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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2000938

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2000938

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2000938
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantHMS ATLANTIQUE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mai 2020, ainsi qu'un mémoire, enregistré le 25 octobre 2021, M. D B et Mme F G, épouse B, représentés par Me Mathieu, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 27 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal applicable sur le territoire de la communauté de communes ;

2°) et de mettre à la charge de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la consultation des personnes publiques associées, prévue par les dispositions de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme, a été méconnue ;

- d'autre part, l'ampleur des modifications apportées au projet soumis à enquête publique, en particulier la suppression de secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées (STECAL), afin de tenir compte des avis des personnes publiques associées, nécessitait que ces dernières soient de nouveau consultées, en particulier le préfet, l'autorité environnementale (MRAe), la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) et la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) ; le public a ainsi été privé d'une garantie ;

- par ailleurs, le classement en zone 1AU soumise à une orientation d'aménagement et de programmation (OAP) de la parcelle AV n° 17 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- il est illégal également, par rapport au précédent classement de cette parcelle, en ce qu'il méconnaît les dispositions de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme, ainsi que les dispositions de l'article L. 121-23 du même code protégeant les espaces remarquables dès lors que le secteur comprend des zones humides et présente de forts enjeux écologiques ;

- ce classement méconnaît aussi les dispositions de l'article L. 121-22 du code de l'urbanisme dès lors que la parcelle fait partie d'un vaste ensemble naturel comprenant des zones humides, présentant le caractère d'une coupure d'urbanisation ;

- il méconnaît, en outre, les orientations du schéma de cohérence territoriale (SCoT) tendant à repérer et à protéger les zones humides, et à les classer en zone N ;

- il méconnaît, par ailleurs, les dispositions de la loi Littoral ; le document d'orientation et d'objectifs (DOO) du schéma de cohérence territoriale approuvé en 2014 ne délimite pas avec précision les agglomérations et villages existants, les coupures d'urbanisation et les espaces remarquables, et ne peut ainsi pas faire écran entre le PLUI et la loi Littoral ;

- le PLUI est incompatible avec le SCoT s'agissant de classements en zone urbaine des secteurs situés sur le territoire de Moliets-et-Maâ, de Capbreton, de Labenne ainsi que de la création de secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées (STECAL) et de zones naturelles indicées à Moliets-et-Maâ, Messanges, Soustons, Seignosse, Soorts-Hossegor, Labenne et Capbreton.

- des dispositions du PLUI méconnaissent l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, à Moliets-et-Maâ, à Messanges, à Soustons (Port d'Albret), à Soorts-Hossegor, à Capbreton et à Labenne ;

- des coupures d'urbanisation ne sont pas préservées à Messanges, Seignosse et Labenne, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-22 du même code ;

- enfin, des STECAL créés à Moliets-et-Maâ, à Messanges, Soustons, Seignosse, Soorts-Hossegor, Capbreton et Labenne, ne correspondent pas aux caractéristiques exigées à l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2021, la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud, représentée par le cabinet Noyer-Cazcarra, désormais représentée par le cabinet HMS Atlantique avocats, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité partielle de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond, et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 3 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle précise que :

- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à contester le PLUI dans son entier, qui couvre 22 communes autres que celle de Soorts-Hossegor où se trouvent leurs parcelles ;

- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par une ordonnance du 27 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 19 janvier 2022 à 12 h 00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Perdu, présidente-rapporteure,

- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,

- les observations de Me Mathieu, représentant M. et Mme B, présents ;

- et les observations de Me Cazcarra, représentant la communauté d'agglomération de Maremne Adour Côte-Sud, en présence de ses représentants Mme E et M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 27 février 2020, le conseil communautaire de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud (MACS) a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal applicable sur le territoire de la communauté de communes. Par la présente requête, M et Mme B demandent au tribunal d'annuler cette délibération.

Sur la fin de non-recevoir :

2. M. et Mme B sont propriétaires et nu-propriétaires, selon le cas, des parcelles nos 14, 15, 17, 248 et 249 situées à Soorts-Hossegor. Ainsi, ils justifient d'un intérêt à agir contre la délibération par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes de Maremne Côte-Sud (MACS), à laquelle appartient la commune de Soorts-Hossegor, a adopté le plan local d'urbanisme intercommunal, en tenant compte des orientations fixées dans le projet d'aménagement et de développement durable de ce territoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la consultation des personnes publiques associées :

3. Aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 ; (). ". Aux termes de l'article L. 132-7 du même code : " L'Etat, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l'article L. 1231-1 du code des transports, les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat et les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux sont associés à l'élaboration des schémas de cohérence territoriale et des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V./ Il en est de même des chambres de commerce et d'industrie territoriales, des chambres de métiers, des chambres d'agriculture et, dans les communes littorales au sens de l'article L. 321-2 du code de l'environnement, des sections régionales de la conchyliculture. Ces organismes assurent les liaisons avec les organisations professionnelles intéressées. ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le projet de plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) adopté par une délibération du conseil communautaire du 11 juillet 2019 a été soumis pour avis aux personnes publiques associées expressément énumérées dans le rapport de la commission d'enquête et que leurs avis ont été mis à la disposition du public. En outre, la communauté de communes justifie avoir transmis pour avis le projet du PLUI à la région Nouvelle-Aquitaine, à la chambre de commerce et d'industrie des Landes, à la chambre des métiers, au centre régional de la propriété forestière (CRPF) d'Aquitaine et à la section régionale de la conchyliculture, afin de recueillir leur avis sur le projet de PLUI. Ainsi, et dès lors qu'il n'est pas établi et qu'il ne ressort d'aucune pièce que les organismes HLM ou l'institut national des appellations d'origine contrôlée devaient être consultées, le moyen tiré de ce que la communauté de communes aurait omis de consulter des personnes publiques associées, doit être écarté.

5. Aucune disposition législative ou règlementaire n'impose de consulter de nouveau les personnes publiques associées lorsque les auteurs du PLUI ont tenu compte des propositions figurant dans des avis émis par des personnes publiques associées, et ont adopté un PLUI comportant des modifications par rapport au projet de plan d'urbanisme sur lequel lesdites personnes publiques s'étaient prononcées. Toutefois, lorsqu'une telle modification est de nature à avoir exercé une influence sur le sens de l'avis émis par les personnes publiques associées, celles-ci doivent en principe être à nouveau consultées, et il appartient à la personne responsable du plan d'organiser une nouvelle enquête publique ou de faire usage des dispositions de l'article L. 123-14 du code de l'environnement en prolongeant l'enquête publique ou en organisant une enquête complémentaire. L'irrégularité, qui résulte de l'abstention de la personne responsable du plan de ne pas procéder ainsi, n'entache cependant d'illégalité la délibération approuvant le plan local d'urbanisme que si elle a eu pour effet de nuire à l'information de l'ensemble des personnes intéressées par l'opération ou d'exercer une influence sur le sens des résultats de l'enquête publique.

6. En l'espèce, s'il est constant que la création de nombreux secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées (STECAL) prévus par à l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme, a été abandonnée par la communauté de communes afin de tenir compte, en particulier, de l'avis émis par le préfet des Landes, il ressort des pièces du dossier que lors de l'enquête publique, la communauté de communes s'est ainsi engagée à reclasser 102 STECAL sur les 131 secteurs particuliers initialement prévus, lesquels représentaient une superficie totale correspondant à 1,80 % du territoire intercommunal, en classant les parcelles concernées majoritairement en zone N indicées, et que le public a pu prendre connaissance de cet engagement. S'il ressort également des pièces du dossier qu'à l'issue de l'enquête publique, seuls 17 STECAL ont été maintenus sur les 29 annoncés dans le mémoire de la MACS produit en réponse aux avis des personnes publiques associées, durant l'enquête publique, ce qui représentait une superficie non contestée représentant 0,05 % du territoire intercommunal, il n'est nullement établi et il ne ressort d'aucune pièce produite que ces dernières modifications apportées au projet de PLUI après l'enquête publique, ont été, en raison de leur nature et de leur ampleur, de nature à exercer une influence sur le sens des résultats de l'enquête publique. Il ne peut donc être considéré qu'un nouvel avis des personnes publiques associées devait être recueilli, ou que l'enquête publique devait être prolongée ou complétée en raison de ces dernières suppressions de STECAL.

7. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme doit être écarté, en toutes ses branches.

8. Pour les mêmes motifs, à supposer que les requérants aient également entendus soutenir que les dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme ont été méconnues, il ressort des pièces du dossier que les modifications apportées au projet de PLUI, après l'enquête publique, tiennent compte des résultats de l'enquête publique et les requérants n'établissent nullement qu'elles affectent l'économie générale du PLUI. Aucune nouvelle consultation des personnes publiques ou nouvelle enquête publique ne devait être engagée, et le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le classement de la parcelle AV n° 17 en zone 1AU soumise à une OAP :

9. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-20 du même code : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement./ Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone. "11. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme, applicable aux communes littorales : " Les documents et décisions relatifs à la vocation des zones ou à l'occupation et à l'utilisation des sols préservent les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques./ Un décret fixe la liste des espaces et milieux à préserver, comportant notamment, en fonction de l'intérêt écologique qu'ils présentent, les dunes et les landes côtières, les plages et lidos, les forêts et zones boisées côtières, les îlots inhabités, les parties naturelles des estuaires, des rias ou abers et des caps, les marais, les vasières, les zones humides et milieux temporairement immergés ainsi que les zones de repos, de nidification et de gagnage de l'avifaune désignée par la directive 79/409 CEE du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages. ".

10. Enfin, aux termes de l'article L. 123-1-4 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans le respect des orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation comprennent des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports et les déplacements. / 1. En ce qui concerne l'aménagement, les orientations peuvent définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain et assurer le développement de la commune. () ".

11. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation ne peut être censurée par le juge administratif que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'un détournement de pouvoir.

12. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle AV n° 17, anciennement classée en zone AU2 dans le plan local d'urbanisme de la commune de Soorts-Hossegor, est classée dans le règlement du PLUI en litige en zone 1AU et comprise à l'intérieur d'une OAP destinée à permettre la réalisation d'une vingtaine de logements, dans un secteur situé au Sud de la commune, en continuité du bourg de Soorts, comprenant de nombreuses constructions situées immédiatement à l'est, au Sud-Est et au nord de cette OAP en direction de l'église Saint-Etienne.

13. D'une part, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de l'ancien classement de leur parcelle en zone AU2 qui, selon eux, tenait compte de l'insuffisance de la voie ouverte au public, et plus largement des réseaux, l'avenue de la Bouchonnerie n'étant pas goudronnée et ayant une largeur réduite, dès lors qu'il est justifié en défense de la réalisation d'un nouveau revêtement de l'avenue de la Bouchonnerie, de ce que les modifications nécessaires à la réalisation du projet porté par la collectivité, notamment la création d'une voie de desserte des futures constructions, seront à la charge du futur aménageur tandis qu'enfin, au vue des nombreuses constructions situées à proximité immédiate, aucune méconnaissance de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme n'est établi ni ne ressort des pièces du dossier. Ainsi, si la parcelle AV n° 17 correspond au jardin d'agrément de la maison des requérants, classée en zone urbaine, et se trouve en contact au Sud-Ouest avec un secteur naturel, eu égard aux caractéristiques du secteur dans lequel elle s'insère, à savoir la continuité immédiate du bourg de Soorts comprenant des commerces et de nombreuses habitations, le classement de cette parcelle en zone 1AU n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation. La circonstance alléguée qu'un classement en zone 2AU serait plus adapté ne suffit pas davantage à établir que le classement contesté serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

14. En outre, il ressort des pièces du dossier que les auteurs du PLUI ont créé une OAP en contact direct avec des constructions existantes, comprenant un ensemble limité de parcelles rejoignant, au Sud, l'avenue de la Bouchonnerie, afin d'aménager cet espace " à vocation résidentielle " et de créer une vingtaine de constructions destinées à l'habitation et/ou à des services accueillant du public, une voie de desserte et des chemins de promenades, bordés de haies et d'espaces paysagers. Il n'est nullement établi et il ne ressort d'aucune pièce produite qu'en incluant la parcelle AV n° 17 dans le périmètre de cette OAP, les auteurs du PLUI ont entachée leur décision une erreur manifeste d'appréciation. A cet égard, les circonstances que les requérants souhaitent conserver leur jardin d'agrément et que la maison se situe " à cheval " sur deux zones, situation qui au demeurant n'est pas nouvelle, ne font pas obstacle au classement contesté en zone 1AU soumise à une OAP.

15. D'autre part, il appartient aux auteurs du PLUI de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la compatibilité de ce plan avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral. Dans le cas où le territoire concerné est couvert par un schéma de cohérence territoriale, cette compatibilité s'apprécie en tenant compte des dispositions de ce document relatives à l'application des dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral, sans pouvoir en exclure certaines au motif qu'elles seraient insuffisamment précises, sous la seule réserve de leur propre compatibilité avec ces dernières.

16. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le SCoT de la communauté de communes MACS adopté le 4 mars 2014 n'a pas inclus ce secteur classé en zone 1AU au sein des espaces remarquables, au sens de la loi Littoral, identifiés à Soorts-Hossegor, et qu'une zone humide est présente, au Sud-Ouest de ce secteur 1AU soumis à l'OAP sus-décrite. En outre, le document d'orientation et d'objectifs (DOO) du SCoT n'interdit pas de classer en zone 1AU les zones humides, mais prescrit aux PLU de repérer précisément les zones humides et indique également que " les opérations d'aménagement ne doivent pas perturber l'équilibre biologique et chimique des zones humides littorales ", et la communauté de communes MACS précise que la délimitation de la zone 1AU exclut la quasi-intégralité de la zone humide de sorte que, l'incidence résiduelle de ce projet d'aménagement, est considérée comme faible. Dès lors, aucune incompatibilité du SCoT avec la loi Littoral, ne peut être retenue, ni méconnaissance des orientations du SCoT visant à protéger les zones humides. Et il n'est ni établi ni ne ressort des pièces du dossier qu'un espace remarquable, au sens des dispositions de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme, aurait dû être identifié et faisait obstacle au classement contesté.

17. Enfin, aux termes de l'article L. 121-22 du code de l'urbanisme : " Les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme doivent prévoir des espaces naturels présentant le caractère d'une coupure d'urbanisation ".

18. Si la compatibilité du schéma de cohérence territoriale avec les dispositions particulières au littoral doit s'apprécier à l'échelle du territoire qu'il couvre, et s'il appartient aux auteurs du schéma de cohérence territoriale de localiser les coupures d'urbanisation qu'ils entendent préserver sur le territoire, les choix ainsi opérés restent soumis au contrôle du juge quant à leur cohérence avec les objectifs poursuivis et leur compatibilité avec les dispositions législatives applicables. Les coupures d'urbanisation, que les dispositions précitées de l'article L. 121-22 du code de l'urbanisme imposent de prévoir dans un schéma de cohérence territoriale, ont pour finalité d'éviter l'urbanisation continue des zones agglomérées bordant le littoral en préservant, au sein ou à proximité de ces zones, des espaces demeurés à l'état naturel et qui ne seraient pas déjà protégés à cet égard à un autre titre. Enfin, les dispositions de l'article L. 121-22 du code de l'urbanisme ne font aucune obligation d'identifier toutes les coupures d'urbanisation pouvant exister sur le territoire du document d'urbanisme en litige.

19. Il est constant qu'aucune coupure d'urbanisation n'est identifiée dans ce secteur de la commune de Soorts-Hossegor, que ce soit dans le SCoT ou dans le PLUI en litige et, eu égard aux caractéristiques du secteur dans lequel s'insère cette zone 1AU, de superficie limitée, soumise à une OAP, à savoir un secteur déjà urbanisé correspondant au bourg de Soorts, aucune incompatibilité du SCoT avec la loi Littoral et aucune méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-22 du code de l'urbanisme ne peut être retenue, quand bien même une zone plus naturelle se situe au Sud-Ouest de ce secteur.

20. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité du classement de la parcelle AV n° 17 n'est pas établie et ne ressort pas des pièces du dossier.

En ce qui concerne la méconnaissance plus générale, par le règlement du PLUI, de la loi Littoral :

21. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. () ".

22. Il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales, en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions. En outre, dans les secteurs déjà urbanisés ne constituant pas des agglomérations ou des villages, des constructions peuvent être autorisées en dehors de la bande littorale des cent mètres et des espaces proches du rivage dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, sous réserve que ces secteurs soient identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme. En revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages.

23. Aux termes de l'article L. 121-3 du code de l'urbanisme, dans sa version issue de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, applicable au présent litige : " Le schéma de cohérence territoriale précise, en tenant compte des paysages, de l'environnement, des particularités locales et de la capacité d'accueil du territoire, les modalités d'application des dispositions du présent chapitre. Il détermine les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8, et en définit la localisation. ".

24. Il ressort du document d'orientation et d'objectifs (DOO) du SCoT adopté en 2014 qu'une prescription concerne le principe de continuité et prévoit que les agglomérations et les villages existants, au sens des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, seront qualifiés et délimités dans les PLU sur la base de la définition suivante : " Par agglomération et village, il faut entendre un ensemble de constructions organisées, comprenant ou ayant compris dans le passé récent, des équipements publics ou privés, créant une vie de village, par exemple des commerces ou des services publics ". Cette définition n'est ni imprécise ni ne conduit à méconnaître les exigences découlant de l'application de la loi Littoral. En outre, un " schéma d'application de la loi Littoral sur le SCoT de la MACS " composé de plusieurs cartes simplifiées, faisant apparaître les agglomérations et villages, au sens de la loi Littoral, les coupures d'urbanisation ou encore les espaces boisés significatifs du territoire intercommunal, ainsi qu'une cartographie globale, sont joints au SCoT, tandis que la compatibilité du PLUI avec ce schéma, à l'échelle du territoire intercommunal, est développée dans le rapport de présentation du PLUI.

25. Par ailleurs, les requérants se bornent à alléguer que le nombre et la densité des constructions présentes ne seraient pas suffisants, dans des secteurs identifiés à partir d'extraits de plans très succincts qu'ils produisent, pour justifier leur ouverture à l'urbanisation - par des classements en zones U ou AU - dans les communes de Moliets-et-Maâ, Lanton, Messanges, Soustons (à l'Est du Port d'Albret), Vieux-Boucau-les-Bains, Capbreton ou Labenne (secteur Est et Sud). Il ressort cependant des pièces du dossier que ces secteurs contestés se situent soit totalement en continuité avec l'agglomération existante, au sens des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, notamment en ce qui concerne les zones critiquées situées à Capbreton, soit visent à permettre d'étendre une zone d'activité ou un équipement tel qu'une station d'épuration ou une aire de camping-car, en ce qui concerne Moliets-et-Maâ, Labenne ou Soustons.

26. En revanche, le classement en zone urbaine, du secteur situé à l'Est du lac d'Hossegor (secteur du Rey), alors qu'il ressort des pièces du dossier que des constructions présentes y sont dispersées et présentent une très faible densité, méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.

27. S'agissant de la contestation des zones naturelles indicées, situées à Messanges, il n'est pas contesté qu'elles correspondent à des zones naturelles d'équipement (emprise d'une aire de stationnement ou d'un équipement public, en l'occurrence un incinérateur, comme c'est également le cas à Capbreton), à des zone naturelles touristiques correspondant à l'emprise existante de terrains de camping, dans lesquelles des constructions ne sont pas autorisées (3Nt3) ou les possibilités de construire sont très limitées (zone 2Nt2). Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les zones naturelles indicées identifiées à Moliets-et-Maâ (zone naturelle de sports et de loisirs), zone naturelle touristique (Nt1) à Seignosse ou Soorts-Hossegor, méconnaissent les dispositions de l'article L. 121-8 précitées.

28. Enfin, les requérants contestent la création de secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées (STECAL), prévus par les dispositions de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme, situés au sein de zones naturelles indicées définies dans les communes de Moliets-et-Maâ, Capbreton, Labenne, Messanges, Seignosse et Soorts-Hossegor en ce qu'ils se trouvent en dehors des agglomérations et villages existants, au sens des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Toutefois, ces secteurs se situent, par définition, dans des zones naturelles, et l'ensemble des STECAL ici contestés se situent en zone naturelle indicée sans qu'aucune erreur manifeste de ce classement ne soit établie ni ne ressorte des pièces du dossier. Ainsi, en ce qui concerne en particulier les deux STECAL contestés situés à Soustons et des zones économiques également contestées : celle située route du port d'Albret correspond à une activité existante de conserverie, d'autres prennent en compte une activité artisanale également existante, et ne permettent qu'une extension très limitée des bâtiments existants, tandis que des zones naturelles de sports et loisirs tiennent également compte d'activités existantes et que la zone naturelle du golf se trouve dans le prolongement de l'agglomération.

29. Si les requérants soutiennent encore que des secteurs situés à Messanges, Seignosse et Labenne présentent le caractère de coupures d'urbanisation, au sens des dispositions précitées de l'article L. 121-22 du code de l'urbanisme, ils ne l'établissent nullement en se bornant à produire des extraits de cartes issues des documents graphiques du PLUI sur lesquelles sont apposées des flèches censées indiquer ces coupures. En outre, il est constant que le SCoT définit des coupures d'urbanisation au sein du territoire de la communauté de communes, et en tout état de cause les auteurs du PLUI n'étaient pas dans l'obligation de classer l'ensemble des vastes espaces naturels séparant des espaces urbanisés en coupure d'urbanisation.

30. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à obtenir l'annulation de la délibération du 27 février 2020 en tant qu'elle ouvre à l'urbanisation le secteur situé à l'Est du Lac marin d'Hossegor (secteur du Rey).

Sur les frais de l'instance :

31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge des requérants, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la communauté de communes MACS. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la communauté de communes, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. et Mme B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La délibération du conseil communautaire de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud (MACS) du 27 février 2020 adoptant le plan local d'urbanisme intercommunal applicable sur le territoire de la communauté de communes est annulée en tant qu'elle classe en zone urbaine le secteur situé à l'Est du Lac marin d'Hossegor (secteur du Rey).

Article 2 : La communauté de communes MACS versera à M. et Mme B une somme de 1 000 euros (mille euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F G, épouse B, à M. D B et à la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud.

Copie pour information sera adressée à la commune de Soorts-Hossegor.

Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Perdu, présidente,

Mme Duchesne, conseillère,

M. Diard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.

La présidente-rapporteure,

Signé : S. PERDUL'assesseure la plus ancienne,

Signé : M. DUCHESNELa greffière,

Signé : M. C

La République mande et ordonne à la préfète des Landes, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

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