LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2300832

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2300832

vendredi 13 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2300832
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantVAZ DE AZEVEDO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de Mme C... visant à annuler le refus préfectoral de son regroupement familial. Le tribunal a jugé que le préfet du Puy-de-Dôme, en refusant la demande au motif que la famille était déjà présente sur le territoire français, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnu le droit au respect de la vie familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 avril 2023 et 28 novembre 2025, ce dernier mémoire n’ayant pas été communiqué, Mme A... C... épouse B..., représentée par Me Vaz de Azevedo, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 20 février 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté la demande de regroupement familial sur place déposée par son époux pour elle et leur fils ;

2°) d’enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de les admettre au bénéfice du regroupement familial ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation personnelle dans un délai de trente jours à compter du présent jugement, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :
- la décision en litige est entachée d’incompétence ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux de sa situation dès lors que le préfet retient une entrée en France au 3 septembre 2022 alors qu’elle est présente sur le territoire national depuis le 1er août 2019 ; leur fils est scolarisé en France depuis le 2 septembre 2019 ; ils sont propriétaires de leur logement ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation de sa situation dès lors que les services de la préfecture l’ont dirigée à tort vers la procédure de regroupement familial sur place à l’occasion de sa demande de titre de séjour ; eu égard à sa situation personnelle et familiale, le préfet aurait pu, au titre de son pouvoir discrétionnaire, lui accorder le bénéfice du regroupement familial sur place ; le préfet ne s’est pas prononcé sur sa demande initiale de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales dès lors qu’elle est mariée depuis presque quinze ans à M. B... qui est titulaire d’un titre de séjour en France et travaille, que leur fils est scolarisé en France depuis plus de trois ans et qu’ils sont propriétaires de leur résidence principale ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l’article 3 de la convention internationale des droits de l’enfant dès lors qu’elle a pour conséquence de priver son fils de l’un de ses deux parents et alors que ce dernier a réalisé tout son cursus d’école primaire en France.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2025, le préfet du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que Mme C... ne justifie pas d’un intérêt à agir contre la décision en litige ;
- le moyens invoqués ne sont pas fondés.

La demande d’aide juridictionnelle déposée par Mme C... a été rejetée par une décision du 7 juin 2023.

Par une ordonnance du 13 novembre 2025, la clôture d’instruction a été fixée au 1er décembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de Mme Michaud.

Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant marocain résidant en France depuis novembre 2018, a déposé le 31 janvier 2023 une demande de regroupement familial « sur place » au bénéfice de son épouse, Mme A... C... épouse B..., et de leur fils. Par une décision du 20 février 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, Mme C... demande l’annulation de cette décision.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet du Puy-de-Dôme :

Mme C..., épouse de M. B..., au bénéfice de laquelle ce dernier a déposé une demande de regroupement familial, justifie d’un intérêt donnant qualité pour agir, notamment en raison de la présence de son époux en France ainsi que de leur fils mineur, contre le refus opposé à cette demande. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir, opposée à la requête par le préfet du Puy-de-Dôme, doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / (…) ».

Lorsqu’il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet est en droit de rejeter la demande dans le cas où l’intéressé ne justifierait pas remplir l’une ou l’autre des conditions légalement requises notamment, en cas de présence sur le territoire français de membres de la famille bénéficiaire de la demande. Il dispose toutefois d’un pouvoir d’appréciation et n’est pas tenu par les dispositions précitées du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit de mener une vie familiale normale tel qu’il est protégé par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Il ressort des pièces du dossier que M. B... et Mme C..., mariés depuis le 25 août 2009, ont vécu ensemble au Maroc puis, de 2012 à 2018, en Italie où est né leur fils le 28 mars 2015. M. B... est entré en France en novembre 2018 où il a été rejoint à compter du 1er août 2019 par Mme C... et leur fils. Il est présent régulièrement en France sous couvert d’un titre de séjour pluriannuel expirant le 25 août 2024 et y travaille en qualité de chef d’équipe fibre optique depuis le 19 novembre 2018 sous couvert d’un contrat de travail à durée indéterminée, emploi pour lequel il se voit verser un salaire mensuel de plus de 2 000 euros. Les époux sont propriétaires de leur maison en France acquise le 10 mars 2021. Leur fils est scolarisé sur le territoire depuis le 2 septembre 2019. Enfin, si le préfet fait valoir que la date de la dernière entrée en France de Mme C..., telle qu’elle apparaît dans l’application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France, est le 3 septembre 2022, il ressort de l’attestation de la directrice de l’école de son fils que Mme C... a accompagné et ramené ce dernier de l’école tous les jours entre le 2 septembre 2019 et le 31 août 2021. Dans ces conditions, compte tenu notamment de la durée du mariage de M. B... et Mme C... et de leur vie commune ininterrompue, en refusant d’accorder le regroupement familial au bénéfice de Mme C... et de son fils, le préfet du Puy-de-Dôme a porté une atteinte disproportionnée à leur droit de mener une vie privée et familiale en France tel que protégé par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme C... est fondée à demander l’annulation de la décision du 20 février 2023 du préfet du Puy-de-Dôme.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

L’exécution du présent jugement implique qu’il soit enjoint à la préfète du Puy‑de‑Dôme de délivrer à Mme C... et à son fils, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, un titre de séjour « regroupement familial ». Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.



Sur les frais liés au litige :

Mme C... n’a pas été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle par une décision du 7 juin 2023. Par suite et dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros qui lui sera versée en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 20 février 2023 du préfet du Puy-de-Dôme est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Puy-de-Dôme de délivrer à Mme C... et à son fils un titre de séjour « regroupement familial » dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’Etat versera à Mme C... la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C... épouse B... et à la préfète du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l’audience du 27 février 2026 à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,
Mme Bollon, première conseillère,
Mme Michaud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2026.


La rapporteure,

H. MICHAUD
La présidente,

R. CARAËS



La greffière,





F. LLORACH


La République mande et ordonne à la préfète du Puy-de-Dôme, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions