jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-1902438 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | SELARL SAMSON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 octobre 2019 et le 23 janvier 2020, M. B A, représenté par Me Samson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 30 octobre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de procéder à la correction de son relevé d'information intégral relatif à son permis de conduire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui réattribuer les six points relatifs aux infractions des 3 et 11 janvier 2017, du 17 février 2017, du 3 mars 2017 et des 22 et 25 avril 2017 ainsi que des quatre points liés au stage de sensibilisation à la sécurité routière suivi les 26 et 27 février 2018, et par suite de la correction des mentions de son relevé d'information intégral, de reconstituer son capital de points, au moins crédité de 10 points.
Il soutient que :
- en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route, il devait récupérer le 11 novembre 2017 le point retiré en conséquence de l'infraction du 11 janvier 2017 dès lors qu'il n'a commis aucune infraction dans le délai de six mois suivant l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée le 11 mai 2017 ;
- il en est de même pour le point retiré à la suite de l'infraction commise le 17 février 2017 qu'il était en droit de récupérer le 22 novembre 2017, après l'expiration du délai de six mois suivant l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée intervenue le 22 mai 2017 ;
- selon la même logique, il devait récupérer le 26 octobre 2017 le point retiré à la suite de l'infraction commise le 3 janvier 2017 dès lors qu'aucune nouvelle infraction n'a été commise dans le délai de six mois suivant l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée intervenue le 26 avril 2017 ;
- il devait récupérer le point retiré à la suite de l'infraction commise le 3 mars 2017 le 27 décembre 2017 dès lors qu'aucune nouvelle infraction n'a été commise dans le délai de six mois suivant l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée intervenue le 27 juin 2017 ;
- le titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée relative à l'infraction commise le 22 avril 2017 a été émis le 8 août 2017 et aucune infraction nouvelle ne peut lui être reprochée dans les six mois suivants cette date, de sorte qu'il était en droit de récupérer un point le 8 février 2018 ;
- il devait récupérer le point retiré à la suite de l'infraction commise le 25 avril 2017 le 15 février 2018 dès lors qu'aucune nouvelle infraction n'a été commise dans le délai de six mois suivant l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée intervenue le 15 août 2017 ;
- enfin, les quatre points acquis à la suite du stage de sensibilisation effectué les 26 et 27 février 2018 devaient lui être attribués ;
- l'administration ne peut utilement se prévaloir d'infractions dites " dormantes " en date des 14 et 20 septembre 2017 et du 20 octobre 2017 dès lors qu'elles n'ont pas donné lieu à des retraits de points ; elles n'ont donc pas interrompu le délai de six mois prévu à l'article L. 223-6 du code de la route ;
- les mentions de son relevé d'information intégral doivent être corrigées et son solde de points doit être crédités de dix points.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 janvier 2020, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, et à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la décision portant invalidation du permis de conduire de M. A lui a été régulièrement notifiée le 30 décembre 2017 ; il s'ensuit que les conclusions dirigées contre les décisions portant retrait de points sont devenues définitives et sont dépourvues d'objet ;
- en contestant la décision implicite de rejet de son recours gracieux, M. A passe sous silence l'existence de la décision 48 SI qui a annulé son permis de conduire pour solde de point nul, devenue définitive ; si le tribunal devait se considérer tout de même comme saisi de conclusions dirigées contre cette décision, il ne pourrait que constater leur tardiveté dès lors que cette décision, revêtue de la mention des voies et délais de recours, a été notifiée le 30 décembre 2017, ce dont il résulte que le délai de recours contentieux de deux mois était expiré à la date d'enregistrement de la présente requête ;
- à titre subsidiaire, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il pouvait bénéficier de la restitution des points relatifs aux infractions qu'il vise dans la mesure où il a commis d'autres infractions durant le délai de carence de six mois, et même, son permis de conduire a perdu sa validité ; il n'est pas davantage fondé à soutenir qu'il pouvait bénéficier d'un crédit de quatre points après avoir effectué un stage de sensibilisation les 26 et 27 février 2018 dès lors que la décision portant invalidation de son permis de conduire lui avait déjà été notifiée, le 30 décembre 2017.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se prévaut d'un courriel du 20 août 2019 qu'il a adressé au ministre de l'intérieur sur le fondement des dispositions de l'article L. 112-8 du code des relations entre le public et l'administration et aux termes duquel il a demandé au bureau national des droits à conduire de corriger plusieurs erreurs matérielles qui affecteraient son relevé d'information intégral relatif à son permis de conduire. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, l'article L. 112-8 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que : " Toute personne, dès lors qu'elle s'est identifiée préalablement auprès d'une administration, peut, dans des conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat, adresser à celle-ci, par voie électronique, une demande, une déclaration, un document ou une information, ou lui répondre par la même voie. Cette administration est régulièrement saisie et traite la demande, la déclaration, le document ou l'information sans lui demander la confirmation ou la répétition de son envoi sous une autre forme. "
3. D'autre part, l'article L. 225-1 du code de la route, dans la version applicable, dispose que : " I.-Il est procédé, dans les services de l'Etat et sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, à l'enregistrement : 1° De toutes informations relatives aux permis de conduire dont la délivrance est sollicitée ou qui sont délivrés en application du présent code, () ; / 2° De toutes décisions administratives dûment notifiées portant restriction de validité, retrait, suspension, annulation et restriction de délivrance du permis de conduire, ainsi que des avertissements prévus par le présent code ; / 3° De toutes mesures de retrait du droit de faire usage du permis de conduire qui seraient communiquées par les autorités compétentes des territoires et collectivités territoriales d'outre-mer ; / 4° De toutes mesures de retrait du droit de faire usage du permis de conduire prises par une autorité étrangère et communiquées aux autorités françaises conformément aux accords internationaux en vigueur ; / 5° Des procès-verbaux des infractions entraînant retrait de points et ayant donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire ou à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ; / 6° De toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ; /7° De toute modification du nombre de points affectant un permis de conduire dans les conditions définies aux articles L. 223-1 à L. 223-8. / 8° Du nombre de points affectés au conducteur mentionné au I de l'article L. 223-10 lorsque ce conducteur a commis une infraction entraînant un retrait de points, de toute modification de ce nombre et des décisions administratives dûment notifiées portant interdiction de conduire sur le territoire national. / II.-Ces informations peuvent faire l'objet de traitements automatisés, soumis aux dispositions de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. ". Le relevé d'information intégral relatif à un permis de conduire particulier est un extrait du fichier national du permis de conduire, qui recense l'ensemble des informations visées par ces dispositions, et notamment, les décisions de retrait de points ainsi que les décisions modifiant le nombre de points en application de l'article L. 223-6 du code de la route.
4. Il ressort des pièces du dossier que par un courriel adressé le 20 août 2019 au bureau des droits à conduire, via la plateforme de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), et dont un accusé de réception automatique a été délivré le même jour à 20h42, M. A a demandé au ministre de l'intérieur de corriger les mentions du relevé d'information intégral relatif à son permis de conduire au motif que celui-ci ne porte pas mention des points récupérés en application de l'alinéa 3 de l'article L. 223-6 du code de la route au titre de six infractions, commises les 3 et 11 janvier 2017, le 17 février 2017, le 3 mars 2017, les 22 et 25 avril 2017, ni du crédit de quatre points afférent au stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a suivi les 26 et 27 février 2018.
5. S'il résulte de la combinaison de l'ensemble des dispositions énoncées aux points 2 et 3 que le titulaire d'un permis de conduire peut demander à l'administration de procéder à la correction d'une erreur matérielle entachant les mentions de l'extrait du fichier national du permis de conduire qui le concerne, il ne peut, en revanche, utiliser cette procédure de rectification d'erreur matérielle en soutenant que le ministre de l'intérieur aurait omis de prendre en compte certaines décisions de récupération ou de crédit de points dont l'existence suppose que l'administration aurait commis une erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route lorsque les décisions de retrait de points correspondantes et la décision qui s'ensuit prononçant l'invalidation du permis de conduire sont devenues définitives.
6. En l'espèce, le ministre de l'intérieur établit, par les pièces qu'il verse à l'instance, que le pli contenant la décision 48 SI portant l'indication des voies et délais de recours et prononçant l'invalidation du permis de conduire de M. A lui est revenu avec la mention " Pli avisé et non réclamé " à la date du 30 décembre 2017, ce que ne conteste pas M. A, qui reconnait par ailleurs la régularité de cette notification. Il s'ensuit que cette décision est devenue définitive deux mois plus tard. Dans ces conditions, à la date à laquelle il a présenté sa demande de rectification au ministre de l'intérieur, le 20 août 2019, le requérant ne pouvait plus utilement, au soutien des erreurs matérielles dont il demandait la correction, prétendre que l'administration aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route en ce qui concerne les infractions ayant concouru à l'anéantissement de son solde de points, de même qu'en ce qui concerne la prise en compte d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué postérieurement au 30 décembre 2017. Il s'ensuit que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le ministre de l'intérieur a refusé de corriger les mentions de son relevé d'information intégral.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions accessoires à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La présidente
V. QUEMENER La greffière,
M.DANGENG
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026