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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2600497

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2600497

mercredi 11 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2600497
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé, rejette la requête d'un ressortissant marocain demandant l'injonction à la préfète de délivrer un titre de séjour ou une attestation de prolongation. Le juge estime que la délivrance d'un titre constitue une mesure définitive qui excède le pouvoir provisoire du juge des référés (article L. 521-3 du code de justice administrative). De plus, la demande d'attestation ferait obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence de l'administration après quatre mois (articles R. 432-1 et R. 432-2 du CESEDA).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 février 2026, M. A... B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour immédiatement, ou, à défaut, de lui délivrer une « attestation de prolongation de séjour » et de lui communiquer l’état d’avancement de son dossier ;

Il soutient que l’urgence est caractérisée, dès lors qu’il est porté une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle, professionnelle et administrative ; son employeur exige un titre de séjour valide ; il ne peut pas obtenir de crédit ; il ne peut pas se rendre au Maroc en cas d’urgence familiale.

Vu l’ensemble des pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant marocain, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète du
Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour immédiatement, ou, à défaut, de lui délivrer une « attestation de prolongation de séjour » et de lui communiquer l’état d’avancement de son dossier.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d’une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l’urgence, ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Sur la demande tendant à la délivrance d’un titre de séjour :

Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire (…) ».

M. B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article
L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour. Toutefois, il n’appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, qui ne peut prononcer que des mesures provisoires ou conservatoires, d’enjoindre à la préfète du
Puy-de-Dôme de délivrer à M. B... un titre de séjour. Par suite, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.

Sur la demande tendant à la délivrance d’une « attestation de prolongation de séjour » et à la communication de l’état d’avancement de son dossier :

Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».

Il résulte de l’instruction que M. B... a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 17 mars 2024 auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme. Dès lors en l’absence de réponse dans un délai de quatre mois et, en application des dispositions citées au point 4, une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est née du silence gardé par le préfet du Puy-de-Dôme. Par suite, à la date de la présente ordonnance, la mesure sollicitée par M. B... aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de la décision implicite de rejet.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. B... doit être rejetée en application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Clermont-Ferrand, le 11 février 2026.


La présidente,





S. BADER-KOZA


La République mande et ordonne à la préfète du Puy-de-Dôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision



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