mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2300910 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MOYA AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2023, M. B C, Mme F E et M. D A représentés par Me A demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du maire de Clermont-Ferrand d'annuler les fêtes foraines de la Glacière et de Montferrand ;
2°) d'enjoindre au maire de Clermont-Ferrand d'autoriser la tenue de la fête foraine de la Glacière du 12 au 14 mai 2023 et de la fête foraine de Montferrand, place de la Rodade du 19 au 21 mai 2023 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Clermont-Ferrand la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dans la mesure où les fêtes foraines de la Glacière et de Montferrand doivent se dérouler à une date très proche, en tenant compte du montage des manèges ; ils souhaitent de nouveau exercer leur activité, suite à l'annulation de nombreux évènements intervenue dans le cadre de la crise sanitaire ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté du commerce et de l'industrie, qui constitue une liberté fondamentale ainsi qu'au principe d'égalité et de non-discrimination entre commerçants ; la décision d'annulation des deux fêtes foraines n'a pas été formalisée par un arrêté municipal ; cette décision qui n'est pas motivée est injustifiée dès lors que le maire se prévaut du contexte sanitaire pour annuler des fêtes foraines qui se sont déroulées pendant des années sans difficulté ; la réponse du maire en date du 2 mai 2023 pose des problèmes d'organisation pour que les forains puissent se repositionner sur d'autres dates et d'autres emplacements ; enfin, le maire a fait le choix de privilégier les commerçants du marché au détriment des forains.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 dudit code dispose cependant : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. La mise en œuvre de la protection juridictionnelle particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative implique qu'il soit satisfait, non seulement à la condition d'urgence inhérente à la procédure de référé, mais également que l'illégalité commise par une personne publique revête un caractère manifeste et ait pour effet de porter une atteinte grave à une liberté fondamentale.
3. Par un courrier du 27 octobre 2022, le maire de Clermont-Ferrand a informé les entreprises foraines des dates des fêtes foraines organisées pour 2023 en précisant que la fête foraine de l'ambassadrice de Montferrand (ou fête de la Rosière) et celle de la Glacière ne seraient pas reconduites. Par un courrier du 2 mai 2023, le maire de Clermont-Ferrand a rappelé les termes des échanges qui ont eu lieu durant l'année 2022 pour anticiper un changement d'organisation. Toutefois, ces deux courriers qui traduisent simplement la volonté de la commune d'adapter l'organisation des fêtes foraines sur son territoire pour l'année 2023 ne peuvent être regardés comme constituant une mesure contraignante prise par le maire. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le maire ne pouvait légalement prendre une telle mesure sans porter une atteinte manifestement illégale à la liberté du commerce et de l'industrie, au principe d'égalité et au principe de non-discrimination entre commerçants
4. Au surplus, alors que le maire de Clermont-Ferrand a formalisé la nouvelle organisation des fêtes foraines pour 2023 par un courrier du 27 octobre 2022, soit depuis plusieurs mois, en se bornant à invoquer l'imminence de la tenue des fêtes foraines concernées ainsi qu'un contexte économique difficile sans produire à l'appui de leur requête d'élément précis de justification, les requérants n'établissent aucune urgence particulière, rendant nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une décision destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C, Mme E et M. A, manifestement mal fondée et ne présentant pas un caractère d'urgence propre à justifier une intervention du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, doit être rejetée selon la modalité prévue par l'article L. 522-3 du même code, y compris les conclusions à fin d'injonction, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C et autres requérants est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, Mme F E et M. D A.
Copie en sera adressée au maire de Clermont-Ferrand.
Fait à Clermont-Ferrand, le 9 mai 2023.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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