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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2000799

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2000799

mercredi 30 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2000799
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP BOUYSSOU & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 avril 2020, et un mémoire enregistré le 15 avril 2020, Mme F B, Mme A B épouse G et Mme E B épouse C, représentées par Me Cambot, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 22 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Jean-de-Luz en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section BW n° 32 (partie ouest) et BW n° 33 en zone naturelle - coupure d'urbanisme (Ncu) ;

2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Pays Basque la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- le rapport de présentation méconnait les exigences de l'article L. 151-4 du code de d'urbanisme dès lors qu'il indique s'être inspiré des études réalisées pour la révision du schéma de cohérence territoriale (SCoT) ou des études " Aménagement durable des stations " pour identifier les coupures d'urbanisation, alors que les parcelles en litige ne figurent pas dans ces documents ; le règlement graphique du PLU ne correspond donc pas au rapport de présentation puisque ces coupures d'urbanisation ne sont pas justifiées dans le rapport de présentation ; le rapport de présentation est donc insuffisant ;

- les conseillers communautaires n'ont pas été informés des modifications du zonage concernant les parcelles BW 32 et 33, intervenues après l'enquête publique, en méconnaissance des exigences de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales ;

- la modification du classement de ces parcelles, postérieurement à l'enquête publique, est illégale dès lors qu'elle ne procède pas de cette enquête publique : elle ne trouve son origine ni dans les avis des personnes publiques ni dans les observations du public, et pas davantage dans le rapport du commissaire enquêteur ;

- par ailleurs, les parcelles classées en zone Ncu n'entrent pas dans les prévisions de l'article L. 121-22 du code de l'urbanisme ; en réalité, les parcelles BW 62, 63, 89, 90 et 91 ont toutes les caractéristiques requises pour être classées en zone UCa ; les parcelles voisines 95, 96 et 97 forment un merlon séparant le lotissement de la résidence d'Antxeta.

Par une lettre enregistrée le 8 septembre 2020, Me Cambot informe le tribunal que Mmes B, B épouse G et B épouse C le déchargent de la défense de leurs intérêts.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2021, la communauté d'agglomération Pays Basque et la commune de Saint-Jean-de-Luz, représentées par Me Dunyach, concluent, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet au fond, et demandent au tribunal de mettre à la charge des requérantes une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles précisent que :

- les requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir contre la délibération attaquée ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 6 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 17 décembre 2021 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Perdu, présidente-rapporteure,

- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,

- et les observations de Me Dunyach pour la communauté d'agglomération Pays Basque et la commune de Saint-Jean-de-Luz.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 22 février 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque (CAPB) a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Jean-de-Luz. Par la présente requête, Mmes B, B épouse G et B épouse C demandent au tribunal l'annulation de cette délibération en tant qu'elle classe en zone Ncu les parcelles cadastrées section BW n° 32 et n° 33.

Sur la fin de non-recevoir :

2. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est domiciliée 261 chemin Marimiquelenia, quartier Acotz, à Saint-Jean-de-Luz, Mme B épouse G est domiciliée 201 chemin Marimiquelenia, quartier Acotz, à Saint-Jean-de-Luz, et Mme B épouse C est domiciliée 42, chemin d'Aguerria, quartier Acotz, à Saint-Jean-de-Luz. Dans ces conditions, sans qu'elles aient à justifier de la qualité de propriétaires des parcelles dont elles contestent le classement, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de justification de leur intérêt pour agir doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 121-22 du code de l'urbanisme : " Les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme doivent prévoir des espaces naturels présentant le caractère d'une coupure d'urbanisation ".

4. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à modifier le zonage ou les activités autorisées dans une zone déterminée. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

5. Il ressort des pièces du dossier que les parcelle cadastrées section BW 32 et BW 33 se situent dans le secteur Acotz-Nord et sont partiellement bâties, une maison à usage d'habitation se trouvant à cheval sur les limites de ces deux parcelles. La parcelle BW 33, de forme rectangulaire est de faible superficie, jouxte les parcelles BW 73 et 77 également construites, tandis que la parcelle BW 32 présente une superficie plus importante, laissant un plus grand espace herbacé, au nord et à l'ouest de la construction présente, ainsi que précisé, sur ces deux parcelles. Il ressort encore des pièces du dossier que ces parcelles sont desservies par l'ensemble des réseaux et se situent dans un secteur comprenant un ensemble de logements collectifs (le domaine d'Antxeta), des maisons individuelles situées le long du chemin Marimiquelenia et, en direction de l'océan, de campings comprenant un nombre important de résidences mobiles de loisir, les constructions étant visibles depuis les parcelles en litige. En outre, si la parcelle BW 33 jouxte, dans sa partie non construite, la parcelle BW92 laquelle est ensuite en contact direct avec les parcelles BW 89 et 90, également classées en zone Ncu, cet ensemble de parcelles ne présente pas d'homogénéité physique ni de lien fonctionnel avec la vaste zone Ncu située plus à l'est. Enfin, et pour les mêmes raisons, la parcelle BW 32, ne pouvait être regardée, dans sa totalité, comme un espace naturel présentant le caractère d'une coupure d'urbanisation.

6. Ainsi, en classant et en incluant dans la vaste zone Ncu située plus à l'est, la parcelle BW 33 et la partie ouest de la parcelle BW 32, les auteurs du plan local d'urbanisme de Saint-Jean-de-Luz ont fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 121-22 du code de l'urbanisme.

7. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens présentés à l'appui de la requête tendant à obtenir l'annulation partielle demandée de la délibération attaquée de la communauté d'agglomération Pays Basque n'est, en l'état, susceptible de fonder l'annulation demandée.

8. Il résulte de tout ce qui précède que Mmes B, B épouse G et B épouse C sont fondées à demander l'annulation de la délibération du 22 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Jean-de-Luz, en tant qu'elle classe en zone Ncu la parcelle BW 33 ainsi que la partie ouest de la parcelle BW 32.

Sur les frais de l'instance :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par la communauté d'agglomération et la commune de Saint-Jean-de-Luz, qui ont la qualité de partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à leur charge une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mmes B, B épouse G et B épouse C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La délibération du conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque du 22 février 2020 approuvant le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Jean-de-Luz est annulée en tant qu'elle classe en zone Ncu la parcelle BW 33 et la partie ouest de la parcelle BW 32.

Article 2 : La communauté d'agglomération Pays Basque et la commune de Saint-Jean-de-Luz verseront à Mmes B, B épouse G et B épouse C une somme de 1 000 euros (mille euros), au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F B, à Mme A B épouse G, à Mme E B épouse C, à la communauté d'agglomération Pays Basque et à la commune de Saint-Jean-de-Luz.

Délibéré après l'audience du 9 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Perdu, présidente,

Mme Duchesne, conseillère,

M. Diard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.

La présidente-rapporteure,

Signé : S. PERDUL'assesseure la plus ancienne,

Signé : M. D

La greffière,

Signé : P. SANTERRE

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

Signé : P. SANTERRE

N° 20000799

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