mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001308 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCPA F. DOUCHEZ - B. LAYANI-AMAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 juillet, 5 août et 22 octobre 2020, Mme C D, représentée par Me Lhomy, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Pau à lui verser une provision de 1 000 euros, à faire valoir sur l'indemnisation définitive des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de la chute dont elle a été victime, le 17 août 2018, alors qu'elle marchait sur un trottoir à proximité des halles de Pau ;
2°) de prescrire, avant-dire droit, une mesure d'expertise en vue de déterminer et d'évaluer l'ensemble des préjudices subis ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pau la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable dès lors que la commune a implicitement rejeté le recours préalable qu'elle lui a adressé ;
- le 17 août 2018, alors qu'elle marchait sur la voie publique le long des halles de la commune de Pau, elle a chuté au niveau d'une porte d'entrée des halles, non encore ouvertes au public ;
- cette chute lui a occasionné une double fracture de la cheville gauche ;
- la responsabilité de la commune doit être engagée dès lors que la différence de niveaux, à l'endroit où elle a chuté, est de 8 cm, ce qui constitue une sujétion anormale et excessive pour les usagers de la voie publique ; en outre, aucune signalisation n'était présente à cet emplacement le jour de l'accident ; la dalle podotactile mentionnée par la commune ne se situait pas au niveau du début du dénivellement ;
- à la suite de cet accident, la commune a installé une bande noire au sol, un panneau de danger ainsi qu'une rampe ;
- elle est ainsi fondée à solliciter le versement, par la commune, d'une provision de 1 000 euros et une mesure d'expertise est nécessaire en vue de déterminer et d'évaluer l'ensemble des préjudices subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2020, la commune de Pau, représentée par Me Layani-Amar, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet au fond, et demande au tribunal de mettre à la charge de la requérante les frais de l'expertise qui pourrait être ordonnée, ainsi que la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle précise que :
- la requête est irrecevable faute d'avoir été précédée d'une réclamation préalable ;
- au demeurant, la requérante n'apporte pas la preuve qui lui incombe du lien de causalité entre l'accident et l'ouvrage public ;
- la marche était signalée au moment de l'accident par trois rainures sur le bord et par une dalle podotactile ;
- les lieux ne présentaient pas de non-conformité ou de risques d'accident, sauf pour des piétons inattentifs ; l'accident de la victime est imputable à son inattention ;
- la circonstance que la commune a installé, peu de temps après l'accident, une bande noire, un panneau de danger et une rampe, ne vaut pas reconnaissance de sa responsabilité ;
- à titre subsidiaire, si une expertise devait être envisagée, avant-dire droit, la commune maintient que sa responsabilité ne peut être engagée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lhomy, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, alors âgée de 74 ans, a été victime d'une chute le 17 août 2018, alors qu'elle marchait sur la voie publique le long des nouvelles halles de la commune de Pau, avant leur ouverture au public. Cet accident lui a occasionné une double fracture de la cheville gauche. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal de prescrire, avant-dire droit, une mesure d'expertise et de condamner la commune de Pau, sur le terrain du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public, à lui verser une provision de 1 000 euros, à valoir sur l'indemnisation définitive des préjudices subis, qui interviendra après que l'expert désigné ait évalué l'ensemble des préjudices subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Mme D soutient que, le 17 août 2018, alors qu'elle marchait le long des nouvelles halles de Pau, elle a été déséquilibrée et a chuté en raison de la présence d'un trottoir au dénivelé progressif par rapport à la rue. Il résulte de l'attestation du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) en date du 26 octobre 2018 et du rapport d'intervention du SDIS que les services de secours ont été appelés le 17 août 2018 à 10 h 06 et sont intervenus à 10 h 16 pour un " blessé sur voie publique " place " Marguerite Laborde à Pau ", cette place étant située à proximité des halles, que la victime, Mme D, souffrait d'une entorse à la cheville gauche suite à une " chute mécanique ", et qu'elle a été transportée au centre hospitalier de Pau. En outre, la main courante de l'agent de sécurité des halles mentionne la chute d'une personne devant la porte automatique n° 5, située rue Simian, le 17 août 2018, à 10 h 15. La requérante produit également le rapport d'enquête établi le 12 octobre 2018, à la demande de son assureur, qui fait état de ce que, " selon les explications fournies par la victime les faits se sont produits sensiblement en face de la porte d'entrée des halles ", et indique, en outre, sur une photographie le " probable emplacement de la chute ". Il formule enfin l'hypothèse que " Mme D, lors de son cheminement, a vraisemblablement mis son pied gauche en contrebas du trottoir ".
4. Il résulte toutefois de l'instruction que le trottoir, reconstruit dans le cadre des travaux des halles, était entièrement terminé lors de l'accident, et ne présentait aucun défaut de conception ou de réalisation. La marche progressive, réalisée en vue de compenser le dénivelé naturel du sol, était signalée par trois rainures sur le bord de la marche permettant de délimiter visuellement le trottoir pour les piétons, et une dalle podotactile était installée à quelques centimètres du bord de cette marche dans le but d'éveiller la vigilance des usagers. En outre, des travaux étaient toujours en cours à l'extérieur des halles, avant leur ouverture au public intervenue en septembre 2018, de sorte qu'il appartenait aux usagers de redoubler de vigilance. Enfin, la circonstance qu'une rampe, une bande noire et un panneau de danger ont été mis en place ultérieurement, d'ailleurs à une date indéterminée, n'est pas de nature à établir la dangerosité de cette marche progressive ou un défaut de signalisation.
5. Par suite, et à supposer même que la chute ait bien eu lieu à l'endroit indiqué par la requérante, Mme D n'est pas fondée à chercher à engager la responsabilité de la commune de Pau sur le fondement des dommages de travaux publics.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense par la commune de Pau, et sans qu'il soit besoin de prescrire, avant-dire droit, une expertise, que les conclusions aux fins de versement d'une provision présentées par Mme D doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que réclame Mme D au titre des frais liés au litige.
8. Par ailleurs, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D, une somme de 600 euros au titre des frais exposés par la commune de Pau et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme D est rejetée.
Article 2 : Mme D versera à la commune de Pau une somme de 600 euros (six cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à la commune de Pau et à la mutuelle générale de l'éducation nationale.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
Signé : Le rapporteur,
F. ASigné : La présidente,
S. PERDULa greffière,
Signé : M. B
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026