mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001335 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 juillet 2020 et le 15 avril 2022, l'indivision F, Mme B G, M. A F et M. E F, représentés par Me Izembard, demandent au tribunal:
1°) d'annuler la délibération du 4 mars 2020 par laquelle la commune de Gimont a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Gimont une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable dès lors qu'ils sont propriétaires de terrains sur le territoire de la commune de Gimont;
- la délibération a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le projet soumis à l'enquête publique a été substantiellement modifié en cours d'enquête et ne correspondait plus au projet arrêté par le conseil municipal et soumis au public ;
- l'évaluation environnementale du projet est insuffisante au regard des exigences des articles L. 104-4 et L. 104-5 du code de l'urbanisme dès lors que l'analyse des incidences n'a pas porté sur chacune des zones spécifiques du plan local d'urbanisme, en particulier les zones AU et plus précisément la zone AULsm destinée à accueillir l'implantation d'un nouveau terrain de moto-cross par la suppression de plus 12 hectares de terres agricoles et naturelles ;
- la délibération attaquée est, par ailleurs, entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'il n'est fait aucune mention des modifications apportées au PLU en cours d'enquête publique ;
- la délibération attaquée méconnaît, en outre, les dispositions de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales dès lors que les conseillers municipaux n'ont pas été mis à même de solliciter des informations sur les changements opérés en cours d'enquête sans leur consentement ;
- le rapport de présentation est insuffisant au regard des exigences de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'explique pas l'ouverture à l'urbanisation de 39,89 hectares afin d'accueillir de nouveaux habitants, notamment en terme de perspectives démographiques ; l'inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités n'a pas davantage été réalisé ;
- le plan d'aménagement et de développement durable (PADD) méconnait l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme dès lors qu'il présente plusieurs incohérences s'agissant de l'analyse de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers et de la justification de l'objectif chiffré et qu'il est contradictoire avec le rapport de présentation ;
- le zonage AULsm est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il permet, par le mitage de l'espace rural et l'artificialisation des sols, et en méconnaissance des orientations générales du PADD, l'implantation d'un terrain de moto-cross qui existe déjà ; la zone AULsm ne peut accueillir que deux groupes de bâtiments et le terrain d'assiette de cet équipement sportif comprend des haies identifiées comme des éléments à préserver au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme et deux espaces boisés classés ;
- la révision du plan local d'urbanisme est également incompatible avec les objectifs énoncés à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme dès lors que l'ouverture à l'urbanisation de plus de 19 hectares va à l'encontre du principe de gestion économe des sols.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 novembre 2020 et le 13 mai 2022, la commune de Gimont, représentée par Me Courrech, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, demande, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de l'insuffisance de l'évaluation environnementale est inopérant ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Facelina, représentant la commune de Gimont.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 4 mars 2020, le commune de Gimont a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme. L'indivision F, Mme G, et MM. F demandent l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ". Il résulte de ces dispositions que les membres du conseil municipal appelés à délibérer sur l'adoption d'un plan local d'urbanisme doivent disposer, avant la séance, de l'ensemble du projet de plan que la délibération a pour objet d'approuver et que s'ils doivent pouvoir obtenir communication des autres pièces et documents nécessaires à leur information, aucun texte ni aucun principe n'impose toutefois au maire de leur communiquer ces pièces et documents en l'absence d'une demande de leur part.
3. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Gimont, n'étant pas couverte par un schéma de cohérence territoriale, a, en application de l'article L. 142-5 du code de l'urbanisme, demandé au préfet l'autorisation de déroger au principe de l'urbanisation limitée prévue à l'article L. 142-4 du même code. Cette demande a été rejetée par une décision de la préfète du Gers du 25 octobre 2019. Il ressort notamment de la délibération du 13 novembre 2019, par laquelle le conseil municipal a décidé de former un recours gracieux contre cette décision, qu'il a proposé de réduire la superficie de la zone U et AU et de restituer 9,18 hectares aux zones agricoles, naturelles et à urbanisation différée. Ces modifications ont reçu un avis favorable de la préfète, en cours d'enquête publique, et ont été introduites dans le PLU approuvé par le conseil municipal. En outre, 15 des membres du conseil municipal présents le 13 novembre 2019, ont participé à la séance du conseil municipal au cours de laquelle a été adoptée la délibération attaquée du 4 mars 2020, parmi lesquels 12 d'entre eux ont assisté à la réunion de travail du 26 février 2020 au cours de laquelle a été abordée l'adoption du projet de plan, ainsi que cela ressort de la pièce jointe à la convocation à cette réunion adressée par courrier électronique du 20 février 2020. Ces documents sont de nature à établir que la plupart des membres du conseil municipal, appelés à délibérer en vue de l'adoption de ce plan local d'urbanisme, étaient associés à la procédure d'élaboration de ce plan, et l'ont approuvé en toute connaissance de cause. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas de la délibération attaquée, et il n'est pas même allégué que l'un des membres du conseil municipal a sollicité lors de cette séance la consultation de documents ou d'information sur les modifications apportées en cours d'enquête qui lui aurait été refusée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la délibération du 4 mars 2020 par laquelle le conseil municipal de Gimont a adopté la révision de son plan local d'urbanisme présente un caractère réglementaire et n'avait pas, en conséquence, à être obligatoirement motivée. Par ailleurs, s'il est reproché à cette délibération de ne comporter aucune mention des modifications apportées au projet arrêté qui procèdent de l'enquête publique ou de l'avis des personnes publiques associées, elle n'avait pas à détailler la nature des modifications apportées au projet de plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la délibération attaquée doit être écarté comme étant inopérant.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 104-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors applicable : " Font également l'objet de l'évaluation environnementale prévue à l'article L. 104-1 les documents suivants qui déterminent l'usage de petites zones au niveau local : / 1° Les plans locaux d'urbanisme : / a) Qui sont susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, compte tenu notamment de la superficie du territoire auquel ils s'appliquent, de la nature et de l'importance des travaux et aménagements qu'ils autorisent et de la sensibilité du milieu dans lequel ceux-ci doivent être réalisés ; / b) Qui comprennent les dispositions des plans de déplacements urbains mentionnés au chapitre IV du titre Ier du livre II de la première partie du code des transports ; () ". Aux termes de l'article L. 104-3 du même code : " Sauf dans le cas où elles ne prévoient que des changements qui ne sont pas susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/ CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, les procédures d'évolution des documents mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 donnent lieu soit à une nouvelle évaluation environnementale, soit à une actualisation de l'évaluation environnementale réalisée lors de leur élaboration. ". Aux termes, en outre, de l'article L. 104-4 du même code : " Le rapport de présentation des documents d'urbanisme mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 : 1° Décrit et évalue les incidences notables que peut avoir le document sur l'environnement ; 2° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, dans la mesure du possible, compenser ces incidences négatives; 3° Expose les raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de la protection de l'environnement, parmi les partis d'aménagement envisagés, le projet a été retenu. ". Aux termes, enfin, de l'article L. 104-5 du même code : " Le rapport de présentation contient les informations qui peuvent être raisonnablement exigées, compte tenu des connaissances et des méthodes d'évaluation existant à la date à laquelle est élaboré ou révisé le document, de son contenu et de son degré de précision et, le cas échéant, de l'existence d'autres documents ou plans relatifs à tout ou partie de la même zone géographique ou de procédures d'évaluation environnementale prévues à un stade ultérieur. ". Aux termes de l'article R. 151-3 du même code : " Au titre de l'évaluation environnementale lorsqu'elle est requise, le rapport de présentation : / 1° Décrit l'articulation du plan avec les autres documents d'urbanisme et les plans ou programmes mentionnés à l'article L. 122-4 du code de l'environnement avec lesquels il doit être compatible ou qu'il doit prendre en compte ; / 2° Analyse les perspectives d'évolution de l'état initial de l'environnement en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d'être touchées de manière notable par la mise en œuvre du plan ; / 3° Expose les conséquences éventuelles de l'adoption du plan sur la protection des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement, en particulier l'évaluation des incidences Natura 2000 mentionnée à l'article L. 414-4 du code de l'environnement ; / 4° Explique les choix retenus mentionnés au premier alinéa de l'article L. 151-4 au regard notamment des objectifs de protection de l'environnement établis au niveau international, communautaire ou national, ainsi que les raisons qui justifient le choix opéré au regard des solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographique du plan ; / 5° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser, s'il y a lieu, les conséquences dommageables de la mise en œuvre du plan sur l'environnement ; () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la révision du plan local d'urbanisme tend en particulier à créer une zone AULsm concernant un site de 19,32 hectares, situé dans le secteur Emplaoues, composé de terrains classés, antérieurement à la modification, en zone agricole et naturelle, qu'elle vise à permettre la réalisation d'un pôle de loisirs et qu'elle comprend déjà des constructions. Le rapport de présentation prévoit que " Le déplacement du conservatoire des figuiers permet d'envisager l'accueil d'activités de loisirs spécifiques sur un site, situé à l'extrême Ouest du territoire, accessible depuis la RN 124 au Nord, et limitée au Sud par l'emprise de la voie ferrée. Dédié aux engins motorisés, le nouveau secteur permet de déplacer le site du moto-cross et de rendre au glacis situé en contrebas de l'esplanade des capucins sa vocation paysagère initiale ". De plus, les orientations d'aménagement et de programmation du secteur prévoit la préservation des espaces boisés classés existants, la création d'une haie protégée au titre de la catégorie des espaces boisés classés, la prise en compte de l'acoustique par la création de haies en bordure du site, la création de plusieurs espaces boisés classés nouveaux et la mise en place de merlons plantés à l'intérieur du site. Si le règlement de la zone AULsm permet la constructibilité du site, il la restreint aux constructions, aménagements et installations, y compris l'hébergement, liés aux activités de loisirs d'engins motorisés, dans la limite de 40 m² de plancher par bâtiment, et l'assortit d'obligations en termes de végétalisation, imposant que le pourtour des aires de stationnement soit planté ou végétalisé et utilise des matériaux au sol non imperméabilisant. Ainsi, il n'est pas établi au regard de ces évolutions et des enjeux environnementaux du site, qui ne se situe pas au sein de la trame verte et bleue, que la modification envisagée par le plan, qui n'a d'ailleurs pas fait l'objet d'un avis express par la mission régionale d'autorité environnementale Occitanie dans le délai qui lui était imparti, est susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II de la directive 2001/42/CE du 27 juin 2001, alors au demeurant que la zone litigieuse ne couvre que 0,70 % du territoire communal, que le site était déjà urbanisé et qu'il ressort du diagnostic environnemental qu'il ne présente qu'une surface restreinte d'espaces verts ainsi qu'une faible biodiversité. Enfin, la circonstance que la commune comprend deux zones naturelles d'intérêt floristique et faunistique, au demeurant aucunement situées à proximité du secteur litigieux, n'est pas de nature à établir, à elle seule, que la modification en cause aurait des effets notables sur l'environnement. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de l'évaluation environnementale, librement réalisée, doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. () / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'approbation du plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités. ".
8. Si les requérants soutiennent que le rapport de présentation est insuffisant dès lors qu'il n'expliquerait pas l'ouverture à l'urbanisation de 39,89 hectares afin d'accueillir de nouveaux habitants, notamment en terme de perspectives démographiques, il ressort toutefois du rapport de présentation qu'il analyse l'évolution démographique depuis 1968 (page 51) et montre d'une part une évolution positive de la courbe de population grâce au solde migratoire, corrélée aux constructions nouvelles, et d'autre part, fait état d'une augmentation de la pression foncière qui résultera des travaux à brève échéance de l'axe routier transformé en quatre voies et ramenant à 30 minutes le trajet entre Gimont et Toulouse, sans compter la dynamique économique du territoire, se traduisant nécessairement par une augmentation des nouveaux habitants, à l'instar de la situation de l'Isle-Jourdain. L'augmentation de la population est, par ailleurs présentée, à travers les besoins qu'elle peut générer et l'offre d'équipements scolaire, sportif ou associatif nécessaires (page 159). Le rapport de présentation conclut au développement des secteurs actuellement disponibles, représentant 252,34 hectares et dont l'urbanisation engendrerait la réalisation de 1 682 logements (parcelles de 1 200 m² en moyenne) ce qui correspondrait à une population supplémentaire de 3 700 personnes.
9. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que le rapport de présentation est insuffisant dès lors que l'inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités n'a pas été réalisé, il ressort toutefois du rapport de présentation que le plan de circulation figurant page 79 identifie les zones de stationnement limitée et les différentes aires de stationnement et le nombre d'emplacement sont recensées page 71 et photographiées page 72 du rapport. Si la problématique des liaisons douces est évoquée en page 80 du rapport de présentation, aucun inventaire des bornes de rechargement de véhicules électriques et des capacités de stationnement des vélos ou les possibilités de mutualisation des capacités de stationnement n'est établi. Pour autant, eu égard au caractère essentiellement rural de la commune, caractérisant 76,8 % de la superficie de la commune selon le diagnostic agricole, et dès lors qu'il n'est pas établi ni même soutenu que le stationnement des véhicules motorisés et des vélos au sein de la commune qui n'ont pas fait l'objet d'un inventaire à ce titre soulèverait des difficultés particulières susceptibles d'avoir des incidences sur les choix d'aménagement retenus par les auteurs du plan local d'urbanisme, le rapport de présentation de celui-ci peut être regardé comme suffisant. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme alors applicable : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. /Il peut prendre en compte les spécificités des anciennes communes, notamment paysagères, architecturales, patrimoniales et environnementales, lorsqu'il existe une ou plusieurs communes nouvelles. ".
11. Il ressort des orientations d'urbanisme et d'aménagement du PADD que l'objectif de la commune est de préserver et valoriser le paysage, l'environnement, les espaces naturels mais aussi d'accueillir les premiers arrivants en priorité en prenant en compte les logements vacants (20 % comptabilisés au PADD) et les dents creuses disponibles (en secteur pavillonnaire notamment) puis de programmer l'extension de l'urbanisation au regard de la capacité des réseaux mais aussi en fonction des équipements. Le rapport de présentation, quant à lui, présente les différentes zones dans lesquelles ces objectifs vont se décliner, en comparant en particulier la consommation d'espaces agricoles à celle réalisée en application du précédent PLU approuvé en 2009, pour montrer une consommation moindre qu'en 2009 laissant ainsi une surface agricole totale de 1 787,89 hectares contre 1 836,73 hectare et prévoyant une augmentation de 114,51 hectares de la zone naturelle. Il résulte en outre de ce qui a été énoncé au point 8 que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les besoins fonciers n'ont pas été surévalués. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme doit être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 153-33 du code de l'urbanisme : " La révision est effectuée selon les modalités définies par la section 3 du présent chapitre relatif à l'élaboration du plan local d'urbanisme. () ". Aux termes de l'article L. 153-19 du même code : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire. ". Aux termes de l'article L. 153-21 du même code : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : () / 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8. ".
13. Il résulte de ces dispositions que le projet de plan ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.
14. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que déjà précisé, que consultée sur le projet de PLU de la commune de Gimont, la préfète du Gers a, par une décision du 25 octobre 2019, refusé d'accorder la dérogation au principe de l'urbanisation limitée prévu à l'article L. 142-4 du code de l'urbanisme, exigée pour les communes non couvertes par un SCOT, au motif d'une consommation trop importante d'espace naturel, agricole et forestier. Le maire a été autorisé, par une délibération du conseil municipal du 13 novembre 2019, à exercer un recours gracieux à l'encontre de cette décision, dans lequel il a proposé de réduire la superficie de la zone U et AU. Par des courriers des 8 et 14 janvier 2020, la préfète du Gers a décidé de retirer sa décision du 25 octobre 2019 et de donner un avis favorable à la restitution proposée de plusieurs parcelles aux zones agricoles, naturelles et à urbanisation différée, pour une superficie de 9,18 hectares. L'enquête publique s'est déroulée du 9 janvier au 7 février 2020. Il ressort de l'avis du commissaire enquêteur qu'il a eu connaissance du recours gracieux exercé par le maire de la commune de Gimont à l'encontre de la décision de la préfète du Gers ainsi que des modifications en résultant. Il a ainsi recommandé de " mettre à jour le dossier " afin de le rendre compatible avec " l'accord amiable du 14 janvier 2020 ". Ainsi, cette modification du projet initial de PLU destinée à tenir compte de l'avis de la préfète doit être regardée comme procédant de l'enquête publique. En outre, la réduction après l'enquête publique, de l'urbanisation immédiate de ces zones représentant environ 9 hectares sur les 2 758 hectares du territoire communal, ne peut être regardée comme constituant une remise en cause de l'économie générale du projet, impliquant de recueillir de nouveau l'avis des personnes publiques associées et l'ouverture d'une nouvelle enquête publique pour soumettre cette modification au public.
15. En septième lieu, aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors applicable : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : / 1° L'équilibre entre : () b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; / c) Une utilisation économe des espaces naturels, la p
16. réservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; () ". Aux termes de l'article L. 151-1 du même code : " Le plan local d'urbanisme respecte les principes énoncés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. () ". Aux termes de l'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".
17. Le plan litigieux prévoit finalement d'ouvrir à l'urbanisation un total de 118 hectares, dont 19 hectares pour l'accueil d'un site de moto-cross, qui doivent être rapportées à la diminution de plus de 37 hectares de zones constructibles par rapport à l'état antérieur à la modification, laissant environ 1 787 hectares classés en zone agricole sur le territoire de la commune d'une superficie d'environ 2 758 hectares. En outre, il ressort des pièces du dossier que les auteurs du plan local d'urbanisme ont cherché, pour l'accueil de 1 125 personnes d'ici à 2035, ce qui nécessite la construction d'environ 600 logements, assorti en moyenne de 1 000 m² par lot, et une consommation d'espace de 59,80 hectares, à utiliser en priorité les espaces interstitiels vacants dans le village, à limiter le développement de l'habitat diffus et à permettre le développement des hameaux à l'intérieur d'une trame paysagère cohérente, et ce faisant, à limiter l'étalement urbain et l'artificialisation des terres agricoles, dans le respect du principe d'équilibre prévu par le 1° de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.
18. En huitième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 151-9 de ce code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-20 du même code : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone. ".
19. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables (PADD), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
20. Si l'axe 3 du PADD prévoit de préserver et valoriser le paysage, l'environnement, les espaces naturels, sensibles et protégés de la commune, vecteurs de la qualité de vie, il ressort de son premier axe qu'il vise également à soutenir et renforcer la dynamique économique, agricole et commerciale, génératrice d'emplois, tout en confortant l'offre touristique. A ce dernier titre, il prévoit de déplacer le conservatoire des figuiers sur le site Lafourcade et d'accueillir le futur site de moto-cross délocalisé à la place de l'actuel conservatoire. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le premier site a vocation à être remplacé par ce dernier. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 6 du présent jugement, la constructibilité du site est restreinte et la circonstance que le terrain d'assiette de cet équipement sportif comprend des haies identifiées comme des éléments à préserver au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme et deux espaces boisés classés, au demeurant identifiés et protégées par le plan litigieux, n'est pas de nature à faire obstacle à la réalisation du projet. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que la zone AULsm, qui correspond à l'opération d'aménagement et de programmation (OAP) " des secteurs de loisirs " liés aux engins motorisés, serait de nature à contredire les orientations du PADD et à interdire l'ouverture à l'urbanisation. En ouvrant immédiatement ce secteur de 19,32 hectares à l'urbanisation, composé de terrains déjà dégradés et ne présentant qu'une faible biodiversité, situés entre le route nationale 124 et la voie ferrée, les auteurs du plan local d'urbanisme n'ont pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées dans la requête de l'Indivision F et autres doivent être rejetées, de même que celles présentées en défense par la commune de Gimont tendant à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme.
Sur frais liés au litige :
22. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par l'indivision F et les autres requérants dirigées contre la commune, qui n'a pas la qualité de partie perdante, doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge des requérants une somme globale de 1 200 euros au titre des frais exposés par la commune de Gimont et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par l'indivision F, Mme G, M. A F et M. E F, est rejetée.
Article 2 : L'indivision F, Mme B G, M. A F et M. E F, verseront à la commune de Gimont une somme globale de 1 200 euros (mille deux cents euros) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le conclusions de la commune de Gimont tendant à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 4: La présente décision sera notifiée à l'indivision F, à Mme B G, à M. A F et à M. E F et à la commune de Gimont.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé : M. D
La présidente,
Signé : S. PERDULa greffière,
Signé : M. C
La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026