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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2600641

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2600641

lundi 1 juin 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2600641
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A... contestant le classement sans suite de sa demande de naturalisation. Le juge a rappelé qu'une telle décision ne fait pas grief et n'est pas susceptible de recours pour excès de pouvoir, sauf si le demandeur justifie avoir déposé un dossier complet. En l'espèce, M. A... n'a pas contesté l'incomplétude de son dossier au moment de la décision, se bornant à invoquer des difficultés matérielles ultérieures. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative et de l'article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 février 2026, M. B... A... doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 27 janvier 2026 par laquelle la préfète du Puy-de-Dôme a classé sans suite sa demande de naturalisation ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Puy-de-Dôme de rouvrir et de réexaminer son dossier ;

Il soutient que :
- il n’était pas en mesure de présenter l’original de son acte de naissance lors de l’entretien réglementaire en raison de multiples blocages, séjournant en Haiti ; cette situation ne procédait ni d’un défaut de diligence ni d’une volonté de dissimulation, mais d’une difficulté matérielle ponctuelle d’obtention ou de transmission du document original ;
- il est désormais en possession de l’original de son acte de naissance ;
- l’ensemble des conditions légales des articles 21-15 et suivants du code civil sont remplies.

Vu l’ensemble des pièces du dossier ;

Vu :
le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 ;
le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel (...) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».
Aux termes de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ».

La décision de classer sans suite une demande de naturalisation, à l’appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir, sauf à ce que le requérant justifie du caractère complet du dossier déposé auprès de l’administration.

Par la présente requête, M. A... demande au tribunal d’annuler la décision du 27 janvier 2026 par laquelle la préfète du Puy-de-Dôme a classé sans suite sa demande de naturalisation. Toutefois, en se bornant à alléguer qu’il n’a pas été en mesure de présenter l’original de son acte de naissance lors de l’entretien en raison de difficultés matérielles ponctuelles, qu’il est désormais en possession de l’original de son acte de naissance et que l’ensemble des conditions légales prévues par les articles 21-15 et suivants du code civil sont remplies, M. A... ne conteste pas ne pas avoir déposé auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme, antérieurement au courrier du 27 janvier 2026, un dossier complet au soutien de sa demande de naturalisation. Dans ces conditions, le dossier présenté par M. A... n’étant pas complet, la lettre datée du 27 janvier 2026 de classement sans suite de sa demande de naturalisation ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A..., en toutes ses conclusions, est manifestement irrecevable et doit, en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, être rejetée.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Clermont-Ferrand, le 1er juin 2026.

La présidente du tribunal,





J. FÉMÉNIA

La République mande et ordonne à la préfète du Puy-de-Dôme, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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