lundi 22 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301024 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2023, complétée par des mémoires enregistrés les 19 et 22 mai 2023, M. C A, représenté par Ad'Vocare, Me Bourg, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Puy-de-Dôme, en date du 16 mai 2023, portant assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, au profit de son conseil, en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'acte a été signé par une autorité incompétente ;
- le préfet n'a pas motivé en droit et en fait sa décision et n'a pas procédé à un examen attentif et personnalisé de sa situation ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet a méconnu le principe du respect des droits de la défense ;
- le préfet méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il n'a pas déposé de demande d'asile en France, de sorte que l'arrêté est entaché d'erreur de droit, de fait et " d'erreur manifeste d'appréciation " ;
- il n'existe pas de perspective raisonnable de reprise en charge en Italie, de sorte que l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a également été méconnu.
Vu la demande de M. A tendant à obtenir la désignation d'un avocat commis d'office, l'aide juridictionnelle et un interprète en langue arabe.
Vu les pièces produites pour le préfet du Puy-de-Dôme le 19 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a désigné Mme Luyckx, premier conseiller, pour statuer sur le litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 22 mai 2023 à 14h00 :
- le rapport de Mme Luyckx, magistrate désignée,
- les observations de Me Bourg pour M. A, absent.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien, en situation irrégulière sur le territoire français, a été placé en retenue administrative par les services de la police aux frontières du Puy-de-Dôme pour vérification de sa situation administrative, le 15 mai 2023. A cette occasion, les services ont constaté que ses empreintes digitales ont été identifiées dans le système Eurodac comme ayant été enregistrées en Italie le 20 août 2021. Une requête aux fins de reprise en charge du demandeur d'asile a été adressée aux autorités italiennes le 16 mai 2023. Par l'arrêté du 16 mai 2023 attaqué, le préfet du Puy-de-Dôme a décidé de son assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, les moyens soulevés dans la requête introductive d'instance, formulés sommairement au moyen de cases cochées sur un formulaire type, doivent être écartés comme non assortis des précisions suffisantes.
3. Mme D B, attachée adjointe à la cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la préfecture du Puy-de-Dôme, disposait d'une délégation de signature à l'effet de signer les décisions entrant dans le cadre des attributions du service, en vertu de l'arrêté du 27 décembre 2022, publié au RAAS du même jour. Si cette même délégation exclut de son champ notamment les " décisions relatives aux mesures d'éloignement prises dans le cadre de l'Union européenne et de la convention de Schengen ", la décision d'assignation en cause ne relève pas de cette catégorie, et se fonde sur les dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non sur les dispositions invoquées du 4° de l'article L. 731-1 relatives aux décisions de remises à un autre Etat en application de l'article L. 621-1. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
4. L'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui le fondent. Il est par suite suffisamment motivé.
5. Aux termes de l'article L. 573-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 peut être assigné à résidence selon les modalités prévues aux articles L. 751-2 à L. 751-7. ". Aux termes de l'article L. 751-2 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. ".
6. Aux termes de l'article 18 du règlement UE du 16 juin 2003 susvisé : " 1. L'État membre responsable en vertu du présent règlement est tenu de : b) reprendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, le demandeur dont la demande est en cours d'examen et qui a présenté une demande auprès d'un autre État membre ou qui se trouve, sans titre de séjour, sur le territoire d'un autre État membre ". Aux termes de l'article 24 du même règlement : " 1. Lorsqu'un État membre sur le territoire duquel une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), se trouve sans titre de séjour et auprès duquel aucune nouvelle demande de protection internationale n'a été introduite estime qu'un autre État membre est responsable conformément à l'article 20, paragraphe 5, et à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), il peut requérir cet autre État membre aux fins de reprise en charge de cette personne. ".
7. Il ressort des pièces du dossier, dont le résultat de la consultation du fichier Eurodac, autorisée dans le cadre des règlements dits E ", et la requête de reprise en charge du 16 mai 2023, établie conformément au formulaire prévu à cet effet, que M. A est identifié de manière certaine comme ayant formulé une demande d'asile en Italie le 20 août 2021, ce qu'il a lui-même reconnu lors de son audition, à l'exception de cette date. Dès lors, le préfet était bien fondé à mettre en œuvre la procédure de reprise en charge par les autorités italiennes, prévue aux articles 18.1 d) et 24 du règlement susvisé, sans que le requérant puisse utilement soutenir qu'il n'a pas présenté de demande d'asile en France. Par suite, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur de droit, ni de fait ni " d'erreur manifeste d'appréciation ".
8. En dernier lieu, la circonstance, tirée des articles de presse produits, que l'Italie refuserait actuellement la reprise en charge des demandeurs d'asile, est sans incidence sur la légalité de la mesure d'assignation à résidence décidée par le préfet, dès lors que les dispositions de l'article L. 751-2 précitées permettent en tout état de cause au préfet d'assigner l'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de reprise en charge en cours.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Puy-de-Dôme en date du 16 mai 2023.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire et les frais du litige :
10. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2023.
La magistrate désignée,
N. LUYCKX
Le greffier,
F LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026