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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2300496

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2300496

lundi 20 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2300496
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDEMARS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 mars 2023, Mme A C B, représentée par Me Demars, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet du Loiret de lui délivrer le duplicata de sa carte de résident dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à tout le moins, de fixer une date de convocation à un rendez-vous à fin de délivrance de ce document dans les mêmes conditions de délais et d'astreinte et dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à voyager hors des frontières de l'espace Schengen dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie car elle est dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour ; elle s'expose à un risque de retenue administrative aux fins de vérification de son droit au séjour ;

- elle est dans l'impossibilité de voyager hors des frontières de l'espace Schengen sans son titre de séjour ;

- un délai d'un an s'est écoulé depuis le dépôt de sa demande, ce qui constitue un délai anormalement long créant une situation d'urgence ;

- la mesure demandée est utile dès lors qu'elle lui permettra de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et de voyager ;

- sa demande n'est pas susceptible d'aboutir dans le cadre d'un référé suspension ni d'un référé liberté ;

- l'injonction sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

- aucune contestation sérieuse ne s'oppose à la délivrance d'un duplicata de sa carte de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requérante ayant déménagé, sa demande de duplicata a été transférée à la préfecture du Puy-de-Dôme ;

- la mesure sollicitée ne présente pas un caractère d'utilité dès lors que la préfète du Loiret n'est pas compétente pour satisfaire à la demande de la requérante.

Par un mémoire, enregistré le 16 mars 2023, Mme A C B, représentée par Me Demars, demande au tribunal de mettre en cause le préfet du Puy-de-Dôme et d'enjoindre alternativement au préfet du Puy-de-Dôme ou à la préfète du Loiret de lui délivrer le duplicata de sa carte de résident.

Mme C B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 7 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B, ressortissante comorienne, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Loiret de lui délivrer un duplicata de son titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme C B réside désormais à Clermont-Ferrand, dans le département du Puy-de-Dôme, et que son dossier a été transféré à la préfecture de ce département. Elle ne saurait par suite demander aux services préfectoraux du département du Loiret un duplicata de son titre de séjour. Dans ces conditions, la demande de Mme C B ne présente pas, en l'état, un caractère d'utilité.

4. En second lieu, il ne résulte pas de l'instruction que Mme C B aurait entrepris des démarches auprès de la préfecture du Puy-de-Dôme afin d'obtenir le duplicata de son titre de séjour. Il n'y a par suite pas lieu de mettre en cause le préfet du Puy-de-Dôme.

5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, les conclusions à fin d'injonction sous astreintes présentées par Mme C B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C B et à la préfète du Loiret.

Fait à Clermont-Ferrand, le 20 mars 2023.

La présidente du tribunal,

juge des référés,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Loiret, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No2300496JC

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