Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mai 2023, M. A... B..., représenté par Me Ferron, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 31 mars 2023 par laquelle le maire de La Chapelle d’Aurec a rejeté sa demande d’abrogation partielle de révision du plan local d’urbanisme de la commune aux fins de classer les parcelles cadastrées section A nos 1703 et 199 en zone à urbaniser (UB) ;
2°) d’enjoindre au maire de La Chapelle d’Aurec de convoquer le conseil municipal en inscrivant à l’ordre du jour une modification du plan local d’urbanisme relative au classement des parcelles cadastrées 1703 et 0199 en zone UB, dans un délai de deux mois à compter de la présente décision ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Chapelle d'Aurec la somme de 2 400 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d’une insuffisance de motivation ;
- le classement des parcelles cadastrées A nos 1703 et 199 en zone A est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2025, la commune de La Chapelle d'Aurec conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu’il soit mis à la charge de M. B... la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Perraud,
- les conclusions de M. Nivet, rapporteur public,
- et les observations de Me Ferron, représentant M. B....
Considérant ce qui suit :
Par une délibération du 27 septembre 2018, le conseil municipal de La Chapelle d’Aurec a approuvé la modification de son plan local d’urbanisme. Les parcelles cadastrées section A nos 1703 et 199 appartenant à M. B... ont été classées en zone agricole du plan. Par un courrier du 1er mars 2023, M. A... B... a demandé au maire de procéder à l’abrogation du plan local d’urbanisme en tant qu’il classe les parcelles cadastrées section A nos 1703 et 199 en zone agricole et, en conséquence, de convoquer le conseil municipal à cette fin. Le maire a rejeté cette demande par une décision du 31 mars 2023 dont M. B... demande l’annulation.
En premier lieu, la décision du 31 mars 2023 n’entre dans aucune des catégories d’actes qui doivent être motivés en application des dispositions de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration. Dès lors, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation est inopérant et doit être écarté.
En second lieu, aux termes de l’article R. 151-22 du code de l'urbanisme : « Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ».
Il appartient aux auteurs d’un plan local d’urbanisme de déterminer le parti d’aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d’avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols. Leur appréciation ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts. S’agissant du classement en zone agricole, le juge administratif peut, sans erreur de droit, ne pas rechercher si la parcelle en cause présente elle-même un caractère de terres agricoles, mais se fonder sur la vocation du secteur en bordure duquel cette parcelle se situe, dont le caractère agricole est avéré, sur le parti d’urbanisme de la commune retenu par les auteurs du plan local d’urbanisme ainsi que, le cas échéant, sur la nature des constructions et aménagements présents sur la parcelle litigieuse.
Il ressort des pièces du dossier que le projet d’aménagement et de développement durables (PADD) a notamment pour objectifs la « protection affirmée du terroir agricole », la « limitation de l’urbanisation nouvelle aux seuls secteurs du bourg et de ses abords déjà équipés », la « limitation du développement des hameaux » et, plus généralement, la limitation de « l’étalement urbain ». Les parcelles en litige sont situées au nord-est du bourg de La Chapelle d’Aurec, dont elles sont séparées par des espaces agricoles et naturels, de sorte qu’elles ne se situent pas dans le prolongement direct de celui-ci. D’une superficie totale de 4 197 mètres carrés, elles constituent des champs bordés en partie d’arbres, qui ne supportent aucune construction. Elles jouxtent des parcelles agricoles, ainsi qu’une zone naturelle. Si une zone urbaine existe au sud et sud-est des parcelles, correspondant aux lieux-dits La Peyroussette et Les Eaux, elles en sont séparées par le chemin de La Peyroussette et des champs. En outre, elles ne sont pas desservies par le réseau public d’assainissement collectif. Dans ces conditions, alors même que les parcelles ne présenteraient pas elles-mêmes le caractère de terres agricoles, ce qui n’est, du reste, pas avéré, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation quant à leur classement doit être écarté.
Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision du 31 mars 2023 par laquelle le maire de La Chapelle d’Aurec a refusé d’abroger la délibération approuvant le plan local d'urbanisme. Par suite, les conclusions à fin d’annulation de cette décision doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige. Il y a lieu, en revanche, de faire application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. B... une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de La Chapelle d’Aurec et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.
Article 2 : M. B... versera à la commune La Chapelle d’Aurec une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la commune de La Chapelle d'Aurec.
Délibéré après l'audience du 22 janvier 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
Mme Trimouille Coudert, première conseillère,
M. Perraud, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2026.
Le rapporteur,
G. PERRAUD
La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.