vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2300538 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mars 2023, Mme C A, représentée par Me Gauché, demande au tribunal :
1°) d'ordonner la production de l'entier dossier sur la base duquel la décision en litige a été prise ;
2°) d'annuler la décision du 23 février 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et l'a contrainte à résider sur l'arrondissement de Clermont-Ferrand et à se présenter auprès des services de la DDSP du Puy-de-Dôme pendant le délai de départ volontaire ;
3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa situation en l'autorisant à déposer une demande de titre de séjour ;
4°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de deux jours à compter du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un vice de procédure ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'un défaut d'examen au regard de la naissance de sa fille ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est illégale dès lors que le préfet du Puy-de-Dôme s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de résidence et de présentation :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a transmis des pièces enregistrées le 7 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme B a lu son rapport. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 19 décembre 1995, est entrée irrégulièrement en France le 27 novembre 2021. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 11 juillet 2022, et par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 15 novembre 2022. Par une décision du 23 février 2023, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an et l'a contrainte à résider dans l'arrondissement de Clermont-Ferrand pour la durée de son départ volontaire. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions tendant à la communication de pièces par le préfet du Puy-de-Dôme :
2. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux litiges portant sur les obligations de quitter le territoire français sans délai en vertu de l'article L. 614-6 du même code : " () L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin le concours d'un interprète et la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise () ". le préfet du Puy-de-Dôme ayant produit les pièces sur lesquelles il s'est fondé pour prendre la décision en litige, la demande susvisée est dépourvue d'objet.
3. En premier lieu, Mme A soutient qu'elle n'a pas été interrogée sur sa situation personnelle et notamment sur la naissance de sa fille le 1er mars d'un père ivoirien. Toutefois, elle ne pouvait ignorer, après le rejet de sa demande d'asile, qu'elle était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Or, elle n'établit, ni même n'allègue avoir sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'elle aurait été empêchée de s'exprimer avant que ne soit prise l'obligation de quitter le territoire en litige. Alors que Mme A se déclarait encore célibataire le 5 décembre 2022 devant le médecin du centre " médecine et droit d'asile ", le préfet du Puy-de-Dôme ne pouvait, à la date de la décision attaquée prendre en considération la naissance de sa fille qui est intervenue le 1er mars 2023, soit postérieurement à la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la présence en France de la requérante est très récente, soit depuis le 27 novembre 2021 selon ses dires. En se bornant à indiquer qu'elle est la mère d'un enfant né sur le sol français, elle n'apporte aucun élément démontrant qu'elle aurait fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En troisième lieu, la demande d'asile de Mme A a été rejetée par l'OFPRA et par la Cour nationale du droit d'asile. Si l'intéressée fait valoir, à l'appui de sa requête, que sa fille, né le 1er mars 2023 soit postérieurement à la décision attaquée, encoure des risques élevés de subir une excision comme l'a subi sa mère, Mme A ne produit à l'appui de sa requête aucun élément susceptible d'établir qu'elle et sa fille seraient personnellement et actuellement exposées à des risques réels et sérieux pour leur intégrité physique en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.
6. Aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait () des tribunaux, des autorités administratives (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". La décision attaquée n'ayant ni pour objet ni pour effet de séparer l'enfant de ses parents, il n'est pas davantage justifié d'une méconnaissance de l'intérêt supérieur de cet enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être également écarté.
7. Il se déduit de tout ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire n'est pas illégale, de sorte que les décisions portant fixation du pays de destination, interdiction de retour et obligation de résidence et de présentation ne sont pas illégales par la voie de l'exception.
8. Par ailleurs, il ne ressort pas des éléments du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme se serait estimé en situation de compétence liée au regard des décisions de l'OFPRA et de la CNDA. Par suite, ce moyen dépourvu des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé sera écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige. Le rejet des conclusions à fin d'annulation entraîne, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions présentées aux fins d'injonction, d'astreinte et en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La présidente,
S. BLe greffier,
D. MORELIERE
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No2300538
eco
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026