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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2503743

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2503743

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2503743
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantFRERY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. A... comme irrecevable pour tardiveté. Le tribunal a jugé que le délai d'un mois pour contester la décision préfectorale de rejet de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire avait commencé à courir le 4 juillet 2025, date de présentation de la notification, et que le recours introduit le 17 décembre 2025 était hors délai. La décision s'appuie sur les articles L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Frery, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 30 juin 2025 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de titre de séjour et l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d’enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et, dans l’attente, de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) d’enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État au titre de l’aide juridictionnelle en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n’a pas produit de mémoire en défense mais des pièces qui ont été enregistrées le 12 mars 2026.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 26 février 2026.

Vu l’ensemble des pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».

D’une part aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / (…) / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; (…) ». D’autre part, aux termes de l’article L. 614-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1 ». Aux termes de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision ».

Enfin, aux termes de l’article R. 421-5 du code de justice administrative : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

Il ressort des pièces du dossier que la décision contestée du 30 juin 2025, expédiée par lettre recommandée, a été présentée au domicile du requérant sis 36 avenue des paulines à Clermont-Ferrand le 4 juillet 2025, adresse figurant dans le courrier de l’intéressé, daté du 11 juillet 2025, par lequel il a sollicité auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme la communication de la décision en litige. Ce pli n’a pas été retiré par son destinataire et a été retourné à l’administration avec la mention « pli avisé et non réclamé ». Dès lors, cette notification est de nature à faire courir le délai de recours prévu par les dispositions citées au point précédent et M. A... doit être considéré comme ayant eu connaissance de ladite décision le 4 juillet 2025, celle-ci mentionnant les voies et délais de recours. Ainsi, sa demande d’aide juridictionnelle, déposée le 10 décembre 2025, n’a pas eu pour effet d’interrompre le délai de recours contentieux. Par suite, la requête de M. A..., qui n’a été enregistrée au greffe que le 17 décembre 2025, soit au-delà du délai d’un mois prévu par l’article L. 911-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, est tardive et, par suite, irrecevable.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.







O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à la préfète du Puy-de-Dôme.


Fait à Clermont-Ferrand, le 26 mars 2026.



La présidente de la 1ère chambre,




R. CARAËS


La République mande et ordonne à la préfète du Puy-de-Dôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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