vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400646 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Autorisation |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 mars 2024, M. B A, représenté par Me Gauché, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et au préfet de la Haute-Loire, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de prendre toutes mesures utiles pour qu'il puisse être présent lors de l'audience du tribunal correctionnel du Puy-en-Velay du 28 mars 2024 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et au préfet de la Haute-Loire de lui délivrer un visa ou une autorisation spéciale et de le réacheminer en France métropolitaine ;
3°) d'assortir l'injonction d'une astreinte de 150 euros par heure de retard, due à partir de 24h après la notification de l'ordonnance à venir ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'article 8 de la directive 2016/343 du parlement européen et du conseil du
9 mars 2016 n'a pas été complétement transposée, tel qu'interprété par la CJUE dans sa décision du 15 septembre 2022 n° C420/20, dès lors que l'interdiction de retour prévue à l'article L 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prévoit pas d'exception en cas de procédure pénale en cours ;
- l'impossibilité qui lui est faite de revenir en France, du fait de l'interdiction de retour dont il fait l'objet, afin d'être présent à son procès porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à un procès équitable garanti par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales et par le droit de l'Union européenne ;
- l'urgence de la situation est caractérisée par cette atteinte grave et manifestement illégale et par le fait qu'il est convoqué à une audience du tribunal correctionnel du Puy-en-Velay le 28 mars 2024.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- la directive (UE) 2016/343 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Luyckx, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Par un arrêté en date du 30 août 2022, le préfet de la Haute-Loire a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A, ressortissant marocain, l'a obligé à quitter le territoire français et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de 18 mois, au motif notamment de la menace à l'ordre public qu'il représente, du fait de trois condamnations pour vol en réunion et vol avec violence. Par un courrier du 29 septembre suivant, alors qu'il était assigné à résidence, il a demandé en vain au préfet d'abroger cet arrêté au motif qu'il devait comparaître devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay le 23 février 2023, dans le cadre de poursuites pour refus d'obtempérer et conduite d'un véhicule sans permis. M. A, qui se trouve au Maroc du fait de l'exécution de cette décision le 13 octobre 2022, et toujours sous le coup de l'interdiction de retour sur le territoire français édictée conjointement, a saisi le ministre de l'intérieur, par un courrier du 7 mars 2024, réceptionné le 13 mars, et dont copie a été adressée au préfet, une nouvelle demande tendant à ce que lui soit délivrée une " autorisation spéciale " en vue de son réacheminement sur le territoire, afin de pouvoir assister à son procès renvoyé au 28 mars 2024. Par la présente requête, il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au ministre de l'intérieur et au préfet de la Haute-Loire de prendre toutes mesures utiles pour qu'il puisse être présent lors de cette audience et de lui délivrer l'autorisation nécessaire en vue de le réacheminer en France métropolitaine, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance et sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
3. Selon l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Il résulte de l'article L. 613-7 du même code que l'autorité administrative peut à tout moment abroger cette interdiction de retour, et que cette possibilité n'est limitée par aucun motif. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au regard des dispositions sur les interdictions de retour, restreindrait de manière illégale le droit des personnes poursuivies d'être présentes à leur procès en ne prévoyant pas expressément un tel motif.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A était informé dès le jugement de renvoi du tribunal correctionnel du Puy-en-Velay en date du 14 septembre 2023, que l'audience serait renvoyée au 28 mars 2024, à la demande de son avocate. Or, ce n'est que par un courrier adressé le 13 mars 2028 que son conseil a sollicité une " autorisation spéciale " de retour auprès du ministre de l'intérieur. La situation d'urgence alléguée par M. A lui étant ainsi exclusivement imputable, la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite. En outre, ce délai ne permettant pas même de faire naître une décision de refus implicite avant la date de son procès, il ne peut utilement soutenir que l'administration a porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit d'assister en personne à son procès et à la défense, en lui refusant cette autorisation. Par ailleurs, une telle atteinte ne peut seulement résulter du refus implicite d'abroger son interdiction de retour, né précédemment du silence gardé par le préfet, dès lors que le droit des personnes poursuivies d'être présentes à leur procès ne saurait empêcher l'autorité compétente d'apprécier si des motifs tirés de l'ordre et la sécurité publics sont de nature à s'opposer au retour de l'intéressé en France.
5. Il résulte de ce qui précède que les demandes de M. A ne sont manifestement pas fondées. Ses conclusions doivent donc être rejetées, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A.
Copie en sera adressée au ministre l'intérieur et au préfet de la Haute-Loire.
Fait à Clermont-Ferrand, le 22 mars 2024
La juge des référés,
N. LUYCKX
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Sujet principal : Recours d'un agent public stagiaire contre le refus de sa titularisation et la prorogation de son stage. Juridiction : Tribunal Administratif de Montpellier (2ème chambre). Solution retenue : Le jugement, non intégralement reproduit, statue sur la légalité de l'arrêté de prorogation de stage et de l'arrêté refusant la titularisation. L'agent invoque notamment des vices de procédure, une erreur manifeste d'appréciation, un détournement de procédure et une violation de l'article L. 327-1 du code général de la fonction publique concernant les conditions du stage. Textes appliqués : Le code général de la fonction publique (notamment article L. 327-1) et le code de justice administrative (article L. 761-1 sur les frais irrépétibles).
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