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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2600647

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2600647

vendredi 20 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2600647
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. A... qui contestait le classement sans suite de sa demande de naturalisation. Le juge a estimé que cette décision de classement, prise en raison d'un dossier incomplet, ne constituait pas un acte faisant grief susceptible d'un recours pour excès de pouvoir. La juridiction s'est fondée sur l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 et a jugé la requête manifestement irrecevable au sens de l'article R. 222-1 du code de justice administratif.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête en registrée le 19 février 2026, M. B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 19 janvier 2026 par laquelle la préfète du Puy-de-Dôme a classé sa demande de naturalisation sans suite ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Puy-de-Dôme de rouvrir l’instruction de son dossier.

Il soutient qu’il n’a jamais été destinataire d’une demande de pièces complémentaires que ce soit sur son espace personnel de la plateforme ANEF ou par voie électronique.

Vu l’ensemble des pièces du dossier ;

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article R. 411-1 du même code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 de ce code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ».

En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n’appartient pas à la juridiction administrative d’accueillir des conclusions tendant à d’autres fins que l’annulation d’une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d’une personne publique à verser une somme d’argent. Ainsi, le juge administratif ne peut pas faire œuvre d’administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l’annulation d’un acte administratif prononcée à titre principal.

Enfin, aux termes de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ».

Le refus d’enregistrer une demande tendant, comme en l’espèce, à l’acquisition de la nationalité française, à l’appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir.

Par la présente requête, M. A... demande au tribunal d’annuler la décision du 19 janvier 2026 par laquelle la préfète du Puy-de-Dôme a classé sa demande de naturalisation sans suite, et d’enjoindre à cette autorité de rouvrir son dossier. Toutefois, en se bornant à soutenir qu’il n’a jamais reçu de demande de pièce complémentaire, M. A... ne conteste pas ne pas avoir déposé auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme un dossier complet au soutien de sa demande de naturalisation. Dans ces conditions, le dossier présenté par M. A... n’étant pas complet, la lettre datée du 19 janvier 2026 de classement sans suite de sa demande de naturalisation ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A..., en toutes ses conclusions, est manifestement irrecevable et doit, en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....





Fait à Clermont-Ferrand, le 20 février 2025.


La présidente,





S. BADER-KOZA


La République mande et ordonne à la préfète du Puy-de-Dôme, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.





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