jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301663 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP MOINS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2023, M. A B, représenté par la SCP Moins et Associés, Me Joanny, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 février 2023 par laquelle le préfet du Cantal a refusé de faire droit à sa demande d'affiliation au régime général de la sécurité sociale et au régime complémentaire en raison des services rendus en qualité de médecin agréé ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder à son affiliation au régime général de la sécurité sociale et au régime de la retraite complémentaire des assurances sociales en faveur des agents non titulaires de l'Etat ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 5 237 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 1er janvier 2023, les arrérages de pension échus entre le 1er juillet 2023 et la date du jugement à intervenir avec les intérêts au taux légal à compter de chaque échéance, et les arrérages de pension de retraite à échoir à compter du jugement à intervenir au fur et à mesure de leurs échéances avec intérêts au taux légal à compter de chaque échéance ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Par un courrier, enregistré le 23 janvier 2024, le préfet du Cantal a informé le tribunal qu'il n'avait pas compétence pour connaître de la requête de M. B et qu'il convenait de communiquer cette requête aux services du ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Par un courrier du 25 janvier 2024, le tribunal a invité M. B à régulariser sa requête en produisant la décision qui rejette sa demande préalable indemnitaire ou la pièce justifiant de la date de dépôt de cette demande auprès de l'administration et l'a informé qu'à défaut de régularisation dans le délai de quinze jours ou en cas de régularisation non conforme à la demande, sa requête pourra être rejetée par ordonnance pour irrecevabilité manifeste dès l'expiration du délai.
A la suite de cette demande de régularisation, le conseil de M. B a, le 1er février 2024, produit un courrier de son client en date du 6 avril 2023 adressé au préfet du Cantal.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour statuer en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ;/ 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
3. Si M. B sollicite l'annulation de la décision du 16 février 2023 par laquelle le préfet du Cantal a refusé de faire droit à sa demande d'affiliation au régime général de la sécurité sociale et au régime complémentaire en raison des services rendus en qualité de médecin agréé, il n'a toutefois développé aucun moyen dans sa requête introductive d'instance et n'a pas produit de mémoire contenant des moyens avant l'expiration du délai de recours contentieux. Par suite, les conclusions à fin d'annulation du requérant doivent être rejetées comme irrecevables par application des dispositions, citées au point 1, du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
4. D'une part, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". En application de ces dispositions, la requête est irrecevable en l'absence de production soit de la décision attaquée ou d'un document en reprenant le contenu, soit de l'accusé de réception de la réclamation adressée à l'administration ou de toute autre pièce permettant d'établir une telle réception. A défaut de production de tels éléments à l'appui de la requête, cette irrecevabilité est susceptible d'être régularisée par la production en cours d'instruction de ces mêmes justificatifs, y compris le cas échéant après l'expiration du délai de recours contentieux.
5. D'autre part, en vertu des deux premiers alinéas de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et, lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif. Toutefois, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.
6. Enfin, les requêtes manifestement irrecevables qui peuvent être rejetées par ordonnance en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative sont celles dont l'irrecevabilité ne peut en aucun cas être couverte, celles qui ne peuvent être régularisées que jusqu'à l'expiration du délai de recours, si ce délai est expiré, et celles qui ont donné lieu à une invitation à régulariser, si le délai que la juridiction avait imparti au requérant à cette fin, en l'informant des conséquences qu'emporte un défaut de régularisation comme l'exige l'article R. 612-1 du code de justice administrative, est expiré. Ces règles trouvent en particulier à s'appliquer lorsque, ni dans la requête, ni dans les pièces qui l'accompagnent, il n'est fait état de l'existence d'une décision, expresse ou implicite, de l'administration statuant sur une demande formée devant elle tendant au versement d'une somme d'argent. Dans un tel cas, le président de la juridiction ou l'un des magistrats mentionnés à l'article R. 222-1 du même code, peut rejeter cette requête comme manifestement irrecevable, sur le fondement du 4° de cet article, si, à la date de son ordonnance, le requérant, ayant été dûment invité, par la juridiction, selon les modalités prévues par le dernier alinéa de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, à régulariser sa requête, en produisant la décision mentionnée au deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, ou, à défaut, la pièce justifiant de la date du dépôt de la réclamation formée devant l'administration, en application de l'article R. 412-1 du même code, n'a pas, à l'expiration du délai ainsi imparti, satisfait à cette obligation.
7. En l'espèce, la requête de M. B, qui tend notamment à obtenir la condamnation de l'Etat au versement d'une somme d'argent, n'était pas accompagnée d'une décision, expresse ou implicite, de l'administration statuant sur une demande formée devant elle tendant au versement d'une somme d'argent. Ainsi que cela est mentionné dans les visas de la présente ordonnance, par un courrier du 25 janvier 2024, le tribunal a invité M. B à régulariser sa requête en produisant la décision qui rejette sa demande préalable indemnitaire ou la pièce justifiant de la date de dépôt de cette demande auprès de l'administration et l'a informé qu'à défaut de régularisation dans le délai de quinze jours ou en cas de régularisation non conforme à la demande, sa requête pourra être rejetée par ordonnance pour irrecevabilité manifeste dès l'expiration du délai. Comme cela est également mentionné dans les visas de l'ordonnance, le conseil de M. B a, le 1er février 2024, produit un courrier de son client en date du 6 avril 2023 adressé au préfet du Cantal à la suite de cette demande de régularisation. Il résulte d'une lecture de ce courrier qu'elle constitue un recours administratif dirigé contre la décision en date du 16 février 2023 mentionnée au point 3. En revanche, ce courrier du 6 avril 2023 ne contient aucune demande tendant au versement d'une somme d'argent. Faute d'avoir régularisé sa requête dans le délai imparti, les conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. B doivent également être rejetées par application des dispositions, citées au point 1, du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les autres conclusions :
8. Le rejet des conclusions principales entraîne, par voie de conséquence, le rejet des conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant ainsi que celles qu'il présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des dépens.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Cantal.
Fait à Clermont-Ferrand, le 28 mars 2024.
Le magistrat désigné,
J-M. DEBRION
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301663
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026