dispositions précitées pour être nommée dans un corps de catégorie B. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'elle n'a pas fait l'objet d'une inscription sur la liste d'aptitude correspondante. En conséquence, elle n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté est illégal dès lors qu'elle remplissait les conditions règlementaires requises. Le moyen tiré de ce que l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté pour les mêmes motifs.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". En application des dispositions du dernier alinéa de l'article L. 121-2 dudit code : " Les dispositions de l'article L. 121-1, en tant qu'elles concernent les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents ".
7. Il résulte de ces dispositions que le respect d'une procédure contradictoire préalable n'est pas requis dans le cadre des relations entre l'administration et ses agents. Il suit de là que Mme A ne peut utilement soutenir que les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ont été méconnues.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions qu'elle présente à fin d'indemnisation et au titre des frais du litige doivent également être rejetées.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le ministre de l'intérieur tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée, pour information, à la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
Mme Corvellec, première conseillère,
M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2025.
Le rapporteur,
C. NIVET
La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300056
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026