jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2000679 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | MARCEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mars 2020, Mme H D, représentée par Me Marcel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 janvier 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Landes a, après avis de la commission de recours amiable, rejeté sa demande de réévaluation de ses droits à l'aide personnalisée au logement à compter du mois de juin 2019 ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Landes le versement de l'aide personnalisée au logement depuis le 12 juin 2019, en prenant en compte la garde alternée des trois enfants de B D ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'erreur de droit, l'aide personnalisée au logement étant au nombre des allocations partageables entre les parents en situation de garde alternée en vertu de l'arrêt du Conseil d'Etat n° 398563 du 21 juillet 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2022, la caisse d'allocation familiales des Landes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'arrêt du Conseil d'Etat n° 398563 du 21 juillet 2017 ne s'appliquait qu'à un cas précis ; en l'absence d'instruction de la caisse nationale d'allocations familiales, il ne pouvait être étendu à d'autres dossiers ; le recours de Mme D a été formé antérieurement à l'instruction du 19 février 2020 ;
- la commission de recours amiable a fait une juste appréciation du principe de l'unicité de l'allocataire ;
- le calcul des droits à l'aide personnalisée au logement tient compte de la résidence alternée des enfants de la requérante depuis mars 2021.
La procédure a été communiquée à M. F C qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 8 septembre 2022 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience :
- le rapport de Mme G ;
- et les observations de Me Marcel, représentant Mme D, qui confirme ses écritures, en indiquant que la position de la caisse d'allocations familiales est contraire à la jurisprudence
La caisse d'allocations familiales des Landes et M. C n'étant ni présents, ni représentés, la clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. De l'union de Mme D et de M F C, sont nés trois enfants. Dans le cadre de la procédure en divorce, par un jugement du 11 juin 2019, le tribunal pour enfants de A a levé la mesure initiale de placement des enfants chez leur père. Par un courriel du 21 juin 2019, complété par une déclaration de choix des parents, retourné le 11 juillet 2019, Mme D a informé les services de la caisse d'allocations familiales des Landes du jugement du tribunal pour enfants du 11 juin 2019 et de la mise place d'une garde alternée et sollicité en conséquence le rétablissement de ses droits à l'aide personnalisée au logement à compter du 12 juin 2019, date d'effectivité de la garde alternée. En l'absence d'accord des deux parents concernant l'allocataire bénéficiaire des allocations, la demande de la requérante a été rejetée par une décision du 15 octobre 2019. Mme D a formé un recours administratif à l'encontre de cette décision, rejeté par une décision du 10 janvier 2020 de la commission de recours amiable. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cette décision.
Sur le droit à l'aide personnalisée au logement :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur les droits d'une personne à l'aide personnalisée au logement, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.
3. Aux termes de l'article L. 351-3 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable jusqu'au 31 août 2019, l'aide personnalisée au logement est calculée en fonction d'un barème qui prend notamment en compte " la situation de famille du demandeur de l'aide occupant le logement et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ". Aux termes de l'article R. 351-8 du même code, dans sa rédaction applicable jusqu'au 31 août 2019 : " Sont considérés comme personnes à charge au sens des titres III à V du présent livre, sous réserve qu'ils vivent habituellement au foyer : / 1° Les enfants ouvrant droit aux prestations familiales () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 521-2 du code de la sécurité sociale : " En cas de résidence alternée de l'enfant au domicile de chacun des parents telle que prévue à l'article 373-2-9 du code civil, mise en œuvre de manière effective, () la charge de l'enfant pour le calcul des allocations familiales est partagée par moitié entre les deux parents soit sur demande conjointe des parents, soit si les parents sont en désaccord sur la désignation de l'allocataire ".
4. Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable à compter du 1er septembre 2019 : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; () ". Aux termes de l'article L. 823-2 du même code applicable à compter du 1er septembre 2019 : " Pour effectuer le calcul découlant du 1° de l'article L. 823-1, l'enfant à charge est rattaché à la personne qui en assume la charge effective et permanente. / En cas de résidence alternée de l'enfant au domicile de chacun des parents telle que prévue à l'article 373-2-9 du code civil, mise en œuvre de manière effective, les parents désignent le bénéficiaire de l'aide. / Cependant, la charge de l'enfant pour le calcul des aides personnelles au logement est partagée entre les deux parents allocataires, soit sur demande conjointe des parents, soit si les parents sont en désaccord sur la désignation du bénéficiaire, selon des modalités définies par voie réglementaire. ".
5. Enfin, aux termes de l'article L. 351-3-1 du code de la construction et de l'habitation, repris à l'article R. 823-10 de ce code désormais en vigueur : " I. L'aide personnalisée au logement est due à partir du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel les conditions d'ouverture du droit sont réunies. () Lorsque les conditions d'ouverture du droit sont réunies antérieurement au mois de la demande, l'aide n'est due qu'à compter du premier jour du mois au cours duquel la demande est déposée. () ".
6. Il résulte de ces dispositions que les enfants en situation de résidence alternée sont pris en compte pour le calcul des prestations familiales et les enfants en situation de garde alternée doivent être regardés comme vivant habituellement au foyer de chacun de leurs deux parents. Ainsi, la caisse d'allocations familiales n'est pas fondée à soutenir qu'un " principe d'unicité de l'allocataire " s'opposerait à la prise en compte de ces enfants pour la détermination du montant de l'aide personnalisée au logement. Ils doivent, par suite, être pris en compte pour le calcul de l'aide personnalisée au logement sollicitée, le cas échéant, par chacun des deux parents, qui ne peut toutefois prétendre à une aide déterminée sur cette base qu'au titre de la période cumulée pendant laquelle il accueille l'enfant à son domicile au cours de l'année.
7. Il résulte de ce qui a été dit au point 1, que par un jugement du 11 juin 2019, le tribunal pour enfants de A a fixé la résidence habituelle des trois enfants du couple en alternance au domicile de chacun des parents à compter du jour même. Il résulte également de l'instruction, que Mme D en a informé les services de la caisse d'allocations familiales des Landes par un courriel du 21 juin 2019, complété par une déclaration réceptionnée le 11 juillet 2019, de sorte qu'en vertu des dispositions précitées de l'article R. 823-10 du code de la construction et de l'habitation, la garde alternée des enfants de B D devait être prise en compte par la caisse d'allocations familiales des Landes pour le calcul de ses droits à l'aide personnalisée au logement à compter du mois de juillet 2019. Dans ces conditions, Mme D est fondée à soutenir qu'en décidant que ses enfants ne pouvaient être pris en compte pour le calcul de ses droits à l'aide au logement, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Landes a méconnu les dispositions applicables.
8. Il résulte de ce qui précède que la décision du 15 janvier 2020 du directeur de la caisse d'allocations familiales des Landes doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. L'annulation prononcée au point précédent implique nécessairement qu'il soit procédé à un nouveau calcul des droits de Mme D à l'aide personnalisée au logement à compter du 1er juillet 2019 en tenant compte des motifs du présent jugement. Il y a lieu en conséquence d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Landes de procéder au calcul des droits de la requérante au titre de la période en litige et de lui restituer les sommes auxquelles elle avait droit au titre de cette allocation à partir de cette date, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Landes la somme 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 janvier 2020 du directeur de la caisse l'allocations familiales des Landes 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales des Landes de procéder au calcul des droits à l'aide personnalisée au logement à compter de Mme D à compter du 1er juillet 2019, conformément aux motifs du présent jugement, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : La caisse d'allocations familiales des Landes versera à Mme D la somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme H D, au ministre délégué chargé de la Ville et du Logement, à la caisse d'allocations familiales des Landes et M. F C.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La présidente,
Signé : V. QUEMENERLa greffière,
Signé : M. E
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé de la Ville et du Logement, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026