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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2600430

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2600430

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2600430
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCP HILLAIRAUD & JAUVAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de Mme B..., une ressortissante géorgienne, visant à annuler les décisions préfectorales de refus de titre de séjour, d'obligation de quitter le territoire, d'interdiction de retour, de refus de délai de départ volontaire, de fixation du pays d'éloignement et d'assignation à résidence. Le tribunal a jugé que le préfet de l'Allier n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que la situation personnelle de la requérante ne justifiait pas la délivrance d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I – Par la requête n°2600430, enregistrée le 3 février 2026, Mme A... B..., représentée par la SCP Hillairaud & Jauvat, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’annuler les décisions du 29 décembre 2025 par lesquelles le préfet de l’Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français, y a interdit son retour pour la durée de trois ans, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d’office ;

3°) d’enjoindre au préfet de l’Allier de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Mme B... soutient que,

la décision de refus de titre de séjour :
- n’a pas été précédée de la saisine de la commission du titre de séjour ;
- méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

l’obligation de quitter le territoire français :
- est illégale par voie de conséquence de l’illégalité du refus de titre de séjour ;
- méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

la décision refusant un délai de départ volontaire :
- est illégale par voie de conséquence de l’illégalité du refus de titre de séjour et de l’obligation de quitter le territoire français ;
- est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

la décision fixant le pays d’éloignement :
- est illégale par voie de conséquence de l’illégalité du refus de titre de séjour, de l’obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant un délai de départ volontaire ;
- méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

l’interdiction de retour sur le territoire français :
- est illégale par voie de conséquence de l’illégalité du refus de titre de séjour, de l’obligation de quitter le territoire français, de la décision refusant un délai de départ volontaire et de la décision fixant le pays d’éloignement ;
- est entachée d’un défaut de motivation ;
- n’a pas été précédée d’un examen réel et complet de sa situation ;
- méconnaît les dispositions de l’article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.


Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2026, le préfet de l’Allier conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B... ne sont pas fondés.


II – Par la requête n°2600431, enregistrée le 3 février 20266, Mme A... B..., représentée par la SCP Hillairaud & Jauvat, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’annuler les décisions du 29 décembre 2025 par lesquelles le préfet de l’Allier l’a assignée à résidence pour la durée de 45 jours et a fixé les modalités d’application de cette mesure.

Mme B... soutient que :
- les décisions attaquées sont illégales par voie de conséquence de l’illégalité du refus de titre de séjour, de l’obligation de quitter le territoire français et du refus de délai de départ volontaire ;
- l’assignation à résidence méconnaît les dispositions de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l’assignation à résidence représente une restriction injustifiée de sa liberté d’aller et venir compte tenu des garanties dont elle dispose.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2026, le préfet de l’Allier conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B... ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces des dossiers.


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jurie, premier conseiller, pour statuer en application de l’article L. 776-1 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu, au cours de l’audience publique, le rapport de M. Jurie, magistrat désigné.


Considérant ce qui suit :

Par des décisions en date du 29 décembre 2025, préfet de l’Allier a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B..., ressortissante géorgienne, l’a obligée à quitter le territoire français, y a interdit son retour pour la durée de trois ans, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d’office. Par des décisions du même jour, l’autorité préfectorale a assigné Mme B... à résidence pour la durée de 45 jours et a fixé les modalités d’application de cette mesure. La requérante demande l’annulation de ces décisions.

Les requêtes n°2600430 et n°2600431 présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.


Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d’urgence, (…) l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président (…) ».

Par ses requêtes n°2600430 et n°2600431, Mme B... demande son admission provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle. En raison de l’urgence, il y a lieu d’admettre la requérante au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire au titre des requêtes n°2600430 et n°2600431.
Sur la légalité du refus de titre de séjour :

Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Aux termes de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ».

La requérante fait valoir que les membres les plus proches de sa famille sont présents avec elle sur le territoire français ; que ses deux enfants séjournent régulièrement en France et que son conjoint souffre de problèmes de santé particulièrement importants pour lesquels il ne pourrait pas bénéficier d’un traitement en Géorgie. Toutefois, d’une part, il ressort des mentions non contestées de la décision en litige qu’à la date de celle-ci l’époux de Mme B... faisait l’objet d’une mesure d’éloignement. D’autre part, l’intéressée n’a pas vocation à vivre avec ses filles majeures. Par ailleurs, si la requérante se prévaut de plusieurs certificats médicaux indiquant que l’état de santé de son conjoint nécessite une prise en charge thérapeutique avec passage régulier en hôpital de jour de rhumatologie dont il ne pourrait pas bénéficier en Géorgie, ni ces certificats, ni aucun des autres éléments du dossier ne tend à corroborer que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni qu’il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d’origine. Enfin et au surplus, la requérante ne contredit pas les motifs de la décision attaquée selon lesquels elle s’est volontairement soustraite à une précédente mesure d’éloignement. Il suit de là que, compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce, la décision de refus de titre de séjour édictée à l’encontre de Mme B... ne peut être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis par cette mesure. Par suite, la requérante n’est pas fondée à soutenir que l’autorité préfectorale, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, aurait méconnu les stipulations précitées de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions susmentionnées de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 du présent jugement, Mme B... n’est pas fondée à soutenir que la décision de refus de titre de séjour serait entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Aux termes de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 (…) ».

Mme B... expose qu’elle ne peut pas retourner en Géorgie dès lors que son conjoint souffre de problèmes de santé particulièrement importants qui ne pourront pas y être traités et que ses filles sont présentes en France. Toutefois ainsi qu’il a été précédemment énoncé, il ne ressort pas des pièces du dossier que le conjoint de Mme B... ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d’origine. Dès lors, les circonstances dont se prévaut la requérante ne permettent pas, par elles-mêmes et à elles seules, de caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels qui justifieraient son admission au séjour sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que l’autorité préfectorale n’a pas entaché le refus de titre de séjour attaqué d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de ces dernières dispositions.

Aux termes de l’article L. 432-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance (…) ». Il résulte de ces dispositions que le préfet n’est tenu de saisir la commission du titre de séjour, lorsqu’il envisage de refuser un titre mentionné à l’article L. 432-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, que du cas des étrangers qui remplissent effectivement l’ensemble des conditions de procédure et de fond auxquelles est subordonnée la délivrance d’un tel titre, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent des articles auxquels les dispositions précitées renvoient. Par suite et compte tenu de ce qui a été précédemment énoncé, Mme B... ne peut utilement se prévaloir de l’absence de saisine de la commission du titre de séjour.


Sur la légalité de l’obligation de quitter le territoire français :

Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l’exception d’illégalité du refus de titre de séjour soulevé contre l’obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

Mme B... soutient que l’obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, il y a lieu d’écarter ces moyens pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 du présent jugement.


Sur la légalité du refus de délai de départ volontaire :

Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l’exception d’illégalité du refus de titre de séjour et de l’obligation de quitter le territoire français soulevé contre la décision de refus de délai de départ volontaire doit être écarté.

Mme B... soutient que le refus de délai de départ volontaire est entaché d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, il y a lieu d’écarter ces moyens pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 du présent jugement.


Sur la décision fixant le pays d’éloignement d’office :

Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l’exception d’illégalité du refus de titre de séjour, de l’obligation de quitter le territoire français et du refus de délai de départ volontaire soulevé contre la décision fixant le pays d’éloignement d’office doit être écarté.

Mme B... soutient que la décision fixant le pays d’éloignement d’office méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, il y a lieu d’écarter ces moyens pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 du présent jugement.


Sur la légalité de l’interdiction de retour sur le territoire français :

Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l’exception d’illégalité du refus de titre de séjour, de l’obligation de quitter le territoire français, du refus de délai de départ volontaire et de la décision fixant le pays d’éloignement d’office soulevé contre l’interdiction de retour doit être écarté.

La décision par laquelle l’autorité préfectorale a interdit le retour de Mme B... sur le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.

Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision en litige qui fait état des éléments essentiels de la situation administrative et personnelle de la requérante que, préalablement à son édiction, l’autorité préfectorale n’aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme B.... Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen réel et complet doit être écarté.

Aux termes de l’article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ».

Mme B... expose que la durée de l’interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée compte tenu de l’ancienneté de sa résidence et de la présence de sa famille sur le territoire français et de ce que son comportement ne présente pas une menace pour l’ordre public. Toutefois, ainsi qu’il a été précédemment énoncé, à la date de la décision en litige le conjoint de Mme B... faisait l’objet d’une mesure d’éloignement. D’autre part, l’intéressée n’a pas vocation à vivre avec ses filles majeures. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l’état de santé de l’époux de Mme B... nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni qu’il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d’origine. Enfin, il ressort des motifs non contestés de la décision attaquée que l’intéressée s’est volontairement soustraite à une précédente mesure d’éloignement. Ainsi et quand bien même le comportement de la requérante ne constitue pas une menace pour l’ordre public, c’est sans méconnaître les dispositions précitées de l’article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de l’Allier a fixé à trois ans l’interdiction de retour prononcée à l’encontre de Mme B....


Sur la légalité de l’assignation à résidence et de ses modalités d’application :

Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d’écarter le moyen tiré de l’exception d’illégalité du refus de titre de séjour, de l’obligation de quitter le territoire français et du refus de délai de départ volontaire soulevé contre l’assignation à résidence, l’obligation de présentation aux services de police, l’obligation de se maintenir à son domicile tous les jours à horaire fixe et l’interdiction de sortie du département de l’Allier sans autorisation.

Aux termes de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (…) ».

Mme B... soutient que l’autorité préfectorale ne démontre pas que son éloignement constitue une perspective raisonnable. Toutefois, la requérante ne précise pas dans ses écritures en quoi cette perspective serait concrètement susceptible de faire défaut alors qu’aucun des éléments du dossier ne tend à caractériser un tel défaut. Par suite, ce moyen doit être écarté.

La requérante soutient que l’assignation à résidence en litige représente une restriction injustifiée de sa liberté d’aller et venir compte tenu des garanties dont elle dispose. Toutefois, Mme B... n’expose pas dans ses écritures en quoi consisteraient concrètement ces garanties ainsi que les atteintes dont elle fait état à la liberté d’aller et de venir. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné de l’assignation à résidence n’est pas assorti des précisions permettant au tribunal d’en apprécier le bien-fondé et doit, pour ce motif, être écarté.


Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme B... dans les requêtes n°2600430 et n°2600431 doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction.



D E C I D E :


Article 1er : Mme B... est admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire dans les instances n°2600430 et n°2600431.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme B... est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au préfet de l’Allier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2026.


Le magistrat désigné,





G. JURIE
Le greffier,





D. MORELIÈRE


La République mande et ordonne au préfet de l’Allier en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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