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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2601116

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2601116

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2601116
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de la SARL Loukum comme étant manifestement irrecevable. La société demandait au juge de réexaminer sa situation et de reconsidérer le rejet de sa demande d'indemnisation, sans toutefois attaquer une décision administrative spécifique ni solliciter l'annulation d'un acte ou la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme. Le tribunal a appliqué les articles R. 222-1, R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, rappelant que le juge administratif ne peut se substituer à l'administration et ne peut être saisi que par un recours contre une décision ou pour une demande indemnitaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 mars 2026, la SARL Loukum saisit le tribunal d’un « recours gracieux indemnisation », demande le réexamen de sa situation et que soit reconsidérée la décision de rejet de sa demande d’indemnisation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) »

Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ».
Il résulte de ces dispositions que, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n’appartient pas à la juridiction administrative d’accueillir des conclusions tendant à d’autres fins que l’annulation d’une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d’une personne publique à verser une somme d’argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d’administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l’annulation d’un acte administratif prononcée à titre principal.

Par la présente requête, la SARL Loukum, dont la requête est intitulée « recours gracieux indemnisation », demande au tribunal d’examiner sa situation et de « reconsidérer la décision de rejet de [sa] demande d’indemnisation afin que le préjudice réellement subi puisse être pris en compte ». Toutefois, ce faisant, la société requérante, qui ne dirige pas sa requête contre une personne publique précisément désignée, ne soumet aucune conclusion aux fins d’annulation d’une décision administrative implicite ou expresse ou aux fins de condamnation d’une personne publique au paiement d’une somme d’argent. Dans ces conditions et alors qu’il n’appartient pas au juge administratif de se substituer à l’administration, la requête de la SARL Loukum est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit, ainsi, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de la SARL Loukum est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Loukum.


Fait à Clermont-Ferrand, le 26 mars 2026.


La présidente de la 1ère chambre,




R. CARAËS



La République mande et ordonne à la préfète du Puy-de-Dôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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