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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2503395

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2503395

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2503395
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantRABY FANNY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de M. E..., ressortissant suédois, contestant les décisions du préfet du Puy-de-Dôme l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de trois ans et une assignation à résidence. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence de l'auteur de l'acte, de défaut d'examen de la situation et d'erreur manifeste d'appréciation, jugeant que l'intéressé ne justifiait pas de liens personnels et familiaux suffisamment stables et intenses en France. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, fondée sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2025, M. A... E..., représenté par Me Raby, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 11 novembre 2025 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de trois ans ;

2°) d’annuler la décision du 11 novembre 2025 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l’a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;

3°) d’enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de deux jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français a été adoptée par une autorité incompétente ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entaché d’un défaut d’examen de sa situation ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant assignation à résidence est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n’a pas produit de mémoire en défense mais des pièces qui ont été enregistrées le 2 décembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Nivet, conseiller, pour statuer en application des dispositions de l’article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 3 décembre 2025 à 10h00, en présence de M. Morelière, greffier :
- le rapport de M. Nivet ;
- les observations de Me Raby qui fait valoir que M. E... est titulaire d’une carte d’identité suédoise, qu’il ne représente aucune menace à l’ordre public et s’en remet à ses écritures.

Le préfet du Puy-de-Dôme n’était ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

Par une décision du 11 novembre 2025, le préfet du Puy-de-Dôme a obligé M. E..., ressortissant suédois, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de trois ans. Par une décision du même jour, il l’a assigné à résidence pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, M. E... demande au tribunal d’annuler ces décisions.

En premier lieu, Mme C... D..., sous-préfète de l’arrondissement de Riom, a reçu délégation de signature par un arrêté préfectoral du 10 décembre 2024, régulièrement publié, pour signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l’Etat dans le département du Puy-de-Dôme à l’exception d’actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions relatives au droit au séjour et à l’éloignement des ressortissants étrangers, en cas d’absence ou d’empêchement du secrétaire général de la préfecture. Par suite le moyen tiré de l’incompétence n’est pas fondé.

En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle fait également état de la situation administrative, familiale et personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision est entachée d’un défaut d’examen de sa situation doit être écarté.

En troisième lieu, le requérant soutient que la décision est entachée d’erreur d’appréciation dès lors qu’il justifie de liens personnels et familiaux anciens, intenses et stables sur le territoire français. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. E..., est entré en France à la fin du mois de septembre 2025. S’il déclare vivre en concubinage avec Mme B..., ressortissante serbe, et être père d’enfants citoyens de l’Union Européenne, il ne justifie d’aucun lien sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d’erreur d’appréciation doit nécessairement être écarté.

En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et que la décision portant assignation à résidence sont illégales en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par le requérant doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction et au titre des frais du litige doivent également être rejetées.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. E... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... E... et au préfet du Puy-de-Dôme.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2025.

Le magistrat désigné,





C. NIVETLe greffier,





D. MORELIERE

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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